Si le muscle est solitaire, la contraction est constante; cette
constance naît de la vie même. Le plaisir et la douleur ont été les
premiers maîtres de l’animal: ce sont eux qui ont appris peut-être
à toutes les parties leurs fonctions et les ont rendues habituelles et
héréditaires.
L’animal par sa sensibilité cherche le bien-être: son bien-être
demande que le sphincter de l’urètre et le sphincter de l’anus restent contractés; et c’est leur état habituel, il demande que cette
contraction soit plus ou moins forte
E
et elle en est susceptible.
Je pense que les enfants ne savent qu’avec le temps commander au sphincter de l’anus et de l’urètre. Les lâches ne peuvent
commander au sphincter de l’anus. La joie immodérée ôte l’autorité sur le sphincter de la vessie.
F
Saint Augustin ne s’est pas
montré un grande anatomiste, lorsqu’il a prétendu que dans l’état
de nature innocente l’homme commandait aux organes de la
génération, comme il commande à ses bras; il ne le pouvait
G
non
plus qu’à son cœur
32
.
Les muscles figurent les os, donc antérieurs aux os. Dans le
fœtus, muscles attachés au périoste; dans l’adulte, le périoste se
confondant avec l’os; les muscles sont attachés dans les petites
fosses de l’os: ils aident les sécrétions et les excrétions.
Le mouvement progressif, le repos debout, le marcher, la
course, le saut sont des effets des muscles: ils se donnent de la
force à eux-mêmes.
E et c’est leur état habituel. Je pense…
F FNR: Saint Augustin était un pauvre anatomiste […] commandait au
membre viril comme il commande à ses bras… (p. 147, l. 12-15)
G FNR: non plus qu’à son cœur. Il le sollicitait tout comme nous autres, ses
malheureux enfants. (p. 147, l. 18-19; AT, 324).
32 Cf. Augustin d’Hippone, La Cité de Dieu, éd. fr. L. Jerphagnon, Paris,
Gallimard, 2000, livre XIV, chap. XV-XVII, pp. 576-579: « Dans le paradis en
effet, avant le péché, même s’il ne pouvait tout faire, il ne voulait pas ce qu’il ne
pouvait pas, et ainsi il pouvait tout ce qu’il voulait. […] qui ne préférerait, s’il le
pouvait, engendrer des fils sans cette libido? Même dans l’acte de semer une
descendance, les organes créés pour cet usage ne pourraient-ils pas, comme tous
les autres dans leurs charges respectives, rester sous la dépendance de l’esprit,
dirigés par un signe de la volonté, et non excités par le feu de la libido? […].
C’est à juste titre qu’on a honte de cette libido, à juste titre qu’on appelle « honteux » ces organes qu’elle anime ou n’anime pas selon sa loi, comme je l’ai dit
et absolument pas selon notre volonté. Il n’en était pas ainsi avant le péché […].
Leurs yeux étaient donc ouverts, mais excepté sur ce point, leur attention n’étant
pas sollicité pour connaître ce que couvrait en eux le vêtement de la grâce, alors
qu’ils ignoraient le résistance de leurs membres contre leur volonté ».
186
PARTIE II
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 186
constance naît de la vie même. Le plaisir et la douleur ont été les
premiers maîtres de l’animal: ce sont eux qui ont appris peut-être
à toutes les parties leurs fonctions et les ont rendues habituelles et
héréditaires.
L’animal par sa sensibilité cherche le bien-être: son bien-être
demande que le sphincter de l’urètre et le sphincter de l’anus restent contractés; et c’est leur état habituel, il demande que cette
contraction soit plus ou moins forte
E
et elle en est susceptible.
Je pense que les enfants ne savent qu’avec le temps commander au sphincter de l’anus et de l’urètre. Les lâches ne peuvent
commander au sphincter de l’anus. La joie immodérée ôte l’autorité sur le sphincter de la vessie.
F
Saint Augustin ne s’est pas
montré un grande anatomiste, lorsqu’il a prétendu que dans l’état
de nature innocente l’homme commandait aux organes de la
génération, comme il commande à ses bras; il ne le pouvait
G
non
plus qu’à son cœur
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Les muscles figurent les os, donc antérieurs aux os. Dans le
fœtus, muscles attachés au périoste; dans l’adulte, le périoste se
confondant avec l’os; les muscles sont attachés dans les petites
fosses de l’os: ils aident les sécrétions et les excrétions.
Le mouvement progressif, le repos debout, le marcher, la
course, le saut sont des effets des muscles: ils se donnent de la
force à eux-mêmes.
E et c’est leur état habituel. Je pense…
F FNR: Saint Augustin était un pauvre anatomiste […] commandait au
membre viril comme il commande à ses bras… (p. 147, l. 12-15)
G FNR: non plus qu’à son cœur. Il le sollicitait tout comme nous autres, ses
malheureux enfants. (p. 147, l. 18-19; AT, 324).
32 Cf. Augustin d’Hippone, La Cité de Dieu, éd. fr. L. Jerphagnon, Paris,
Gallimard, 2000, livre XIV, chap. XV-XVII, pp. 576-579: « Dans le paradis en
effet, avant le péché, même s’il ne pouvait tout faire, il ne voulait pas ce qu’il ne
pouvait pas, et ainsi il pouvait tout ce qu’il voulait. […] qui ne préférerait, s’il le
pouvait, engendrer des fils sans cette libido? Même dans l’acte de semer une
descendance, les organes créés pour cet usage ne pourraient-ils pas, comme tous
les autres dans leurs charges respectives, rester sous la dépendance de l’esprit,
dirigés par un signe de la volonté, et non excités par le feu de la libido? […].
C’est à juste titre qu’on a honte de cette libido, à juste titre qu’on appelle « honteux » ces organes qu’elle anime ou n’anime pas selon sa loi, comme je l’ai dit
et absolument pas selon notre volonté. Il n’en était pas ainsi avant le péché […].
Leurs yeux étaient donc ouverts, mais excepté sur ce point, leur attention n’étant
pas sollicité pour connaître ce que couvrait en eux le vêtement de la grâce, alors
qu’ils ignoraient le résistance de leurs membres contre leur volonté ».
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