Session 3 : Télédétection et épandages de crues en Tunisie
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INTRODUCTION
Les plaines de Sidi Bouzid et d'Al Hichria appartiennent aux hautes steppes orientales
tunisiennes. Les conditions contraignantes du milieu, caractérisées essentiellement par la faiblesse
des précipitations et leur irrégularité interannuelle et intersaisonnière, expliquent le recours à
l'irrigation comme moyen d'intensifier la production agricole. Dans une première partie, ce travail
présentera les conditions du milieu et fournira un bref aperçu historique de l’irrigation dans ces
hautes steppes en analysant l'impact du recours démesuré à l'exploitation des nappes phréatiques.
Dans une seconde partie, nous nous intéresserons aux aménagements hydrauliques mis en place
pour remédier à la baisse du niveau piézométrique des nappes et provoquer leur recharge par
l’épandage artificiel des crues. Enfin, dans une troisième partie, ce travail analysera l'apport de la
télédétection dans l'évaluation et la cartographie des épandages artificiels, la recherche de
nouveaux sites pour de futurs aménagements, afin d'assurer une exploitation rationnelle et
judicieuse des ressources offertes par le milieu naturel.
L'EAU, ENJEU FONDAMENTAL DANS LE DÉVELOPPEMENT DE LA RÉGION
Les contraintes du milieu
Les plaines de Sidi Bouzid et d'Al Hichria forment deux larges cuvettes synclinales entourées
d’axes anticlinaux de faible altitude (figure 1). L'axe Nord-Sud constitue la limite Est de ces deux
plaines. Le Djebel Melloussi-Majoura limite la plaine d'Al Hichria au Sud et le Djebel Al Kebar
constitue sa limite Nord. Celui-ci limite donc la plaine de Sidi Bouzid au Sud, elle-même limitée
au Nord par les hauteurs de Bir al Hafey. Entre les Djebels et les fonds de cuvettes, les glacis,
aux sols de texture sablo-limoneuse, ont généralement des pentes faibles. Les hauteurs annuelles
des précipitations sont d'environ 250 mm. L'étude de leur répartition saisonnière montre des
pointes en automne et au printemps et une sécheresse absolue en été, pouvant parfois se prolonger
en automne. Mais la sécheresse estivale peut parfois être brusquement interrompue par des pluies
orageuses, causant des inondations plus ou moins importantes. Ces pluies contribuent à gonfler le
total annuel, sans être pour autant efficaces pour l’infiltration, puisqu’elles peuvent tomber en
l'espace de quelques heures. Dans ces conditions, le recours à l'irrigation paraît indispensable.
L'irrigation et les nappes phréatiques
Il ressort de ce qui précède que le milieu présente beaucoup plus de contraintes que d'avantages.
Les conditions naturelles contraignantes rendent en effet l'irrigation nécessaire à tout effort
d'intensification de la production agricole. Les besoins en produits agricoles régionaux, et surtout
extrarégionaux, des centres urbains littoraux ne peuvent être satisfaits par la simple agriculture
pluviale. L'insertion de plus en plus accentuée de la région dans l'économie de marché va
entraîner une intensification progressive de la production et les cultures maraîchères irriguées
vont devenir progressivement la spéculation agricole majeure. Le principal aspect de cette
intensification est l'exploitation des nappes phréatiques par puits de surface. Les conditions
édaphiques des cuvettes de Sidi Bouzid et d'Al Hichria sont favorables à l'emmagasinement de
l'eau infiltrée, que cette eau provienne des chutes de pluies ou du débordement des oueds à la
faveur des grosses crues.
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