DE L’ENFOUISSEMENT À LA TRANSGRESSION
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Quelques conclusions
Quelles leçons, quelles conclusions tirer du cheminement précédent,
qui a sans doute mené le lecteur au-delà des limites de la question des
déchets
radioactifs et de leur gestion ? La première me semble s’inscrire
directement àla suite de la réexion émise dans ma précédente publication
et rappelée au début de celle—ci : il convient de dédramatiser et de respon—
sabiliser notre relation aux déchets « culturels >> que nous produisons. Leur
gestion n’est ni un drame, ni un pis—aller. Si mal il y a quelque part, ce n’est
pas d’abord dans leur existence (ou alors il s’agit de mettre en question les
processus, les procédés qui conduisent à leur production), mais dans les
défauts de la gestion que nous en faisons. Même si nous les enfouissons profondément, nous devons bien << vivre avec » et faire en sorte de « vivre bien >> !
Pour ce faire, nous avons évidemment besoin d’expertises et d’avis,
d’enquêtes et d’analyses. En la matière, les convictions, les choix éclairés
comme les prises de décision ne doivent pas manquer, mais les dogmatismes,
les conservatismes ou encore les sacralisations (même un déchet peut se
retrouver sacralisé !) doivent au contraire être évités. Mettre en question n’est
pas condamner; transgresser peut se révéler nécessaire et « éthique1hent
correct >>. La Lettre des entretiens européens, déjà citée, rapporte les propos
de
Christian Bataille sur l’avenir de la technique de la transmutation : l’option
du stockage profond, explique le député, << ne nous dispense pas de travailler
à la transmutation >>, car « rien n’exclut que l’on trouve, à terme, une
meilleure solution que celle que nous envisageons. >> «Transmuter >> demain
peut conduire à « transgresser » les choix d’aujourd’hui ; ce qui est impropre
à tout usage aujourd’hui peut être rendu propre
demain à un usage
sûr.
Sans doute, la perspective de transgresser peut—elle ajouter encore à la
peur suscitée par les déchets radioactifs. Ne vaudrait—il pas
mieux s’en tenir
une fois pour
toutes à. un avis, un choix, une décision ? Ce serait alors*
oublier que l’éthique ne peut se réduire à la seule perspective des consé—
quences de nos actes. Elle doit aussi considérer leurs motifs, l’intention qui
les suscite. Lorsqu’il s’agit de déchets nucléaires et du recours à l’énergie et
aux techniques nucléaires, il ne peut être question de séparer intentions
et conséquences: les coûts (aussi bien les investissements que
les risques
potentiellement encourus} sont trop grands pour ne_pas exiger une approche
la plus complète et la plus sustainable possible. je choisis à dessein le terme
anglais (accroché désormais à celui de development} pour désigner deux
caractéristiques que
devrait posséder cette approche : la durabilité dans
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