LA
CHALEUR ANI.MALE
93
Si la température extérieure s’abaisse sufsamment pour que la sur—
face du corps perde par rayonnement plus de calories qu’il n’en reçoit,
plus de 3000 calories dans l’exemple cité, la température— du corps
s’abaisserait, si n’intervenait un mécanisme eompensateur. L’organisme
défend sa constance de température en augmentant sa production de
chaleur. ll intensie pour cela ses cembustions respiratoires aux dépens
de ses principes constituants si la ration alimentaire est insufsante.
Un homme que l’on plonge dans un bain froid doit subitement faire
face a une perle considérablement accrue de chaleur rayonnée. Il aug—
meute immédiatement sa consommation d’oxygène. Cette
tion accrue d’oxygène du sujet mis dans un bain froid ressortit en grande
partie a l’activité des muscles, car si le sujet, par volonté, s’astreint à
observer une immobilité aussi absolue qu’il le peut dans le bain, la con—
sommation d’O2 n’est pas augmentée ou l’est beaucoup moins et la tem—
'
pérature du sujet s’abaisse.
C’est une observation courante que le mouvement réchauffe. On combat
le froid par l’exercice. Le frisson est une réaction réflexe spasmodique
du muscle par lequel l’organisme réagit automatiquement a une sensa—
tion de froid.
C’est par l’augmentation des processus d’oxydation dans tous les tissus,
maisprincipalement dans le tissu musculaire, que l’organisme aura sa
défense contre le froid. Le muscle est, dans l’économie, l’organe producteur de chaleur par excellence. Il représente la majeure fraction des
parties molles de l’individu, mais surtout par la variations de sa contrac—
tion latente ou tonus musculaire, il est susceptible de faire varier le
taux de sa dépense énergétique avec plus de souplesse qu’aucun autre
tissu, à la demande du système nerveux.
Ce rôle des muscles dans la lutte cent re le froid, apparaît net lorsqu’on
supprime expérimentalement leur intervention. Un animal dont les
muscles sont privés d’innervation motrice par destruction de la moelle
ou par curarisation ou par anesthésie, si on l’expose au froid se comporte
comme un animal a sang froid. Sa température s’abaisse. Il ne peut plus
assurer son homéothermie.
C’est par l’innervation motrice que l’organisme réagit aux variations
les plus légères de la température ambiante et qu’il augmente son
rayonnement par une production correctrice de chaleur. Cette régulation
chimique, l’activité motrice du muscle en fait les frais par deux modes.
En dehors de l’activité motrice qui se manifeste par des mouvements
apparents, le muscle élève ses combustions au niveau du besoin du
rayonnement par l’augmentation de son tonus, c’est—à—dire par le
CHALEUR ANI.MALE
93
Si la température extérieure s’abaisse sufsamment pour que la sur—
face du corps perde par rayonnement plus de calories qu’il n’en reçoit,
plus de 3000 calories dans l’exemple cité, la température— du corps
s’abaisserait, si n’intervenait un mécanisme eompensateur. L’organisme
défend sa constance de température en augmentant sa production de
chaleur. ll intensie pour cela ses cembustions respiratoires aux dépens
de ses principes constituants si la ration alimentaire est insufsante.
Un homme que l’on plonge dans un bain froid doit subitement faire
face a une perle considérablement accrue de chaleur rayonnée. Il aug—
meute immédiatement sa consommation d’oxygène. Cette
tion accrue d’oxygène du sujet mis dans un bain froid ressortit en grande
partie a l’activité des muscles, car si le sujet, par volonté, s’astreint à
observer une immobilité aussi absolue qu’il le peut dans le bain, la con—
sommation d’O2 n’est pas augmentée ou l’est beaucoup moins et la tem—
'
pérature du sujet s’abaisse.
C’est une observation courante que le mouvement réchauffe. On combat
le froid par l’exercice. Le frisson est une réaction réflexe spasmodique
du muscle par lequel l’organisme réagit automatiquement a une sensa—
tion de froid.
C’est par l’augmentation des processus d’oxydation dans tous les tissus,
maisprincipalement dans le tissu musculaire, que l’organisme aura sa
défense contre le froid. Le muscle est, dans l’économie, l’organe producteur de chaleur par excellence. Il représente la majeure fraction des
parties molles de l’individu, mais surtout par la variations de sa contrac—
tion latente ou tonus musculaire, il est susceptible de faire varier le
taux de sa dépense énergétique avec plus de souplesse qu’aucun autre
tissu, à la demande du système nerveux.
Ce rôle des muscles dans la lutte cent re le froid, apparaît net lorsqu’on
supprime expérimentalement leur intervention. Un animal dont les
muscles sont privés d’innervation motrice par destruction de la moelle
ou par curarisation ou par anesthésie, si on l’expose au froid se comporte
comme un animal a sang froid. Sa température s’abaisse. Il ne peut plus
assurer son homéothermie.
C’est par l’innervation motrice que l’organisme réagit aux variations
les plus légères de la température ambiante et qu’il augmente son
rayonnement par une production correctrice de chaleur. Cette régulation
chimique, l’activité motrice du muscle en fait les frais par deux modes.
En dehors de l’activité motrice qui se manifeste par des mouvements
apparents, le muscle élève ses combustions au niveau du besoin du
rayonnement par l’augmentation de son tonus, c’est—à—dire par le
