,
EFFETS SUR LES COMMUNA UTES NATURELLES
91
Grande) sont parmi les milieux les plus touchés par le naufrage de l’Amoco-Cadiz. Le
pétrole accumulé à la surface et à l’intérieur des sédiments demeurera vraisemblablement
des années," avant d’être complètement éliminé. La dégradation des hydrocarbures
observée 26 mois après le naufrage du pétrolier Arrow qui se produisit le 4 février 1970 au
Canada, dans la baie de Chedabucto (Nouvelle—Écosse), se révéla extrêmement lente
(Scaratt et Zitko, 1972).
.
Or, des zones semblables de la côte bretonne ont été très sévèrement polluées (Aber
Benoit, Aber Wrac’h, marais de l’Île-Grande), d’autant que cette pollution s‘est produite
lors d’une grande marée et a donc atteint des zones qui ne sont que rarement recouvertes
par la mer (Marchand et coll., 1979).
‘
._
Des efforts considérables ont été faits pour nettoyer ces zones, tout en essayant de
préserver le milieu naturel
.
A l’Île-Grande (à proximité de Lannion), sur les 7 000 tonnes
‘
de pétrole qui atteignirent ces marais, plus de 4 000 tonnes avaient été enlevées à la fm du
mois d’avril 1978. Malgré cela, cette région reste toujours polluée et ceci pour de
nombreuses années.
Ce sont dans les zones d’estuaire (rivière de Morlaix, abers) que se trouvent les parcs à
huîtres. Après l’échouage de l’Amoco-Cadiz, on pouvait ainsi constater que tous les
centres d’ostréiculture, situés à l’est du Sillon de Talbert, étaient indemnes. Les
_
répercussions de la pollution se localisaient sur les parcs de l’Aber Benoît, de l’Aber
_
Wrac’h, de la baie de Morlaix et des rivières de Penzé et de Morlaix. Les observations
réalisées ont porté sur l’huître plate Ostrea edulis et l’huître creuse C rassostrea gigas. Des
mortalités étaient constatées essentiellement dans l’Aber Benoît et n’affectaient que les
huîtres recouvertes d’une épaisse couche de mazout. Ailleurs, les mortalités étaient
normales, malgréles quantités importantes d‘hydrocarbures relevées à l’analyse.
Les ”teneurs en hydrocarbures totaux — ramenées en poids frais —- considérées
comme « normales » jusqu’à 60 p.p.m. par l’Institut scientique et technique des pêches
maritimes dépassaient 400 p.p.m. dans l’Aber Benoît et 600 p.p.m. dans l’Aber Wrac’h, sur
des huîtres prélevées deux mois après l‘accident. Le processus de décontamination s’est
amorcé depuis le mois de juin, mais les pourcentages d’hydrocarbures restaient encore
très élevés en février 1979, de l’ordre de 200 p.p.m. (Marchand et coll., 1979). Ceci
s’explique par la pollution des vasières des deux abers, où des…quantités importantes
d’hydrocarbures restent piégées et représentent une source de pollution rémanente du
milieu. En rivière de Morlaix, les teneurs initiales en hydrocarbures totaux dépassaient
400 p.p.m.; en rivière de Penzé, elles avoisinaient 200 p.p.m : La décontamination s‘est
effectuée de façon à peu près régulière depuis le mois d’août, et en février 1979, les teneurs
moyennes étaient sensiblement revenues à la « normale », elles sont en—deçà du seuil de
tolérance fixé à 80 p.p.m. (Marchand et coll., ibid.).
,
_
Les communautés non exandables
Beaucoup moins accessible que la zone intertidale, la zone non exondable a fait l’objet
de travaux plus rares.
-
Le pétrole de l’Amoco—Cadiz, particulièrement uide et soluble, a pénétré profondé-
Précédent

- 102/131

Suivant