Taureau avec matrice (Diog. Laert.).
Héraïs, après un an de mariage, devint homme, lui étant sorti
un membre viril de l’ouverture qu’on croyait être un vagin (Diodore de Sicile
109 ). Pline a vu ce fait inter nuptias
110 .
109 Diodore (80-20 av. J.-C.), historien grec né à Agira, grand voyageur en
Asie et en Europe, il s’arrêta longtemps à Rome pour y constituer sa Bibliotheca
Historica, en 40 livres, sur laquelle il travailla plus de trente ans. Diodore traça
un cadre parallèle de l’histoire grecque et romaine qui arrivait jusqu’à César et
à sa guerre de Gaule. L’ouvrage est important pour sa chronologie et il fut redécouvert seulement au XVI
e siècle; c’est une nouveauté pour les intellectuels des
Lumières. Les narrations fantastiques des premiers siècles de la période mythologique y abondent.
110 « Pendant les noces ». Diderot puise ces informations sur les hermaphrodites chez B. Peyrilhe, Histoire de la chirurgie cit., vol. I, pp. 450-456; mais cf.
aussi Enc. VIII, pp. 165b-167a: « Que la nature puisse cacher quelquefois la
femme sous le dehors d’un homme, ce dehors, cette écorce extérieure, cette
apparence, n’en impose point aux gens éclairés, et ne constitue point dans cette
femme le sexe masculin. Qu’il y ait eu des hommes qui ont passé pour femme,
c’est certainement par des caractères équivoques; mais la surabondance de vie,
source de la force et de la santé, ne pouvant plus être contenue au-dedans, dans
l’âge qui est la saison des plaisirs, cherche dans cet âge heureux à se manifester
au-dehors, s’annonce et y parvient effectivement […] . Enfin, on a vu, on a
peint, on a gravé une hermaphrodite qui parut à Paris aux yeux du public en
1749. Elle était alors âgée de 16 ans, n’avait point eu ses règles, n’avait aucune
apparence de gorge naissante, ni les hanches aussi élevées, qu’il aurait convenu
au corps d’une fille de son âge: je dis fille, parce qu’elle avait été baptisée du
sexe féminin; car d’ailleurs Paré, dans son traité des Monstres, ch. vij. pag.
1015, rapporte l’histoire de trois sujets qui avaient été baptisés et élevés pour
filles, et dont les parties de l’homme se développèrent à l’âge de puberté […].
Quoiqu’il en soit, la verge de Marie-Anne Drouart, c’était son nom, recouverte
de son prépuce, garnie d’un peu de poil à la racine, avait son gland et deux corps
caverneux […]. Voilà les seuls faits authentiques de ma connaissance sur la
manière la plus étonnante, dont la nature se joue dans la conformation des parties de la génération. Je sais que plusieurs écrivains ont publié des traités exprès
sur les hermaphrodites. Tel est Aldrovandus, dans son livre de Monstris, Bononiæ, 1642, fol. Caspar Bauhin, de Hermaphroditis; Oppenheim, 1614, in-8°.
Jacobus Mollerus, de Cornutis & Hermaphroditis, Berolini, 1708, in-4°. Duval,
traité de l’Accouchement des femmes, & des Hermaphrodites, Rouen, 1612, in8°» (De Jaucourt); voir les trois Planches et les descriptions d’hermaphrodites
annexes, dans le Supplément de l’Encyclopédie, vol. XII, Amsterdam, 17761777 et l’article « Hermaphrodite », par J. Lafosse au tome III, p. 365a; cf. J.
McGuire, « La représentation du corps hermaphrodite dans les planches de
l’Encyclopédie», dans RDE, n° 11, octobre 1991, pp. 109-129; Jaucourt mentionne l’œuvre important de l’humaniste italien Ulisse Aldrovandi (1522-1605),
Monstrorum historia cum paralipomenis historiae omnium animalium, 2 vol.,
Bononiæ, 1642, que Diderot pouvait bien connaître.
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PARTIE II
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