Les gouvernements.
L’homme sauvage.
L’homme policé.
Nation paisible.
Nation guerrière.
Idée de l’honneur. désir du jeu
grande population. Point de vues
et de mauvaise foi. L’histoire
du commerçant trompé a la Chine:
français, il faut payer
29
.
***
Les lois. Récompenses; châtiment.
***
29 C’est le premier ébauche d’un épisode de la Contribution à l’Histoire des
deux Indes, dans OD, III, pp. 655-656: « Un Européen, arrivé pour la première
fois dans l’empire, acheta des marchandises d’un Chinois, qui le trompa sur la
qualité et sur le prix. Les marchandises avaient été portées à bord du vaisseau,
et le marché était consommé. L’Européen se flatta que peut-être il toucherait le
Chinois par des représentations modérées, et il lui dit: “Chinois, tu m’as vendu
de mauvaises marchandises. – Cela se peut, lui répondit le Chinois, mais il faut
payer. – Tu as blessé les lois de la justice, et abusé de ma confiance. – Cela se
peut, mais il faut payer. Mais tu n’es donc qu’un fripon, un malheureux? – Cela
se peut, mais il faut payer. – Quelle opinion veux-tu donc que je remporte dans
mon pays de ces Chinois si renommés par leur sagesse? Je dirai que vous n’êtes
que de la canaille. – Cela se peut, mais il faut payer”. L’Européen, après avoir,
renchéri sur ces injures de toutes celles que la fureur lui dicta, sans en avoir arraché que ces mots froids et froidement prononcés: “Cela se peut, mais il faut
payer”, délia sa bourse et paya. Alors le Chinois prenant son argent lui dit:
“Européen, au lieu de tempêter comme tu viens de faire, ne valait-il pas mieux
te taire, et commencer par où tu as fini? car qu’y as-tu gagné?” Le Chinois n’a
donc pas même un reste de pudeur commune à tous les fripons qui veulent bien
l’être, mais qui ne souffrent pas qu’on le leur dise. Il est donc parvenu au dernier
degré de la dépravation. Et qu’on n’imagine pas que ce soit ici un exemple particulier. Ce flegme est l’effet naturel de cette réserve qu’inspire l’éducation chinoise ». Diderot, contrairement à d’autres philosophes (Voltaire, Leibniz), était
victime d’un fort préjugé contre les Chinois, lié à son rejet du « despotisme
oriental »; voir Sur la vie et les ouvrages de Boulanger (1765), dans DPV, IX,
pp. 447-455 et la Lettre de l’auteur à M.*** qui ouvre les Recherches sur l’origine du despotisme oriental, éd. d’Holbach, Genève, 1761, du même N.-A.
Boulanger (1722-1759), vraisemblablement de la plume de Diderot.
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APPENDICE A
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L’homme sauvage.
L’homme policé.
Nation paisible.
Nation guerrière.
Idée de l’honneur. désir du jeu
grande population. Point de vues
et de mauvaise foi. L’histoire
du commerçant trompé a la Chine:
français, il faut payer
29
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Les lois. Récompenses; châtiment.
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29 C’est le premier ébauche d’un épisode de la Contribution à l’Histoire des
deux Indes, dans OD, III, pp. 655-656: « Un Européen, arrivé pour la première
fois dans l’empire, acheta des marchandises d’un Chinois, qui le trompa sur la
qualité et sur le prix. Les marchandises avaient été portées à bord du vaisseau,
et le marché était consommé. L’Européen se flatta que peut-être il toucherait le
Chinois par des représentations modérées, et il lui dit: “Chinois, tu m’as vendu
de mauvaises marchandises. – Cela se peut, lui répondit le Chinois, mais il faut
payer. – Tu as blessé les lois de la justice, et abusé de ma confiance. – Cela se
peut, mais il faut payer. Mais tu n’es donc qu’un fripon, un malheureux? – Cela
se peut, mais il faut payer. – Quelle opinion veux-tu donc que je remporte dans
mon pays de ces Chinois si renommés par leur sagesse? Je dirai que vous n’êtes
que de la canaille. – Cela se peut, mais il faut payer”. L’Européen, après avoir,
renchéri sur ces injures de toutes celles que la fureur lui dicta, sans en avoir arraché que ces mots froids et froidement prononcés: “Cela se peut, mais il faut
payer”, délia sa bourse et paya. Alors le Chinois prenant son argent lui dit:
“Européen, au lieu de tempêter comme tu viens de faire, ne valait-il pas mieux
te taire, et commencer par où tu as fini? car qu’y as-tu gagné?” Le Chinois n’a
donc pas même un reste de pudeur commune à tous les fripons qui veulent bien
l’être, mais qui ne souffrent pas qu’on le leur dise. Il est donc parvenu au dernier
degré de la dépravation. Et qu’on n’imagine pas que ce soit ici un exemple particulier. Ce flegme est l’effet naturel de cette réserve qu’inspire l’éducation chinoise ». Diderot, contrairement à d’autres philosophes (Voltaire, Leibniz), était
victime d’un fort préjugé contre les Chinois, lié à son rejet du « despotisme
oriental »; voir Sur la vie et les ouvrages de Boulanger (1765), dans DPV, IX,
pp. 447-455 et la Lettre de l’auteur à M.*** qui ouvre les Recherches sur l’origine du despotisme oriental, éd. d’Holbach, Genève, 1761, du même N.-A.
Boulanger (1722-1759), vraisemblablement de la plume de Diderot.
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APPENDICE A
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