çaise, s’était intéressé, tout comme Diderot, à la physiognomonie
et à la physique des passions. Il écrivit sur ce sujet un ouvrage qui
eut un grand succès, réédité plusieurs fois et encore connu au
XVIII
e siècle: Les caractères des passions (Paris, 1640). Cureau
signait ses ouvrages du pseudonyme de « Philalèthe », l’ami de la
vérité; Diderot tire de ses cinq volumes des Caractères – dont on
suivra l’analyse dans notre commentaire – de nombreuses suggestions pour le chapitre « Passions » (Partie III, chap. VII). La
division de l’œuvre de Cureau était: « I. Des passions pour le
bien; II. Des passions courageuses; III-IV. De la haine et de la
douleur; V. Des larmes, de la crainte, du désespoir ». Diderot s’intéresse surtout aux deux premiers livres et à la méthode visant à
définir une psychologie des affects et du comportement d’un type
descriptif ou objectif : c’est-à-dire fondée sur les symptômes.
Cependant, Diderot ne suit pas Cureau dans sa théorie des mouvements des esprits animaux, mais il intègre ses descriptions avec
certains aperçus de cas de pathologies mentales tirés du médecin
parisien Antoine Le Camus (1722-1772), La médecine de l’esprit, en deux volumes, dont le titre complet est: où l’on traite des
dispositions et des causes physiques, qui en conséquence de
l’union de l’âme avec le corps, influent sur les opérations de l’esprit et des moyens de maintenir ces opérations dans un bon état
(Paris, 1753). Dans cet ouvrage Diderot trouve des informations
diverses sur les maladies mentales et les phénomènes de dérèglement comportemental qui sont d’origines physiques, mais il en
critique les présupposés concernant le cerveau que Le Camus
tient pour un simple organe de nutrition des nerfs (opinion qui est
aussi celle de Buffon) et non pas pour l’unique et véritable
« siège » du sensorium commune, siège du sentir et du penser, qui
est la thèse-pivot de la Partie III des Éléments: « Phénomènes du
cerveau » (infra, 4.1).
Le médecin Pierre Roussel (1742-1802), élève de l’Ecole de
Montpellier, écrit un ouvrage au titre captivant pour Diderot: Système physique et moral de la femme ou Tableau philosophique de
la constitution, de l’état organique, du tempérament, des mœurs
et des fonctions propres au sexe (Paris, 1775). Le titre de la première partie: « Des différences générales qui distinguent les deux
sexes », indique quelle était la perspective d’approche: l’individuation d’une méthode organiciste d’analyse qui permet
de reconnaître les constantes physiologiques d’organisation
marquant les différences du sexe féminin. Evidemment, un tel
INTRODUCTION
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