violents pour exciter en lui quelque signe de sensibilité. Le philosophe Maupertuis qui était présent, dit, je gage que je le fais parler? Il s’approche de l’oreille du calculateur apoplectique et lui
crie, Monsieur le chevalier, douze fois douze? Le chevalier
répond cent quarante-quatre et c’est la seule parole qu’il ait dite.
N
2. Une femme jalouse de sa femme de chambre en tombe
dans un délire frénétique. Elle était dans un bain, lorsqu’on lui
apprend la mort de son mari. Est-il bien vrai, s’écrie-t-elle;...
Rien n’est plus vrai... Et la voilà guérie.
O
3. Un amant, désespéré des rigueurs de sa maîtresse, se tire
un coup de pistolet; il ne se tue pas, mais il reste fou; on appelle
auprès de lui sa maîtresse, elle lui présente un bouillon, il s’écrie
en la voyant: Ah, Mademoiselle, c’est vous ! Et voilà sa folie
passée.
P
4. Un jeune officier français, blessé grièvement à la bataille
de Guastalle, est porté dans un hôpital. Il devient éperdument
amoureux de la religieuse qui le soignait et la religieuse de lui.
Cette religieuse meurt; le jeune officier en tombe dans une
mélancolie toute voisine de la stupidité. La morte avait une sœur
qui lui ressemblait beaucoup. On imagina de l’habiller en religieuse et de la présenter au jeune officier. Ce qui fut exécuté. En
voyant celle-ci, le jeune homme s’écria: ah ! J’en vois deux, je
deviens fou; et mourut sur-le-champ.
N AT, 425; SP: GUÉRISONS SINGULIÈRES. DE LA JALOUSIE. […] jalouse de son
mari et de sa femme de chambre, tombe dans un état de corps et d’esprit déplorable. Elle était au bain lorsqu’on lui annonça la mort de son mari. Elle
demande: ‘Est-il bien vrai?… Très vrai’, lui dit-on… et la voilà guérie.
O AT, 425; SP: GUÉRISONS SINGULIÈRES […] DE L’AMOUR. Un jeune homme
désespéré de ne pouvoir obtenir l’objet de sa passion, se tire un coup de pistolet
à la tête. Il ne se tua point, mais il resta fou de sa blessure. Pendant sa maladie
les parents s’avisèrent de faire venir sa maîtresse et de la lui présenter. Il lève les
yeux, il la voit, il s’écrie: ‘Ah ! mademoiselle, c’est vous !…’ Et le voilà guéri.
P AT, 425-426; SP: DE LA DOULEUR. Un officier français perd une sœur hospitalière italienne qui l’avait soigné et dont il était devenu amoureux. Ses amis
découvrent une courtisane qui lui ressemblait singulièrement. Ils invitent leur
camarade à souper. Sur la fin du repas ils introduisent la courtisane déguisée en
hospitalière; l’officier la regarde et s’écrie: ‘Ah ! mes amis, j’en vois deux, je
deviens fou…’ Puis il se renverse sur son fauteuil et meurt.
446
APPENDICE B
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 446
Précédent

- 447/514

Suivant