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GUIDE DES ALGUES DES MERS D’EUROPE
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Une mer sans marées ?
Les marées sont faibles en Méditerranée ; tout au moins les marées liées
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à l’attraction de la Lune et du Soleil. Mais la Lune et le Soleil ne sont pas
les seuls à être capables de faire monter et descendre le plan d’eau : hautes
ou basses pressions, vents soufflant vers le large ou vers la terre, seiches
?
(oscillations de l’eau dans les golfes un peu fermés). Au total, si la marée
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luni—solaire ne dépasse guère 30 cm d’amplitude, des marées de près d’un
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mètre ne sont pas rares. En mer d’Alboran, l’influence de l’Atlantique tout
proche se fait sentir, et les marées y sont supérieures à la moyenne. En outre,
dans la Haute Adriatique (Venise, Trieste) et dans le golfe de Gabès (Djerba,
en Tunisie), la marée de vive—eau dépasse 2 m d’amplitude : ce n’est pas
la Manche, mais c’est déjà très honorable !
UNE FLORE TRÈS ÉCLECTIQ UE
Le souvenir de la Téthys
La fameuse “coupure Nord-Sud” du monde actuel a eu une réalité géo:
logique dans le passé. Il y a une vingtaine de millions d’années, la Méditerranée faisait partie d’un ensemble plus vaste, la Téthys, séparant les mas—
ses continentales du Nord de celles du Sud, depuis l’Atlantique jusqu’au
Pacifique.
La ore de la Méditerranée ne semble toutefois pas en avoir gardé beau—
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coup de souvenirs. Nous en comprendrons plus loin la raison.
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La Méditerranée asséchée !
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La Méditerranée est déficitaire en eau : si l’on calcule le volume d’eau
que l’évaporation lui enlève et celui qui y arrive (fleuves, pluies), on s’aperçoit qu’il manque chaque année 2 500 km3 d’eau ; c’est l’Atlantique (et
dans une moindre mesure la mer Noire) qui compense ce déficit. Par Gibral—
tar, un formidable fleuve marin se déverse en permanence dans la Méditerranée.
Et si Gibraltar se fermait ? Le niveau de la Méditerranée baisserait alors
d’un mètre par an ! Or, cela s’est produit à plusieurs reprises, il y a 5 à
6 millions d’années : ce sont les “crises messiniennes”. La Méditerranée
s’est alors plus ou moins asséchée, se réduisant à un chapelet de lacs salés
du type de l’actuelle mer Morte. On comprend sans peine que sa ore
ancienne, héritée de la Téthys, ait alors plus ou-moins complètement disparu. Chaque fois que Gibraltar se rouvrait, et que l’Atlantique s’engoufrait à nouveau dans la Méditerranée, c’est bien sûr une ore atlantique
qui arrivait avec l’eau ; aujourd’hui encore, l’Atlantique apporte sans cesse
en Méditerranée, avec l’eau qu’il lui offre, les milliards de spores et de boutures qu’elle charrie.
Le chaud et le froid
Mais l’eau atlantique n’a pas toujours apporté les mêmes espèces. Au
plus fort des époques glaciaires (la dernière a culminé il y a seulement 18 000
ans), alors que l’Europe se couvrait de glaciers jusqu’à l’emplacement actuel
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