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HISTOIRE NATURELLE=
taines races ont deux Agneaux par portée, et ces portées se renouvellent deux fois par an. Les Dre—
bis conservent leur lait sept ou huit mois aprés la naissance des petits; mais on ne laisse ceux-ci
teter que deux ou trois mois. Comme le nombre des mâles qui naissent est aussi considérable que
celui des femelles, et qu’il n’est nécessaire de garder qu’un petit nombre deces mâles pour la re—
production, les autres sont en général destinés pour la boucherie, ou conservés, après la castration,
pour en recueillir la laine pendant plusieurs années : ces animaux ainsi castrés portent le nom spé—
cial de il[outons. La chair des Agneaux se mange lorsqu’ils ont de trois semaines a deux mois au plus.
L’époque a laquelle on cngraisse les Moutons pour la boucherie est trés—variable : si l’on veut se
procurer une chair tendre et de bon goût, il faut les engraisser entre deux et trois ans; mais si l’on
désire obtenir tous les produits en laine qu’on peut espérer de ces animaux, on attend jusqu’à six,
sept et même dix ans, lorsque l’on est dans un pays où les Moutons peuvent vivre jusqu’à cet âge;
alors il faut les engraisser un an ou quinze mois avant le temps ou ils commencent a dépérir. Une
fois engraissés, il faut se lutter de tuer les Moutons; car ils ne vivraient pas longtemps dans cet état.
C’est vers le mois de mai que l’on fait la tonte des Moutons; on lave parfois la laine sur le des même
de l’animal; mais le plus habituellement on la détache telle qu’elle est, remplie d’une sueur grasse
{m’on appelle saint, laquelle est un préservatif merveilleux pour
écarter les Insectes destructeurs de
la laine. Les troupeaux de Moutons sont ordinairement composés de cent a deux cents bêtes de tous
âges. Dans nos climats, on les loge dans des étables qui doivent être bien aérécs, et on les conduit
chaque jour paître dans la campagne. La honte des Moutons étant un engrais actif et que l’on e.m—
ploie trés—utilement, on a imaginé, pour perdre le moins possible d’excrémmtts, le parcage des Moutons, pour lequel on doit suivre des règles assez compliquées. Les maladies des bêtes a laine sont
nombreuses; les unes, ou les épizootiques, se répandcnt sur un grand nombre d’animaux sans dis—
tinction de pays, et dans tous les temps : telles sont le c/aveau ou la clavelée et la gale; d’autres, ou
les enzootiques, sont attachées a certaines contrées et reviennent chaque année a la même époque:
telles sont la [tt/ère, la pourriture, etc.; d’autres encore, les sporadiques, surviennent sans régula—
rité, indistinctement, partout, a quelques individus seulement: telles sont, par exemple, le touruis,
le piétaiu, le {eure/tet, ete. Plusieurs de ces maladies sont contagieuscs, soit par contact innnédiat,
soit par des intermédiaires, tels que le charbon, le claeeuu et la gale. Outre ces maladies, on doit
ajouter que les Moutons sont souvent attaqués par un grand nombre de Vers intestinaux des genres
Tricocéphale, Stronyle, Douve, Cvsticerquc, Échinocoquc, etc.; qu’un Insecte diptére, l’Œstre, attaque des parties importantes de leur organisme et produit le tournis; et qu’enn, lorsqu’ils ont mangé
trop de certaines plantes un peu aqueuses, comme le trèfle, la luzerne, le seigle vert, etc., ils éprou—
vent un accident singulier qu’on appelle météorisution, CÏIIU‘C, ému/ture, etc., et qui peut sou—
vent, lorsqu’on n’y porte pas un prompt remède, être mortel. La durée de la vie des Moutons est
habituellement de douze a quinze ans; l’âge de ces animaux, au moins pendant les premières années,
se reconnaît par l’existence ou l’absence des incisives de lait, et par l’état de destruction plus ou
moins assuré de leurs dents de remplacement; à un an, les deux intermédiaires de lait tombent et
sont remplacées, et a trois ans elles sont toutes renouvelées; elles sont alors égales et blanches, mais
ensuite elles se déehaussent, s’émoussent et deviennent inégales et unies.
Les produits des Moutons dont l’homme tire les plus grands avantages sont leur chair et leur lait,
dont il se nourrit; leur peau et surtout leur laine, qui lui fournissent des vêtements; leur graisse,
dure et solide, désignée sous le nom particulier de suif, qu’il emploie a s’éclairer pendant la nuit
et a plusieurs autres usages; leurs 05, dont il tire divers produits; enn leurs excréments mêmes,
qui, donnant un engrais trés—chaud, contribuent puissammcnt à augmenter la fertilité des terres.
La domesticité du Mouton remonte aux temps les plus reculés. L’Écriture sainte rappelle son existence en même temps que celle des premiers habitants de la terre. Les Moutons étaient trés-estimés
des Grecs; leur introduction en Italie n’eut lieu cependant qu’assez tard, mais ils y donnèrent lieu à
de nombreux travaux. Les Moutons d’Espagne sont renommés depuis la plus haute antiquité; mais
on ne sait pas si ces animaux ont été importés dans ce pays, soit de l’Afrique, soit de l’Orient. On
pense généralement que ce ne fut qu’à des époques moins éloignées que les troupeaux ont pu être
introduits dans les autres parties de l’Europe, alors trés—boisées et très-humides, et où l’éducation
du Bœuf devait être préférée. Après la découverte du nouveau monde, les Espagnols introduisirent,
dit—on, le Mouton domestique en Amérique, et ce n’est qu’à une époque encore peu éloignée que
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