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L‘ÉCREVlSSE ET SON ÉLEVAGE
ANDRE (1937) fait une analyse intéressante des relations entre la distribution
géographique des écrevisses et celle de leurs parasites. La présence du genre
Parastacus dans les parties tempérées et subtropicales de l’Amérique du Sud
indiquerait qu’il a existé une connexion de ce continent avec les régions australienne,
néo-zélandaise et malgache, à l’exception de l’Afrique continentale, seul continent
exempt d’écrevisse.
L‘association des Pontacidae avec deux groupes de parasites sans relation entre eux,
les Histriobdelo‘ae (Polychètes errantes proches des Eunioidae d’origine marine) et les
Temnocepha/oidea (un ordre des Turbellariés rhabdocèles), sans indication d’origine
marine, confirme cette connexion.
Dans chacun des grands habitats « régionaux », chaque genre a évolué séparément,
aboutissant à la ramification des espèces et sous-espèces que l’on connaît
présentement. L’examen d’une répartition plus fine de chacune fait apparaître une
évolution naturelle et souvent une évolution artificielle quand l’homme intervient
directement.
Peuplement des eaux douces
L’évolution migratrice des Astacus européens explique leur actuelle distribution.
Deux groupes d’écrevisses sont en opposition : d’une part Astacus torrent/um,
l’écrevisse des torrents, et Austropotam0bius pa/Iipes, l’écrevisse à pattes blanches,
toutes deux d’origine fort ancienne et, d’autre part, Astacus astacus, l’écrevisse à
pattes rouge, et Astacus leptodactylu3, l’écrevisse turque ou encore à pattes grêles.
Asfacus torrent/um, le plus ancien rameau de la souche primitive a été dominé par
Austropotam0bius pallipes, espèce pionnière : l’écrevisse des torrents s’est réfugiée et
cantonnée dans les régions montagneuses d’Europe centrale. Bien que figurant sur la
liste des espèces présentes en France, aucune des enquêtes nationales effectuées
depuis trente ans ne l’a signalée sur le territoire.
Astacus astacus, venant de l’Est s’est ensuite installée dans le nord de l’Europe, région
non colonisée par Austr0potamobius pal/ipes. Astacus leptodactylus, représentant
moderne du tronc primitif oriental, venant du Sud-Est, concurrence et supplanté
progressivement Astacus astacus dans le bassin de la Baltique. La voie d’accès est
aisée à déterminer par les bassins de la Volga, du Don et du Danube jadis en relation,
à l’époque où les glaciers causasiens et alpins avaient beaucoup plus d’extension et où
une vaste nappe d’eau douce occupait les bassins considérés.
Les peuplements insulaires sont généralement de la même espèce que celle de la
partie la plus proche du continent : il en est ainsi, par exemple, pour les Cambaroi‘a‘es
du Japon, proches de ceux du bassin de l’Amour, pour le Cambarus de Cuba, voisin de
celui du Mexique.
Austrapotamobius ball/pes, unique espèce d’écrevisse vivant jusqu’à ces dix dernières
années dans les iles Britanniques s’y est introduite alors que ces îles étaient encore
rattachées au continent aux époques préglaciaires et glaciaires qui ont vu l’arrivée de
cette espèce en EuropeŒsfacus astacus, arrivée ultérieurement, n’est pas présente
en Grande-Bretagnëïf L’installation de Pac/fastacus leniusculus y est le fait de l’homme.
La présence d’Ausopotamob/us pal/ipes, l’écrevisse à pattes blanches, en Corse,
semble limitée à un seul site : elle résulte d’une introduction humaine relativement
récente. Cette population se rattache génétiquement aux écrevisses vivant dans le sud
de la France continentale dont elles proviennent très probablement.
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