Télédétection et ressources en eau/Remote sensing and water resources
267
Al Akrech et Naggadha pour le cas de l'oued Al Fakka ; Sebkahat An Njila par le cas de la plaine
d'Al Hichria). Pour la plaine de Sidi Bouzid par exemple, la quantité d'eau écoulée par l'oued Al
Fakka et qui ne fait que transiter par la plaine pour se déverser dans les sebkhat ou dans l'oued
Naggadha est estimée à 17 millions de m
3 d'eau. (Koschel et Zarrouk 1976). Il est donc clair que
l'épandage artificiel est un moyen efficace pour favoriser l'infiltration et la recharge des nappes.
Localisation spatiale des principaux ouvrages modernes d'épandage des crues
Ces ouvrages sont situés principalement dans la plaine de Sidi Bouzid sur l'oued Al Fakka. Les
ouvrages de Nouael, à l'intersection de la route Tunis-Gafsa avec l'oued Al Fakka, et ceux de
Zaafria, un peu en amont du village du même nom, constituent un bon exemple de la possibilité
de remettre aujourd'hui en valeur, mais par des procédés nouveaux, les techniques anciennes
d'épandage (Daoud et Trautmann 1994). Des ouvrages de dérivation, construits en béton, peuvent
entraîner un épandage efficace des eaux des crues, irrigant ainsi des superficies considérables, et
provoquant la recharge de la nappe en évitant l'écoulement des eaux vers l'aval. Les ouvrages de
Nouael et Zâafria sont prolongés par des canaux secondaires et tertiaires devant jouer le rôle des
anciens "Mgouds" et provoquer l'épandage artificiel des crues.
LA CARTOGRAPHIE DES ÉPANDAGES ARTIFICIELS
Le problème méthodologique
Il est évident que les ouvrages modernes d'épandage ont contribué à accroître les superficies
irriguées utilisées principalement pour les cultures de céréales ou de fourrages, intercalées parfois
avec des plantations d'oliviers. Ils ont également favorisé l'infiltration des eaux des crues,
entraînant par là même la recharge des nappes. Mais la question reste de savoir quel est le volume
de cette recharge artificielle et quel est l'impact spatial des épandages réalisés. S'il est difficile
actuellement de quantifier avec précision le volume d'eau gagné par la nappe, grâce à cette
recharge artificielle, il est toutefois certain qu'après chaque crue les irrigants remarquent une
remontée du niveau piézométrique. A la remontée du niveau de la nappe s'ajoute l'amélioration de
la qualité chimique de l'eau. L'apport de la télédétection est considérable dans la cartographie des
zones irriguées par épandage artificiel et dans la reconnaissance des sites pouvant accueillir de
nouveaux ouvrages d'épandage.
Apport de la télédétection : exemple des plaines d'épandage de l'oued El Fekka et d'Al
Hichria
Cet apport peut être appréhendé à partir de deux scènes SPOT (scènes SPOT XS K64 J280) sur
la région de Sidi Bouzid. La première, datant du 26 juin 1988, caractérise une période de
sécheresse (figure 3). La seconde, datant du 3 février 1990, a été prise deux semaines après les
pluies exceptionnelles qui se sont abattues sur la région le 20 janvier 1990 (figure 4).
Précédent

- 276/449

Suivant