Conclusion générale
'
La présence d’hydrocarbures pétroliers dans les chaînes alimentaires marines est
_
aujourd’hui bien établie. Des analyses récentes indiquent des concentrations de l’ordre de
la partie par million dans les organismes marins, alors que dans l’eau de mer, les
concentrations dépassent rarement 10 pg/l (soit cent fois moins). Toutefois, il n’a pas été
encore possible d’établir de corrélation entre cette accumulation au sein des organismes et
leur état de santé. Des travaux récents effectués au Muséum d’histoire naturelle et à
l’Institut océanographique nous indiquent que 100 ug/l de pétrole de Koweit sufsent
pour altérer la photosynthèse de différentes communautés naturelles de phytoplancton
en outre, possible d’établir une relation entre la durée d’illumination des
produits pétroliers et leur toxicité. On observe une plus grande toxicité lorsque le mélange
pétrole — eau est illuminé, avant la réalisation des tests du fait de l’émulsication du
pétrole à la
et de l’apparition de produits de photooxydation plus toxiques que les
produits
La température a également une action bien que celle—ci soit peu
marquée ; la toxicité est inversement proportionnelle à ce paramètre. Ces facteurs agissent
d’ailleurs simultanément sur le polluant (action notamment sur la stabilité des émulsions)
et sur la biologie des organismes.
effets observés varient selon les espèces et les
biocénoses considérées; les espèces planctoniques s’avèrent généralement plus sensibles
que les espèces néritiques et benthiques. Les nannoplanctontes, organismes de petite
taille, semblent par contre plus résistants à la pollution que les microplanctontes.
Il existe bien d’autres études à court terme portant sur les effets de difféïents
hydrocarbures ou produits pétroliers. Dans tous les cas, l’extrapolation des résultats
obtenus à une situation réelle est difcile. Le choc produit par ledéroulement des
modalités expérimentales peut conduire un organisme au voisinage de ses limites de
tolérance vis-à—vis de certainsfacteurs chimiques ou—physiques tels que la température, la
concentration en oxygène dissous, etc. Le choc supplémentaire provoqué par l’introduction du polluant est susceptible d’induire des effets qui ne se présentent pas avec la même
intensité dans une situation réelle.
La recherche des effets directs des hydrocarbures pétroliers sur le métabolisme des
organismes doit être complétée par des travaux à caractère éthologique. Certains
composés pétroliers interférent avec les mécanismes de la chémoréœption; on peut, par
exemple, observer une mise hors fonction des organes de détection. Ainsi affecté,
l’organisme est placé dans une situation précaire, il est désavantagé en ce qui concerne la '
compétition pour la recherche de.la nourriture. Les processus de reproduction peuvent
être également altérés par le masquage de l’action des phéromones. Dans le cas du
homard, l’émission de phéromones par la femelle est nécessaire pour induire la
copulation. Toutefois, les études portant sur les effets des phéromones n’en sont encore
.
Précédent

- 112/131

Suivant