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LA POLLUTION PETROLIÈRE EN MILIEU MARIN
l’utilisation d’un protocole différent (irradiation naturelle et brassage intense des
émulsions avant le contact avec les micro—algues) abaisse la C.]. 50jusqu’au mg/l (Lacaze
et coll., 1980). Les effets sont nets dès 500 pg/l. L‘effet dépend toutefois des espèces d‘algues
phytoplanctoniques utilisées, Dzmaliella tertiolecta étant beaucoup plus résistante que
Phacodactylum lricornutum (Ramade, 1979). Nous verrons que dans le cas des commu—
nautés naturelles (cf. 4° partie), des C.]. 50 sont obtenues pour des concentrations de
100 ug/l (fig. lV—2).
Des travaux récents (Vandermeulen et coll., 1978 Za), relatifs à la toxicité du pétrole
transporté par l’Amoco—Cadiz, indiquent une C:]. 50 de 4,4 mg/l, vis—à-vis de la
chrysophycée Monochrysi's Iutheri, toxicité située entre celle du brut de Koweit moins
toxique (C.].
50 pour 8,6) et celle du fuel n° 6 (Cl. 50 pour 3,3).
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Des différences de sensibilité se présentent également selon que l‘on étudie des micro—
algues pélagiques, littorales oh benthiques, ces deux derniers groupes sont généralement
plus résistants que les espèces pélagiques. Les diatomées pennées se développant à
proximité des fonds marins, dans des biotopes où se forment naturellement des
hydrocarbures, et sécrétant en outre un mucus qui les protège, sont particulièrement
résistantes (Lacaze, 1978).
Pour des concentrations plus faibles, des stimulations peuvent se présenter. Ainsi des
recherches effectuées par Prouse et coll. (1976) sur des cultures unialgales du phytoplancton marin indiquent que des concentrations de 50 tig/l de fuel n° 2 stimulent signicativement la croissance des cultures de F ragilaria sp. La croissance de Dunaliella tertiolecta est
stimulée par des concentrations de 50 à 300 ug/l de pétrole de Koweit dans l’eau de mer,
concentrations qui réduisent par contre la photosynthèse des communautés phytoplanc—
toniques du bassin de Bedford sur la côte est du Canada (Gordon et Prouse, 1973).
Parsons et coll. (1976) montrent également que des hydrocarbures à très basses
concentrations (de l‘ordre de 50 ug/l) sont susceptibles d’augmenter la photosynthèse de
certains phytoplanctontes. Pour une même concentration, cet effet apparaît plus
important pour les hydrocarbures aromatiques que pour les hydrocarbures aliphatiques.
Ces auteurs indiquent que la photosynthèse de l’haptophycée C hrysochromulina kappa,
nannoplanctonte se développant spontanément dans les eaux atteintes par la pollution
pétrolière augmente, de 30 p. 100 après 72 heures d’incubation avec 50 ug/l de composés
aromatiques d’un fuel. Quatre facteurs affectent les résultats obtenus par ces auteurs :
—
Nature des hydrocarbures;
—
Nature des algues unicellulaires;
—
Durée du temps d’incubation;
—
Concentration initiale en hydrocarbures.
Les effets observés peuvent être liés àla taille des cellules. Dans le cas de N itzschia sp.,
la photosynthèse maximale est atteinte après traitement par les hydrocarbures pour des
concentrations beaucoup plus basses (moins de 5 pg/l) que pour Skeletonema costatum
(plus de 500 ug/l). En conclusion, Parsons et coll. (ibid.) indiquent que les effets de très
faibles concentrations d’hydrocarbures sur le phytoplancton peuvent être importants
écologiquement en stimulant la croissance de certains organismes nannoplanctoniques,
leur permettant, de ce fait, de croître plus vite aux dépens des espèces de taille plus grande.
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