CATASTROPHE MÉTÉO SUR L’EUROPE
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«
mur >> invisible, douze portes cachées, interdites ; seulement connues du
président des États extérieurs.
..
Et de ceux qui furent les concepteurs de ce
mur inviolable. » Cela signifie que le président des États extérieurs a pu, par
ruse, et non sans difcultés, introduire quelques agents pour s’informer sur
v
l’état de l’Europe et l’évolution de la pandémie. À l’inverse, les « concepteurs
du mur » contrarient manifestement les ingérences de l’Extérieur en Europe :
ils maintiennent le mur verrouillé. L’Extérieur en sait les passages, les
«
brèches », sans pouvoir les actionner.
Une grande partie de l’intrigue repose sur les questions que se posent
Neige et le lecteur. Qui est exactement ce Northman solitaire, si bien ren—
seigné et capable de maitriser des technologies de pointe ? Qu’attend—il de
Neige qu’il a formé en vue d’un « grand dessein » dont il ne dévoile que
parcimonieusement les tenants et les aboutissants ? Pourquoi l’Europe
désolée n’espère—t—elle rien de bon des États extérieurs, riches, puissants et
remarquablement développés qui pourraient lui venir en aide ? Qui sont les
parents de Neige, pourquoi et par qui ont—ils été tués ?
Les deux premiers albums — Les Brumes aveugles (1987) et La Mort corbeau
(1988) — apportent certaines réponses. Le meurtre des parents de Neige est
lié au stockage d’un sérum susceptible d’immuniser contre le mal d’Orion.
Un groupe militaire, les hospitaliers, gère ce sérum. Mais les hospitaliers
n’en possèdent pas une quantité sufsante pour
l’administrer à tout le monde.
Ils vivent donc retranchés dans un hôpital—fort, usant de leur puissance pour
négocier avec les clans misérables, les groupes
de traquants rongés de
pustules et les loques plus ou moins mutantes qui errent de mlle en ville. À
ce titre, ils assurent un certain maintien de l’ordre au nom de principes
humanitaires qui n’empêchent pas une stricte discipline. « Dans un tel monde,
la loi doit être respectée » afrme à Neige l’un des hospitaliers, faisant écho
à ce que
disait l’ofcier (lui—même hospitalier) lors de l’exécution des parents
du héros : « La loi, petit. C’était la loi.
..
» — cet homme dont la main portait en
tatouage l’« oeil omniprésent ». Car nous n’en avons pas
ni avec l’initiation
de Neige et l’imaginaire maçonnique présidant à cette science-ction mâtinée
de « philosophie », au sens que
le XVIII€ siècle donnait à ce mot.
Achevant le deuxième volume qui clôt les enfances de Neige, Christian
Gine et Didier Convard laissaient clairement entendre que
leur héros vieilli—
rait, ainsi que
tous les personnages.
Vieillir n’est pas l’usage dans la BD pour
la jeunesse, mais cela semble impératif pour
un cycle tel que
celui de Neige
qui renvoie constamment à l’actualité et sur lequel l’Histoire —— l’autre
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