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L‘ÉCREVISSE ET SON ELEVAGE
Les prises de décisions s’entourent alors de précautions à caractère technocratique
très ésotériques s’appuyant d’une façon très générale sur une systématisation qui
prévaut dans cette seconde moitié du XXe siècle : il convient d’attirer l’attention sur les
risques de ce cheminement et de détailler avec LUNDQUIST (1977) les dangers
qu’encourrait une stratégie d’aménagement des ressources aquatiques axée sur un
concept dont la formulation est apparemment rassurante puisqu’il s’agit du concept du
rendement maximum que l’on peut tirer d’une collection d’eau sans engager l’avenir
productif et sans affecter dangereusement la répartition des espèces.
Le concept de rendement maximum supportable (RMS)
Dans ce qui suit, on verra qu’une stratégie d’aménagement des ressources aquatiques,
basée seulement sur ce concept, entraîne de nombreuses difficultés à la fois
théoriques et pratiques auxquelles on ne pense pas ordinairement lorsque l’on planifie
et que l’on suit une politique piscicole.
Dans un modèle logistique type, le taux de croissance nette d’une population est
considéré comme dépendant de la diversité. Le taux de croissance tend vers zéro
quand la population atteint le point de saturation de l’environnement productif : la
population atteint un point d’équilibre où le recrutement équivaut à la mortalité. Si on
exploite cette population dans une mesure donnée, on atteint un point hypothétique XO
où le taux de croissance nette est maximal : par définition, c’est le point de rendement
maximal supportable parla population en question (RMS).
Pour la définition d’une stratégie ou d’une politique optimales, divers modèles
d’optimisation sont introduits, par lesquels des paramètres autres que biologiques
(économiques notamment) interviennent.
Ainsi donc, la définition du HMS paraît recourir à un haut degré de précision, au moins
en théorie, mais le système peut ne pas fonctionner du tout dans la pratique. il faut
présupposer en effet un nombre d’hypothèses cachées, occultes, qui ne sont pas aussi
précises que l’on veut bien l’imaginer et qui peuvent réduire l’appréciation du HMS à un
simple cas particulier.
Les écueils d’une stratégie basée sur le RMS
L’absence de dimensions spatiotemporelles
Le rendement maximal supportable est un concept d’équilibre qui manque à la fois de
dimensions spatiales et temporelles.
Quand on affirme que le rendement maximal supportable est celui qui ne peut mettre
en danger les rendements futurs, on ne peut guère qu’attendre que le futur soit là et
survre l’evolution des rendements successifs. Si le rendement d’un futur révolu est ce
que l’on en attendait antérieurement, alors on peut dire que le rendement initial était
bien le HMS mais on ne peut lui donner une valeur absolue. Nos concepts ne nous
indiquent pas ce que sera le monde mais nous permettent seulement de faire quelques
essais de prospective. Le rendement maximal supportable, en matière d’aménagement
piscicole et astacœole a donc une valeur beaucoup trop relative pour qu’il puisse être
généralisé à la mosaïque des biotopes français.
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Fragilité de la notion d’adaptation
Le rendement maximal supportable tient compte d’une hypothèse qui est celle de la
capacité d’adaptation des espèces. Cette capacité n’est pas absolue mais plutôt
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