Et encore qu’il y eût deux ventres inférieurs; il n’y avait néanmoins qu’une
poitrine séparée d’avec les ventres inférieurs par un seul diaphragme.
K
(Jour. de
Henri IV)
107 .
Une femme accoucha de trois enfants, un garçon bien formé et deux filles
jointes et unies ensemble depuis le haut du cou jusqu’au nombril. Monstre, ne
montrant par devant qu’un seul tronc, n’ayant
L
qu’un seul sternum et une seule
cavité de la poitrine, un seul cordon ombilical, deux fesses, quatre reins, canal
intestinal double, un cœur à doux pointes, à droite pour l’une et conséquemment
à gauche pour l’autre. C’étaient comme deux cœurs unis et accolés. Deux têtes
se regardant en face. L’union commençait au-dessous des oreilles et des
mâchoires, par la peau du cou; deux colonnes vertébrales; deux cous distincts
par derrière; un troisième bras inséré
M
entre les deux colonnes vertébrales, commun
N aux deux enfants; à ce bras, une main à dix doigts bien distincts et se touchant par les doux pouces. Ce bras est fait de deux bras tellement unis et
incorporés, qu’ils ne forment qu’un seul bras, un seul avant-bras, un seul poignet. Ce n’est qu’au microscope que l’on voit les deux mains géminées placées
sur un même plan. Ces deux filles sont nées vivantes (Journal
O
de médecine,
1773).
(Hommes, êtres monstrueux rentrent dans la classe des animaux non perfectibles).
(Examiner ces monstres, organes par organes; monstres
d’imagination, monstres d’estomac,
P
monstres de mémoire)
108 .
Q
Les enfants acéphales vivent, mais de la vie de la mère. Le
moment de leur naissance, ou de la séparation d’avec la mère, est
le moment de leur mort.
K (Journal d’Henri IV)
107 Cf. P. de L’Estoile, Mémoires-journaux, 1574-1611, Paris, 1880 [Paris,
1982], vol. 8: Journal de Henri IV, 1602-1607, p. 187.
L qu’un sternum et une seule cavité à la poitrine…
M V: dans les deux colonnes…
N communs
O de Médecine, mai 1773.)
P FNR: monstres de mémoire, etc.). Si un homme avait deux têtes, l’une
pourrait être incrédule, l’autre dévote. Dans le même moment l’être serait sollicité par deux désirs contradictoires, celle-ci voudrait aller à la messe, l’autre à la
promenade; l’une prendrait telle femme en passion, l’autre en aversion, à moins
peut-être qu’avec le temps il ne s’établit entre elles une conformité telle qu’on
agirait comme si l’on n’en avait qu’une. (p. 357, l. 4-13; AT, 419).
108 Sur la question philosophique des monstres et leurs typologies: Introduction, 4.2; A. Curran, Sublime disorder. Physical monstrosity in Diderot’s
universe cit., pp. 27-58.
Q Comme enfants acéphales…
ÉLÉMENTS ET PARTIES DU CORPS HUMAIN
267
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 267
poitrine séparée d’avec les ventres inférieurs par un seul diaphragme.
K
(Jour. de
Henri IV)
107 .
Une femme accoucha de trois enfants, un garçon bien formé et deux filles
jointes et unies ensemble depuis le haut du cou jusqu’au nombril. Monstre, ne
montrant par devant qu’un seul tronc, n’ayant
L
qu’un seul sternum et une seule
cavité de la poitrine, un seul cordon ombilical, deux fesses, quatre reins, canal
intestinal double, un cœur à doux pointes, à droite pour l’une et conséquemment
à gauche pour l’autre. C’étaient comme deux cœurs unis et accolés. Deux têtes
se regardant en face. L’union commençait au-dessous des oreilles et des
mâchoires, par la peau du cou; deux colonnes vertébrales; deux cous distincts
par derrière; un troisième bras inséré
M
entre les deux colonnes vertébrales, commun
N aux deux enfants; à ce bras, une main à dix doigts bien distincts et se touchant par les doux pouces. Ce bras est fait de deux bras tellement unis et
incorporés, qu’ils ne forment qu’un seul bras, un seul avant-bras, un seul poignet. Ce n’est qu’au microscope que l’on voit les deux mains géminées placées
sur un même plan. Ces deux filles sont nées vivantes (Journal
O
de médecine,
1773).
(Hommes, êtres monstrueux rentrent dans la classe des animaux non perfectibles).
(Examiner ces monstres, organes par organes; monstres
d’imagination, monstres d’estomac,
P
monstres de mémoire)
108 .
Q
Les enfants acéphales vivent, mais de la vie de la mère. Le
moment de leur naissance, ou de la séparation d’avec la mère, est
le moment de leur mort.
K (Journal d’Henri IV)
107 Cf. P. de L’Estoile, Mémoires-journaux, 1574-1611, Paris, 1880 [Paris,
1982], vol. 8: Journal de Henri IV, 1602-1607, p. 187.
L qu’un sternum et une seule cavité à la poitrine…
M V: dans les deux colonnes…
N communs
O de Médecine, mai 1773.)
P FNR: monstres de mémoire, etc.). Si un homme avait deux têtes, l’une
pourrait être incrédule, l’autre dévote. Dans le même moment l’être serait sollicité par deux désirs contradictoires, celle-ci voudrait aller à la messe, l’autre à la
promenade; l’une prendrait telle femme en passion, l’autre en aversion, à moins
peut-être qu’avec le temps il ne s’établit entre elles une conformité telle qu’on
agirait comme si l’on n’en avait qu’une. (p. 357, l. 4-13; AT, 419).
108 Sur la question philosophique des monstres et leurs typologies: Introduction, 4.2; A. Curran, Sublime disorder. Physical monstrosity in Diderot’s
universe cit., pp. 27-58.
Q Comme enfants acéphales…
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