Ë. LES TRÉSORS DES ABYSSES
inclus dans une famille d’annélides polychétes, les siboglinidés, animaux proches .
des sabelies de nos côtes.
Le corps de ce ver est maintenu à l’intérieur d’un tube organique épais (prin—
cipalement de la chitine), sécrété par l’animal tout au long de sa vie. Le panache
branchial est constitué de quelques lames faites de nombreux tentacules trés irri—
gués par un sang rouge vif. L’armature de la branchie se prolonge par un opercule
qui vient obturer le tube lors de la rétraction de l’animal. Un collier musculeux,
solide et ouvert, maintient la partie antérieure et forme une chambre qui abrite
les pores génitaux. C’est aussi la partie principale qui sécréte le tube. Le tronc est
lisse et se termine par l’opisthosome segmenté qui porte des soies.
,
Une symbiose quasi fermée !
L’absence de système digestif chez l’adulte de cette espèce pose évidemment
la question du mode de nutrition. Des spécialistes des pogonophores, les cou—
-
sins nains de Riftio, avaient suggéré qu’ils se nourrissent en pompant la matière
organique dissoute dans l’eau de mer. Cependant, ce qui était une hypothèse déjà
difficilement crédible pour des vers de quelques millimètres de diamètre ne tenait
vraiment pas pour ce géant. La question fut résolue‘en étudiant l'anatomie interne
de ce ver par la microscopie, l’enzymologie et les mesures isotopiques. Le tronc
de Riftio contient un organe massif, nommé trophosome, qui le remplit presque
complètement et qui baigne dans un liquide rosé. Cet organe, très irrigué par le
Système sanguin, est organisé en lobes constitués de nombreux bactériocytes. Ces
grosses cellules contiennent à l’intérieur de vacuoles, des populations de bacté—
ries qui pourraient représenteriusqu’au quart du volume total du trophosome, On
:
trouve aussi dans cet organe desinclusions de cristaux de soufre, qui évoquent un
métabolisme des composés soufrés. L’étude des enzymes contenus dans
le tro—
,
phosome montre la présence en quantité importante de ceux du métabolisme des
sulfures et de la RubisCO, enzyme caractéristique de l’autotrophie par la voie du
cycle de Calvin—Benson. De plus, l’étude du rapport des isotopes‘haturels du car—
…bone — qui sont des traceurs de l’origine de la matière organique — démontre que
les tissus de ce ver ne sont pas constitués de carbone d’origine photosynthétique
mais chimiosynthétique (voir le chapitre intitulé << Les sources hydrothermaies >>).
Un animal ou une plante ? -
_
‘
.C’est la synthèse de ces différentes observations qui conduisit à penser que—ce
Ver se nourrirait en consommant la matière organique produite par les bactéries
des bactériocytes, en tirant leur énergie des sulfures hydrothermaux. il s’agirait
_
là d’un exemple quasi parfait de symbiose entre un consommateur et des produc—
-
_
teurs primaires, le ver transférant par son système sanguin les éléments nutritifs
nécessaires auX'bactéries qui, en échange, lui fournissent la matière organique
.
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inclus dans une famille d’annélides polychétes, les siboglinidés, animaux proches .
des sabelies de nos côtes.
Le corps de ce ver est maintenu à l’intérieur d’un tube organique épais (prin—
cipalement de la chitine), sécrété par l’animal tout au long de sa vie. Le panache
branchial est constitué de quelques lames faites de nombreux tentacules trés irri—
gués par un sang rouge vif. L’armature de la branchie se prolonge par un opercule
qui vient obturer le tube lors de la rétraction de l’animal. Un collier musculeux,
solide et ouvert, maintient la partie antérieure et forme une chambre qui abrite
les pores génitaux. C’est aussi la partie principale qui sécréte le tube. Le tronc est
lisse et se termine par l’opisthosome segmenté qui porte des soies.
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Une symbiose quasi fermée !
L’absence de système digestif chez l’adulte de cette espèce pose évidemment
la question du mode de nutrition. Des spécialistes des pogonophores, les cou—
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sins nains de Riftio, avaient suggéré qu’ils se nourrissent en pompant la matière
organique dissoute dans l’eau de mer. Cependant, ce qui était une hypothèse déjà
difficilement crédible pour des vers de quelques millimètres de diamètre ne tenait
vraiment pas pour ce géant. La question fut résolue‘en étudiant l'anatomie interne
de ce ver par la microscopie, l’enzymologie et les mesures isotopiques. Le tronc
de Riftio contient un organe massif, nommé trophosome, qui le remplit presque
complètement et qui baigne dans un liquide rosé. Cet organe, très irrigué par le
Système sanguin, est organisé en lobes constitués de nombreux bactériocytes. Ces
grosses cellules contiennent à l’intérieur de vacuoles, des populations de bacté—
ries qui pourraient représenteriusqu’au quart du volume total du trophosome, On
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trouve aussi dans cet organe desinclusions de cristaux de soufre, qui évoquent un
métabolisme des composés soufrés. L’étude des enzymes contenus dans
le tro—
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phosome montre la présence en quantité importante de ceux du métabolisme des
sulfures et de la RubisCO, enzyme caractéristique de l’autotrophie par la voie du
cycle de Calvin—Benson. De plus, l’étude du rapport des isotopes‘haturels du car—
…bone — qui sont des traceurs de l’origine de la matière organique — démontre que
les tissus de ce ver ne sont pas constitués de carbone d’origine photosynthétique
mais chimiosynthétique (voir le chapitre intitulé << Les sources hydrothermaies >>).
Un animal ou une plante ? -
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.C’est la synthèse de ces différentes observations qui conduisit à penser que—ce
Ver se nourrirait en consommant la matière organique produite par les bactéries
des bactériocytes, en tirant leur énergie des sulfures hydrothermaux. il s’agirait
_
là d’un exemple quasi parfait de symbiose entre un consommateur et des produc—
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teurs primaires, le ver transférant par son système sanguin les éléments nutritifs
nécessaires auX'bactéries qui, en échange, lui fournissent la matière organique
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