CATASTROPHE MÉTÉO SUR L’EUROPE
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tranche sur le blanc —— le foulard que portait la mère. Devenu quelques années
plus tard un beau jeune homme blond, l’orphelin fera de cette écharpe un
bandeau, son signe distinctif, celui grâce auquel tout le monde le reconnaîtra,
lui le héros : Neige. Car c’est ainsi que
le baptise l’homme à la moto, son
sauveur.
Ce sauveur est, avec Neige, le principal protagoniste de la série. On
apprend vite son nom : Northman. Il vit dans un petit « fortin » isolé, ancien
cimetière de campagne, ne comptant qu’une dizaine de tombes et une
grosse masure. Le tout, ceint d’une muraille et, comme il se doit, presque
toujours enneigé.
Neige grandit seul avec Northman et avec Trace, leur grand lévrier russe,
un barzoi chasseur de loups. Ils se tiennent à l’écart de ce qui reste d’êtres
humains dans un monde visiblement rescapé d’on ne sait quelle catastrophe.
Northman, toutefois, semble avoir plusieurs contacts alentour et suivre de
près la situation. Une nuit de tempête, l’enfant, censé dormir, surprend
même l’arrivée d’une dizaine de visiteurs qui, dans une atmosphère spectrale,
descendent avec Northman au fond de l’une des tombes, entrée secrète de
salles souterraines. Parfois Northman s’absente pour
aller « voir des amis »,
conant le petit garçon
à Trace, le barzoi. Dès le premier album, Northman
paraît l’ordonnateur, voire le deus ex machina d’un monde dont le destin est
lié, justement, aux machines — fussent—elles défectueuses. Ou, plus précisé—
ment, parce qu’elles furent défectueuses.
À la treizième planche, Northman raconte enn au petit Neige (et au
lecteur) la préhistoire de cet hiver perpétuel. Le dessinateur renforce ce
retour au passé par l’emploi de couleurs vives. Voici de la végétation, des
villes, du ciel bleu.
..
« À la n du
siècle, explique Northman, les nouveaux États—Unis
d’Europe mirent en service trois centrales météorologiques chargées de
réglementer les saisons, an de permettre une meilleure planication et un
rendement efcace des récoltes. Ces << faiseurs de temps » furent installés
dans les provinces de France, de Finlande et de Lituanie. Ils étaient reliés
entre-eux et surveillés par un ordinateur situé en Belgique, où se tenait le
'
siège des nouveaux EUE. »
L’ordinateur—maître s’appelle Orion. Le scénariste Didier Convard n’a
pas choisi ce nom au hasard. Orion, le chasseur géant (et aveugle) de la
mythologie grecque, possède au moins deux traits signicatifs. Il a, tout
d’abord, trois pères et pas
de mère : Zeus, Poséidon et Hermès l’ont fabriqué
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