tible dans un cabinet d’expériences, dans des conditions données,
sur le modèle de la physique.
« On ne dissèque pas assez », reproche Diderot aux naturalistes de son temps dans les Éléments. La physis vivante aussi se
« phénoménise », c’est-à-dire qu’elle devient précisément un
objet de mesure par rapport à un sujet observateur/opérateur
(l’« interprète de la nature » de Bacon) qui ôte à son operatio,
intellectuelle et technique, le voile magique ou enchanteur
(ensorceleur, en quelques cas) de la déesse Nature que la pensée
de la Renaissance lui avait tissé comme son habit propre au XVI
e
et XVII
e siècle.
Pour suivre ce parcours de renouvellement des méthodes et
des contenus des sciences de la vie sur le modèle des sciences
physico-expérimentales, il faudra pointer l’attention, chez Diderot, surtout dans la première et la troisième partie des Éléments,
en articulant l’analyse sur trois segments conceptuels qui marquent le contenu originel propre à Diderot. L’intégration du facteur dynamique « temps » dans la considération des êtres vivants,
se réalise sur trois niveaux: 1/ transformisme, 2/ métamorphose;
3/ organisation. Le diagramme suivant schématise la structure
problématique de ce vitalisme physique des Éléments
104 .
trouver pour former les liaisons, remplir les vides et démontrer l’identité? c’est
ce qui ne peut se déterminer. Il y a peut-être un phénomène central qui jetterait
des rayons non seulement à ceux qu’on a, mais encore à tous ceux que le temps
ferait découvrir, qui les unirait et qui en formerait un système » (mes italiques).
104 Explication du diagramme: il y a trois « points problématiques » (P1-P2P3) dans la structure du vitalisme de Diderot: 1/ l’atome vivant ou molécule
organique, 2/ la matière, dans sa nature complexe (sensibilité–>pensée); 3/
l’homme, physique et moral, et la tâche d’une anthropologie laïque. Le premier
(P1) est le problème de départ de la physiologie diderotienne, son pivot essentiel: l’origine du processus épigénique. Autour de P1 tournent sept « centres de
vie » (C1-C7), qui représentent des différents niveaux d’organisation du vivant.
A chaque niveau agissent les mêmes forces physico-mécaniques: « matière,
mouvement, sensibilité » mais sur des registres temporels différents. Par
exemple le temps de la fibre (C1), n’est pas celui de l’organe (C3), ni celui de
l’animal (C6). La conception « fédérative » de l’être organique que Diderot tire
de Bordeu permet de concevoir une certaine indépendance ou autonomie de
chaque niveau: la cessation de vie (« petite mort ») peut atteindre un « centre »,
sans nécessairement affecter les autres. Seule la Grande Vie et la Grande Mort
(en haut), celles de l’animal entier, sont, d’une certain façons – comme la molécule organique –, indépassables, uniques et définitives.
66
INTRODUCTION
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 66
sur le modèle de la physique.
« On ne dissèque pas assez », reproche Diderot aux naturalistes de son temps dans les Éléments. La physis vivante aussi se
« phénoménise », c’est-à-dire qu’elle devient précisément un
objet de mesure par rapport à un sujet observateur/opérateur
(l’« interprète de la nature » de Bacon) qui ôte à son operatio,
intellectuelle et technique, le voile magique ou enchanteur
(ensorceleur, en quelques cas) de la déesse Nature que la pensée
de la Renaissance lui avait tissé comme son habit propre au XVI
e
et XVII
e siècle.
Pour suivre ce parcours de renouvellement des méthodes et
des contenus des sciences de la vie sur le modèle des sciences
physico-expérimentales, il faudra pointer l’attention, chez Diderot, surtout dans la première et la troisième partie des Éléments,
en articulant l’analyse sur trois segments conceptuels qui marquent le contenu originel propre à Diderot. L’intégration du facteur dynamique « temps » dans la considération des êtres vivants,
se réalise sur trois niveaux: 1/ transformisme, 2/ métamorphose;
3/ organisation. Le diagramme suivant schématise la structure
problématique de ce vitalisme physique des Éléments
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trouver pour former les liaisons, remplir les vides et démontrer l’identité? c’est
ce qui ne peut se déterminer. Il y a peut-être un phénomène central qui jetterait
des rayons non seulement à ceux qu’on a, mais encore à tous ceux que le temps
ferait découvrir, qui les unirait et qui en formerait un système » (mes italiques).
104 Explication du diagramme: il y a trois « points problématiques » (P1-P2P3) dans la structure du vitalisme de Diderot: 1/ l’atome vivant ou molécule
organique, 2/ la matière, dans sa nature complexe (sensibilité–>pensée); 3/
l’homme, physique et moral, et la tâche d’une anthropologie laïque. Le premier
(P1) est le problème de départ de la physiologie diderotienne, son pivot essentiel: l’origine du processus épigénique. Autour de P1 tournent sept « centres de
vie » (C1-C7), qui représentent des différents niveaux d’organisation du vivant.
A chaque niveau agissent les mêmes forces physico-mécaniques: « matière,
mouvement, sensibilité » mais sur des registres temporels différents. Par
exemple le temps de la fibre (C1), n’est pas celui de l’organe (C3), ni celui de
l’animal (C6). La conception « fédérative » de l’être organique que Diderot tire
de Bordeu permet de concevoir une certaine indépendance ou autonomie de
chaque niveau: la cessation de vie (« petite mort ») peut atteindre un « centre »,
sans nécessairement affecter les autres. Seule la Grande Vie et la Grande Mort
(en haut), celles de l’animal entier, sont, d’une certain façons – comme la molécule organique –, indépassables, uniques et définitives.
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INTRODUCTION
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