L
Troisième genre, les humeurs lentes et visqueuses. Elles sont
aqueuses et non coagulables: par évaporation deviennent pellicules sèches. Telles sont les humeurs muqueuses des canaux de
l’air, des aliments, des urines, des cavités des parties génitales,
des prostates; la semence.
M
Quatrième, les humeurs inflammables, qui récentes sont
aqueuses et fines, mais qui deviennent, par évaporation, matière
onctueuse, tenace, oléagineuse, ardente et souvent amère: bile,
cire des oreilles, suif, crasse de la peau, moelle des os, graisse, lait
comme butyreux.
N
Les pores, selon Descartes, étaient des cribles mal imaginés;
car les parties ténues passeraient par toutes sortes de trous, de
quelque figure qu’elles fussent et quelque figure qu’eût le trou
45
.
O
En effet, comment se fait-il qu’une matière fine, telle que
l’humeur, ne passe pas par un couloir large en général?
46 Pourquoi chaque glande a-t-elle sa sécrétion particulière? On ne peut
guère répondre à cela que par l’irritant, la sensibilité, l’animalité,
le goût, la volonté des organes.
L 3°. Humeurs […]: par évaporation devenant […] des canaux, de l’air…
M 4°. Humeurs inflammables […] souvent amère. La bile […] suif et
crasse…
N PORES. Ces cribles, selon Descartes, étaient mal imaginés…
45 Cf. R. Descartes, Traité de l’homme, dans Œuvres, éd. Ch. Adam et P.
Tannery, vol. XI, Paris, 1996, pp. 130-138 et la critique de la perspective iatromécaniste sur la sécrétion: G.-E. Stahl, Positiones de mechanismo motus progressivi sanguinis quibus motus tonici partium porosarum necessitas, utilitas et
habilitas ad motum sanguinis, lymphæ, seri, particulariter dirigendum, admittendum vel excludendum demonstratur, Halæ, 1695; Theoria medica vera,
Halæ, 1737 [1708
1 ], § 34, p. 433 et 247; surtout: Disquisitio de mechanismi et
organismi diversitate, Halæ, 1706; Introduction, 1.3.
O On demande comment il se fait qu’une matière fine ne passe pas par un
couloir large, en général pourquoi chaque glande a-t-elle sa sentine particulière?
46 Cf. Duchesneau, La Physiologie cit., chap. 1, p. 5: « à supposer que les
seuls corpuscules aptes au mouvement soient des polyèdres sphéroïdaux – ce
qui est vraisemblable du point de vue mécanique – il faudrait un agent pour
redisposer la plupart des polyèdres sphéroïdaux suivant la position diamétrale
déterminée qui, entre une variété considérable d’autres positions possibles, est
la seule qui soit congruente à l’ouverture du pore, et ce serait un agent capable
d’exercer avec discernement une direction effective », c’est-à-dire « l’âme »; cf.
P. Hoffmann, L’âme et les passions dans la philosophie médicale de G.-E. Stahl
cit., pp. 37-38.
ÉLÉMENTS ET PARTIES DU CORPS HUMAIN
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Troisième genre, les humeurs lentes et visqueuses. Elles sont
aqueuses et non coagulables: par évaporation deviennent pellicules sèches. Telles sont les humeurs muqueuses des canaux de
l’air, des aliments, des urines, des cavités des parties génitales,
des prostates; la semence.
M
Quatrième, les humeurs inflammables, qui récentes sont
aqueuses et fines, mais qui deviennent, par évaporation, matière
onctueuse, tenace, oléagineuse, ardente et souvent amère: bile,
cire des oreilles, suif, crasse de la peau, moelle des os, graisse, lait
comme butyreux.
N
Les pores, selon Descartes, étaient des cribles mal imaginés;
car les parties ténues passeraient par toutes sortes de trous, de
quelque figure qu’elles fussent et quelque figure qu’eût le trou
45
.
O
En effet, comment se fait-il qu’une matière fine, telle que
l’humeur, ne passe pas par un couloir large en général?
46 Pourquoi chaque glande a-t-elle sa sécrétion particulière? On ne peut
guère répondre à cela que par l’irritant, la sensibilité, l’animalité,
le goût, la volonté des organes.
L 3°. Humeurs […]: par évaporation devenant […] des canaux, de l’air…
M 4°. Humeurs inflammables […] souvent amère. La bile […] suif et
crasse…
N PORES. Ces cribles, selon Descartes, étaient mal imaginés…
45 Cf. R. Descartes, Traité de l’homme, dans Œuvres, éd. Ch. Adam et P.
Tannery, vol. XI, Paris, 1996, pp. 130-138 et la critique de la perspective iatromécaniste sur la sécrétion: G.-E. Stahl, Positiones de mechanismo motus progressivi sanguinis quibus motus tonici partium porosarum necessitas, utilitas et
habilitas ad motum sanguinis, lymphæ, seri, particulariter dirigendum, admittendum vel excludendum demonstratur, Halæ, 1695; Theoria medica vera,
Halæ, 1737 [1708
1 ], § 34, p. 433 et 247; surtout: Disquisitio de mechanismi et
organismi diversitate, Halæ, 1706; Introduction, 1.3.
O On demande comment il se fait qu’une matière fine ne passe pas par un
couloir large, en général pourquoi chaque glande a-t-elle sa sentine particulière?
46 Cf. Duchesneau, La Physiologie cit., chap. 1, p. 5: « à supposer que les
seuls corpuscules aptes au mouvement soient des polyèdres sphéroïdaux – ce
qui est vraisemblable du point de vue mécanique – il faudrait un agent pour
redisposer la plupart des polyèdres sphéroïdaux suivant la position diamétrale
déterminée qui, entre une variété considérable d’autres positions possibles, est
la seule qui soit congruente à l’ouverture du pore, et ce serait un agent capable
d’exercer avec discernement une direction effective », c’est-à-dire « l’âme »; cf.
P. Hoffmann, L’âme et les passions dans la philosophie médicale de G.-E. Stahl
cit., pp. 37-38.
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