S Voilà les preuves. Voici les difficultés, les objections.
T L’extrême étroitesse de la trompe et le volume de l’œuf
trouvé dans la matrice, ne permettent guère de croire qu’une vésicule entière puisse suivre cette voie. On n’a jamais vu l’œuf renfermé dans le calice jaune ou caillot qui se forme autour de la
vésicule de
U
l’ovaire. Il n’y a point de ces glandes, quand la
femme conçoit. Après la conception, elles s’affaissent,
V
se
vident, on en a trouvé dans la matrice. Ce sont des hydatides.
W
Ce corps glanduleux n’est donc point le premier rudiment de
l’animal. Vesiculus ovaris non esse ova, neque esse primordia,
neque continere animal
79
.
Au troisième jour de la conception, dans
X
une chienne, un
accident lie la corne de la matrice; et le 21
e jour, deux chiens entre
la ligature et le corps de la trompe (Nuck)
80
.
S Preuves.
T Cependant l’extrême…
U l’ovaire s’accroît et transforme la vésicule en un corps jaune hémisphérique. Il n’y a point…
V FNR: se vident. On en a trouvé dans la matrice. Elles sont quelquefois si
grosses qu’elles ne pourraient passer par la trompe. Ce sont des hydatides. On n’en
trouve ni dans la matrice ni dans la trompe. (p. 346, l. 22, à p. 347, l. 3; AT, 415).
W Le corps glanduleux de l’ovaire n’est point le rudiment de l’animal.
79 « la vésicule de l’ovaire n’est par l’œuf et n’est pas les rudiments, ni ne
contient l’animal », Diderot parle ici de l’importante découverte, par Regnerus
de Graaf (1641-1673), des follicules de l’ovaire (De mulierum organis generationi inservientibus tractatus novus, Lugduni Batavorum, 1672; éd. fr. Bâle,
1699); il cite de mémoire EL, vol. VIII, p. 45; ces parties anatomiques avaient été
longtemps confondues avec les œufs des vivipares, en partant de la thèse de
Harvey: Omnia ex ovo, à cause de la difficulté de les voir dans l’utérus; cf.
Roger, Les sciences de la vie cit., Seconde Partie, chap. II pp. 259-264: « Les
nouvelles découvertes sur la génération des animaux ».
X une chienne, lie la corne de la matrice; le 21
e
, deux chiens…
80 Buffon, Histoire naturelle cit., vol. II, pp. 166-167: « Une expérience
fameuse en faveur des œufs est celle de Nuck; il ouvrit une chienne trois jours
après l’accouchement, il tira l’une des cornes de la matrice et la lia en la serrant
dans son milieu, en sorte que la partie supérieure du conduit ne pouvait plus avoir
de communication avec la partie inférieure, après quoi il remit cette corne de la
matrice à sa place et ferma la plaie […] au bout de vingt et un jours il la r’ouvrit
et il trouva deux fœtus dans la partie supérieure, c’est-à-dire, entre le testicule et
la ligature et dans la partie inférieure de cette corne il n’y avait aucun fœtus […]
ce qui prouve, dit-il, que le fœtus ne vient pas de la semence du mâle, mais qu’au
contraire il existe dans l’œuf de la femelle »; par la suite, Buffon réfutera cette
thèse, cf. ibidem, pp. 202-209; EL, vol. VIII, p. 48; Anton Nuck (1650-1692),
ÉLÉMENTS ET PARTIES DU CORPS HUMAIN
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T L’extrême étroitesse de la trompe et le volume de l’œuf
trouvé dans la matrice, ne permettent guère de croire qu’une vésicule entière puisse suivre cette voie. On n’a jamais vu l’œuf renfermé dans le calice jaune ou caillot qui se forme autour de la
vésicule de
U
l’ovaire. Il n’y a point de ces glandes, quand la
femme conçoit. Après la conception, elles s’affaissent,
V
se
vident, on en a trouvé dans la matrice. Ce sont des hydatides.
W
Ce corps glanduleux n’est donc point le premier rudiment de
l’animal. Vesiculus ovaris non esse ova, neque esse primordia,
neque continere animal
79
.
Au troisième jour de la conception, dans
X
une chienne, un
accident lie la corne de la matrice; et le 21
e jour, deux chiens entre
la ligature et le corps de la trompe (Nuck)
80
.
S Preuves.
T Cependant l’extrême…
U l’ovaire s’accroît et transforme la vésicule en un corps jaune hémisphérique. Il n’y a point…
V FNR: se vident. On en a trouvé dans la matrice. Elles sont quelquefois si
grosses qu’elles ne pourraient passer par la trompe. Ce sont des hydatides. On n’en
trouve ni dans la matrice ni dans la trompe. (p. 346, l. 22, à p. 347, l. 3; AT, 415).
W Le corps glanduleux de l’ovaire n’est point le rudiment de l’animal.
79 « la vésicule de l’ovaire n’est par l’œuf et n’est pas les rudiments, ni ne
contient l’animal », Diderot parle ici de l’importante découverte, par Regnerus
de Graaf (1641-1673), des follicules de l’ovaire (De mulierum organis generationi inservientibus tractatus novus, Lugduni Batavorum, 1672; éd. fr. Bâle,
1699); il cite de mémoire EL, vol. VIII, p. 45; ces parties anatomiques avaient été
longtemps confondues avec les œufs des vivipares, en partant de la thèse de
Harvey: Omnia ex ovo, à cause de la difficulté de les voir dans l’utérus; cf.
Roger, Les sciences de la vie cit., Seconde Partie, chap. II pp. 259-264: « Les
nouvelles découvertes sur la génération des animaux ».
X une chienne, lie la corne de la matrice; le 21
e
, deux chiens…
80 Buffon, Histoire naturelle cit., vol. II, pp. 166-167: « Une expérience
fameuse en faveur des œufs est celle de Nuck; il ouvrit une chienne trois jours
après l’accouchement, il tira l’une des cornes de la matrice et la lia en la serrant
dans son milieu, en sorte que la partie supérieure du conduit ne pouvait plus avoir
de communication avec la partie inférieure, après quoi il remit cette corne de la
matrice à sa place et ferma la plaie […] au bout de vingt et un jours il la r’ouvrit
et il trouva deux fœtus dans la partie supérieure, c’est-à-dire, entre le testicule et
la ligature et dans la partie inférieure de cette corne il n’y avait aucun fœtus […]
ce qui prouve, dit-il, que le fœtus ne vient pas de la semence du mâle, mais qu’au
contraire il existe dans l’œuf de la femelle »; par la suite, Buffon réfutera cette
thèse, cf. ibidem, pp. 202-209; EL, vol. VIII, p. 48; Anton Nuck (1650-1692),
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