De l’enfourssement a la transgression
Libres propos
sur la gestion éthique
des déchets radioactifs
flu—delà de la peur
«
Respirer, marcher, se nourrir, dormir, tous les actes et gestes fonda—
mentaux de la vie quotidienne produisent des résidus dont la gestion, la
plupart du temps, nous échappe, voire nous indiffére, du moins tant que
nous sommes en bonne santé ou possédons le minimum vital d’espace et de
ressources.
Produire des résidus appartient à notre statut d’organisme
biologique inscrit au sein de cycles géobiologiques complexes qui reposent
sur la production et la récupération de déchets. Bref, pour un être vivant
quel qu’il soit, polluer, c’est naturel. Toutefois, si une fourmilière se montre
capable de gérer les déchets de son activité, nos sociétés humaines doivent
l’être de manière plus efcace et plus responsable encore, pour assurer leur
bien—être ou parfois même leur survie. En effet, les activités qui sont les
nôtres ne relèvent pas des seuls mécanismes hérités des générations passées
ou imposés par la nature ; elles comportent inévitablement une dimension
qui relève du libre arbitre, de la décision, voire de l’imagination. Autrement
dit, les déchets générés par nos activités n’entrent pas
forcément dans des
processus naturels de recyclage : pour
un être humain ou une société hu—
maine, polluer, c’est aussi culturel. Dès lors, envisager les pollutions (même
produites naturellement), les connaître, les évaluer, les limiter, les isoler appar—
tiennent â la manière dont l’Homme se comprend comme être raisonnable,
comme Homo sapiens sapiens, membre d’un groupe,
d’une société, d’une
espece. »
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