La colonne vertébrale commence à l’os sacrum et se termine à
la tête; courbe, elle retourne
P
à sa situation droite; elle est toute
d’une pièce dans les oiseaux qui n’ont point à fléchir leur corps.
Pour respirer, il y a beaucoup d’instruments; toute la poitrine
et le thorax avec ses os, ses ligaments, ses muscles, avec le diaphragme, les chairs de l’abdomen
Q
et d’autres relatives au cerveau, au cou et au bras, selon le vulgaire.
Le diaphragme, espèce de voûte; c’est une membrane musculeuse, un muscle formant un plan curviligne et séparant les sacs
pulmonaires d’avec le bas-ventre; les parties charnues ont leur
origine à la face interne du cartilage xiphoïde. Le centre du diaphragme a la figure d’un gnomon obtus; il est percé de deux
trous.
R
Le diaphragme est le siège de toutes nos peines et de tous nos
plaisirs.
S
Sa liaison, sa sympathie avec le cerveau. C’est la différence du diaphragme qui fait les âmes pusillanimes et les âmes
fortes: on ne sait pas encore comment on lui donne du ton; l’âge
seul a quelque empire sur cette membrane: la tête fait les hommes
sages, le diaphragme les hommes compatissants et moraux. Ce
sont les deux grands ressorts de la machine humaine
53
.
P à la situation…
Q et autres…
R DIAPHRAGME. C’est une espèce de voûte […] ses parties charnues…
S Il y a sympathie marquée entre le diaphragme et le cerveau.
53 Cet alinéa manque dans SP; et c’est l’un des motifs conducteurs de l’anthropologie diderotienne; cf. Le Rêve cit., p. 178: « Mais qu’est-ce qu’un être
sensible? Un être abandonné à la discrétion du diaphragme. Un mot touchant at-il frappé l’oreille? un phénomène singulier a-t-il frappé l’œil? et voilà tout à
coup le tumulte intérieur qui s’élève, tous les brins du faisceau qui s’agitent; le
frisson qui se répand, l’horreur qui saisit, les larmes qui coulent, les soupirs qui
suffoquent, la voix qui s’interrompt, l’origine du faisceau qui ne sait ce qu’il
devient; plus de sang-froid, plus de raison, plus de jugement, plus d’instinct,
plus de ressource […]. Le grand homme, s’il a malheureusement reçu cette disposition naturelle, s’occupera sans relâcher à l’affaiblir, à la dominer, à se rendre
maître de ses mouvements et à conserver à l’origine du faisceau tout son
empire »; Réfutation d’Helvétius, OP, p. 586: « C’est la sensibilité du diaphragme, cette membrane nerveuse et mince qui coupe en deux cavités la capacité intérieure. C’est là le siège de toutes nos peines et de tous nos plaisirs; ses
oscillations ou crispations sont plus ou moins fortes dans un être que dans un
autre: c’est elle qui caractérise les âmes pusillanimes et les âmes fortes […]. La
tête fait les hommes sages; le diaphragme les hommes compatissants et moraux.
Vous n’avez rien dit de ces deux organes, mais rien du tout, et vous vous imaginez avoir fait le tour de l’homme […]. Comment, vous n’entendez rien aux deux
ÉLÉMENTS ET PARTIES DU CORPS HUMAIN
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AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 211
la tête; courbe, elle retourne
P
à sa situation droite; elle est toute
d’une pièce dans les oiseaux qui n’ont point à fléchir leur corps.
Pour respirer, il y a beaucoup d’instruments; toute la poitrine
et le thorax avec ses os, ses ligaments, ses muscles, avec le diaphragme, les chairs de l’abdomen
Q
et d’autres relatives au cerveau, au cou et au bras, selon le vulgaire.
Le diaphragme, espèce de voûte; c’est une membrane musculeuse, un muscle formant un plan curviligne et séparant les sacs
pulmonaires d’avec le bas-ventre; les parties charnues ont leur
origine à la face interne du cartilage xiphoïde. Le centre du diaphragme a la figure d’un gnomon obtus; il est percé de deux
trous.
R
Le diaphragme est le siège de toutes nos peines et de tous nos
plaisirs.
S
Sa liaison, sa sympathie avec le cerveau. C’est la différence du diaphragme qui fait les âmes pusillanimes et les âmes
fortes: on ne sait pas encore comment on lui donne du ton; l’âge
seul a quelque empire sur cette membrane: la tête fait les hommes
sages, le diaphragme les hommes compatissants et moraux. Ce
sont les deux grands ressorts de la machine humaine
53
.
P à la situation…
Q et autres…
R DIAPHRAGME. C’est une espèce de voûte […] ses parties charnues…
S Il y a sympathie marquée entre le diaphragme et le cerveau.
53 Cet alinéa manque dans SP; et c’est l’un des motifs conducteurs de l’anthropologie diderotienne; cf. Le Rêve cit., p. 178: « Mais qu’est-ce qu’un être
sensible? Un être abandonné à la discrétion du diaphragme. Un mot touchant at-il frappé l’oreille? un phénomène singulier a-t-il frappé l’œil? et voilà tout à
coup le tumulte intérieur qui s’élève, tous les brins du faisceau qui s’agitent; le
frisson qui se répand, l’horreur qui saisit, les larmes qui coulent, les soupirs qui
suffoquent, la voix qui s’interrompt, l’origine du faisceau qui ne sait ce qu’il
devient; plus de sang-froid, plus de raison, plus de jugement, plus d’instinct,
plus de ressource […]. Le grand homme, s’il a malheureusement reçu cette disposition naturelle, s’occupera sans relâcher à l’affaiblir, à la dominer, à se rendre
maître de ses mouvements et à conserver à l’origine du faisceau tout son
empire »; Réfutation d’Helvétius, OP, p. 586: « C’est la sensibilité du diaphragme, cette membrane nerveuse et mince qui coupe en deux cavités la capacité intérieure. C’est là le siège de toutes nos peines et de tous nos plaisirs; ses
oscillations ou crispations sont plus ou moins fortes dans un être que dans un
autre: c’est elle qui caractérise les âmes pusillanimes et les âmes fortes […]. La
tête fait les hommes sages; le diaphragme les hommes compatissants et moraux.
Vous n’avez rien dit de ces deux organes, mais rien du tout, et vous vous imaginez avoir fait le tour de l’homme […]. Comment, vous n’entendez rien aux deux
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