122__________________________________Biochimie clinique
Les principales causes d'hypermagnésiémie sont :
- l'insuffisance rénale au cours de laquelle elle évite le plus souvent une
tétanie (pour une clairance de la créatinine inférieure à 0,5 ml/s, le magnésium
peut atteindre 1,5 mmol/1). L'hypermagnésiémie est habituellement lente ;
- l'intoxication iatrogène à la suite d'injections de sérum glucose magnésie
hypertonique intraveineux pour le traitement de l'éclampsie.
3.2. Hypomagnésiémies
3.2.1. Spasmophilie
L'hypomagnésiémie (au dessous de 0,7 mmol/1), associée ou non à une hypocalcémie, peut entraîner des mouvements anormaux, prédominant aux membres
supérieurs, une tétanie vraie, une spasmophilie.
La spasmophilie ou tétanie normocalcémique ou tétanie chronique idiopathique est un syndrome clinique très fréquent — ou tout au moins très fréquemment diagnostiqué. Problème de médecine praticienne plus que d'hôpital,
elle se manifeste par des signes très variables selon les individus (souvent de
sexe féminin) :
3.2.1.1. Signes
- Parfois une tétanie classique, sensitivomotrice avec son spasme carpopédal, la main d'accoucheur, les troubles centripètes de la sensibilité et jamais de
perte de connaissance.
- Le plus souvent ce ne seront que des signes fonctionnels regroupés habituellement sous le terme de « dystonie neurovégétative » et participant à une
névrose anxieuse : hyperémotivité, paresthésies laryngées, dyspnée « sine materie », sensation d'oppression thoracique, palpitations, céphalées, dysphagie, atonie vésiculaire avec ballonnement post-prandial, éructations, colopathie spasmodique avec alternance de diarrhée et constipation, lombalgies et dorsalgies, etc.
- Il y a cependant dans tous les cas une hyperexcitabilité neuromusculaire
objectivée par le signe de Chvostek positif (attraction de la commissure labiale
lors de la percussion à mi-chemin entre le conduit auditif externe et l'angle buccal) et une activité répétitive à l'électromyographie (doublets, triplets, multiplets).
- La baisse du magnésium sérique est rare, un peu moins lors du dosage
érythrocytaire et se pose alors le problème de savoir si la spasmophilie est une
entité définissable. On parle alors de « terrain spasmophile » ou d'« activité
autorythmique » survenant chez un sujet normal à l'occasion d'un stimulus adéquat, tel que l'hyperpnée ou l'émotion...
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