78
GUIDE DES ALGUES DES MERS D’EUROPE
LES LAMINARIALES
De par l’importance tant économique que morphologique et écologique
de certains de leurs représentants, les Laminariales méritent que l’on s’y
attarde.
L’ordre regroupe des Algues de grande taille, de formes diverses, qui
sont toutes des sporophytes diploïdes producteurs de spores méiotiques.
Les gamétophytes engendrés par ces spores sont microscopiques, réduits
à quelques cellules. La fusion des gamètes se fait sur le gamétophyte femelle ;
elle aboutit à un oeuf qui se développe en un nouveau sporophyte de grande
taille. Ce cycle digénétique et fortement hétéromorphe fut découvert par
Sauvageau dans les bacs de l’aquarium de Roscoff pendant la première
guerre mondiale dans le cas des Laminaria. Certaines Laminariales malgré
leur grand développement sont éphémères et annuelles ( Chorda filum, Sac—
c0rhiza} ; elles ne subsistent en hiver que par leurs gamétophytes microscopiques. D’autres sont au contraire pérennantes. Plusieurs familles ont
été distinguées sur la base des caractères reproducteurs (forme et disposition des sporocystes).
Chorda filum (Linnaeus) Stackhouse (fig. 57)
Laminariales, Chordacées
Etym. : Lat. : corde
Lat. : fil (en fait, premier nom de genre attribué à l’espèce).
Cordons cylindriques brun sombre, non ramifiés, fixés par un disque,
pouvant atteindre 4 m de long, effilés à leur extrémité et couverts de poils
incolores à l’état jeune.
Espèce annuelle ; vit sur les pierres des flaques sableuses dans les milieux
abrités, depuis la mi—marée jusque dans l’infralittoral.
Une seconde espèce, Chorda tomenfosa Lyngbye, toujours plus petite, est
couverte de poils colorés très caractéristiques.
»
Atlantique nord-est (du Spitzberg au nord de l’Espagne), Atlantique nord—
ouest, Méditerranée.
Alaria esculenta (Linnaeus) Greville (fig. 58)
Laminariales, Alariacées
Etym. : Lat. : aile
Lat. : comestible.
Thalle brun foncé pouvant atteindre 2 m de long. Lame de 15 cm de large,
parcourue par une nervure médiane, sur toute sa longueur, souvent déchiquetée latéralement vers le sommet où il ne reste que la nervure. Organes
reproducteurs, les sporophylles, folioles d’une quinzaine de centimètres de
long, portés par le stipe. Durée de vie : 1 à 2 ans.
Espèce infralittorale, de mode battu ; peut former une ceinture au—dessus
de Laminaria digitata.
Atlantique nord-est (du Spitzberg à la Bretagne), Atlantique nord-ouest,
Japon.
Confusions possibles : avec Undaria pinnatida, qui s’en distingue par
son thalle plus large et à bords lobés.
Utilisation : sporophylles et nervures consommés.
Précédent

- 80/233

Suivant