chapitre 28 Les Protistes 685
La plupart des Chlorophytes ont un cycle de développement complexe qui comprend des stades de reproduction
sexuée et asexuée. Ils peuvent presque tous se reproduire par
voie sexuée, en produisant des gamètes à deux flagelles dotés
de chloroplastes en forme de godet (figure 28.22). L’alternance de générations est apparue chez certains Chlorophytes,
dont Ulva.
retour sur le ConCept 28.5
1. Comparez les Algues rouges et les Algues brunes.
2. Pourquoi est-il exact de dire qu’Ulva est un véritable
organisme multicellulaire, mais non Caulerpa ?
3.
et si ?
Comment expliqueriez-vous le fait
que les espèces de la lignée des Algues vertes ont
pu être plus susceptibles de coloniser les environnements terrestres que les espèces de la lignée des
Algues rouges.
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept
28.6
Les Unichontes comprennent
des protistes étroitement apparentés
aux eumycètes et aux animaux
Chromalvéolés
Excavobiontes
Amibozoaires
Nucleariidae
Unichontes
Eumycètes
Choanoflagellés
Animaux
Rhizariens
Archéplastides
Nouvellement proposé, le supergroupe des Unichontes est
extrêmement diversifié et comprend les Animaux, les Eumycètes et certains Protistes. On y relève deux grands clades,
soit ceux des Amibozoaires et des Opisthochontes (Animaux,
Eumycètes et groupes de Protistes étroitement apparentés).
Les données fournies par la systématique moléculaire confirment rigoureusement la pertinence de chacun de ces deux
grands clades. L’étroite relation entre les deux groupes est
cependant plus controversée. Elle ne s’appuie que sur des comparaisons de la myosine, une protéine contractile, et sur plusieurs études basées sur des centaines de gènes, mais aucune
de ces études ne porte sur des gènes particuliers.
La controverse entourant les Unichontes vise aussi la
racine de l’arbre des Eucaryotes. Rappelez-vous que la racine
d’un arbre phylogénétique ancre celui-ci dans le temps : les
nœuds les plus près de la racine sont les plus anciens. Pour
l’instant, la racine de l’arbre des Eucaryotes est incertaine ;
nous ignorons donc quel groupe d’Eucaryotes a divergé en
premier. Certaines hypothèses ont été délaissées, notamment
celle des organismes amitochondriaux, décrite plus haut, mais
les chercheurs ne s’entendent toujours pas sur une solution.
S’ils connaissaient la racine de l’arbre des Eucaryotes, il serait
possible de déduire les caractéristiques de l’ancêtre commun
de tous les Eucaryotes. Cette information permettrait de
résoudre certains des débats actuels entourant les cinq supergroupes d’Eucaryotes.
En essayant de déterminer la racine de l’arbre des Eucaryotes,
les chercheurs ont appuyé leurs phylogenèses sur différents ensembles de gènes et obtenu des résultats contradictoires. Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont emprunté
une approche différente, dont les résultats alimentent une
nouvelle hypothèse, audacieuse, sur la racine de l’arbre
(figure 28.23). Selon leur hypothèse, les Unichontes auraient
été les premiers Eucaryotes à diverger. Les Animaux et les
Eumycètes feraient donc partie d’un groupe d’Eucaryotes
ayant divergé rapidement, alors que les Protistes qui sont
dépourvus de mitochondries (les Diplomonadines et les
Parabasaliens, par exemple) auraient divergé beaucoup plus
tard dans l’histoire du vivant. Cette idée demeure controversée et exigera davantage de preuves avant d’être acceptée par
l’ensemble de la communauté scientifique.
Les amibozoaires
Nous l’avons mentionné précédemment, les Amibozoaires
forment un clade solidement étayé par les données moléculaires. Il comprend de nombreuses espèces d’amibes dotées
de pseudo podes en forme de lobe ou de tube au lieu de
pseudopodes filiformes. Les Amibozoaires comprennent les
Gymnamibes, les Entamibes et les Mycétozoaires.
Les Mycétozoaires
Les Mycétozoaires (du latin signifiant « animaux fongiques »)
étaient auparavant considérés comme des Eumycètes, car,
comme eux, ils produisent des appareils sporifères aidant à la
dispersion des spores. Toutefois, la ressemblance entre les
Mycétozoaires et les Eumycètes semble être un autre exemple
d’évolution convergente. La systématique moléculaire place
les Mycétozoaires dans le clade des Amibozoaires et semble
indiquer que leurs ancêtres sont des organismes unicellulaires.
Les Mycétozoaires se sont divisés en deux grandes branches,
les Myxomycètes et les Acrasiomycètes, qui se distinguent en
partie par leurs cycles de développement particuliers.
Les myxomycètes De nombreuses espèces de Myxomycètes
possèdent une pigmentation brillante, habituellement jaune ou
orange (figure 28.24). Au stade de la croissance, dans leur cycle
de développement, ils se présentent sous la forme d’une masse
amiboïde appelée plasmode. Le plasmode peut s’étendre sur
plusieurs centimètres carrés. (Il ne faut pas confondre le plasmode des Myxomycètes avec le genre Plasmodium, qui comprend le parasite apicomplexe à l’origine du paludisme.) Aussi
gros soit-il, le plasmode n’est pas multicellulaire. Il s’agit plutôt d’une masse de cytoplasme sans aucune séparation et qui
renferme plusieurs noyaux. Cette « supercellule » provient de
divisions mitotiques des noyaux qui n’ont pas été suivies de
cytocinèse, c’est-à-dire de division du cytoplasme.
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