chapitre 28 Les Protistes 681
est constituée de chitine, un autre polysaccharide. La systématique moléculaire a confirmé que les Oomycètes ne sont pas
étroitement apparentés aux Eumycètes. Leur similarité apparente est un exemple d’évolution convergente (voir le chapitre 25). Tant chez les Oomycètes que chez les Eumycètes, le
rapport élevé entre la surface et le volume des structures filamenteuses favorise l’absorption des nutriments provenant de
l’environnement.
Même si leurs ancêtres possédaient des plastes, les Oomycètes en sont aujourd’hui dépourvus et sont incapables de
photosynthèse. Ils obtiennent plutôt leurs nutriments en
décomposant ou en parasitant d’autres organismes. La plupart des Saprolégniales sont des décomposeurs qui croissent
en masses duveteuses sur les algues et les animaux morts,
principalement en eau douce (voir la figure 28.17). Les Rouilles
blanches et les agents du mildiou, quant à eux, sont habituellement des parasites de diverses plantes terrestres.
L’impact écologique des Oomycètes peut être important.
Ainsi, Phytophthora infestans cause le mildiou de la pomme de
terre, qui provoque le pourrissement du pied et de la tige des
plants. Au 19
e
siècle, cette maladie a causé en Irlande une
désastreuse famine à la suite de laquelle un million de personnes sont mortes et au moins autant ont été forcées de
quitter le pays. La maladie demeure aujourd’hui un problème
sérieux, car elle entraîne des pertes qui représentent en général
15 % des récoltes en Amérique du Nord et 70 % des récoltes
dans certaines parties de la Russie où les cultivateurs n’ont
pas les moyens d’acheter des pesticides.
Pour mieux comprendre cet agent pathogène, les biologistes
moléculaires ont isolé l’ADN d’un spécimen de P. infestans
conservé depuis l’épidémie des années 1840 en Irlande. Des
études génétiques montrent que, au cours des dernières décennies, l’Oomycète a acquis des gènes qui le rendent plus agressif
et plus résistant aux pesticides. Les scientifiques examinent le
génome de Phytophthora et celui des pommes de terre en vue de
trouver de nouvelles armes contre cette maladie. Déjà, des chercheurs ont produit des pommes de terre résistantes au mildiou
en effectuant un transfert de gènes provenant d’une souche de
pommes de terre sauvages que cette maladie n’atteint pas.
retour sur le ConCept 28.3
1. Résumez les arguments qui renforcent ou qui
infirment l’hypothèse selon laquelle les espèces
actuellement classées comme des Chromalvéolés
proviennent du même clade.
2.
et si ?
Selon vous, l’ADN des plastes des
Dinophytes photosynthétiques, des Diatomées et
des Algues brunes ressemble-t-il davantage à l’ADN
nucléaire des Végétaux (domaine des Eucaryotes)
ou à l’ADN chromosomique des Cyanobactéries
(domaine des Bactéries) ? Expliquez votre réponse.
3. Faites des liens Parmi les trois cycles présentés
à la figure 13.6 (p. 286), quel cycle de développement présente une alternance de générations ?
Qu’est-ce qui le distingue des deux autres ?
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept
28.4
Les rhizariens forment un groupe
diversifié de protistes qui se définissent
par leurs ressemblances génétiques
Radiolaires
Foraminifères
Rhizariens
Cercozoaires
Excavobiontes
Chromalvéolés
Archéplastides
Unichontes
Le clade des Rhizariens a été établi récemment d’après les
résultats de la systématique moléculaire. Bien que les organismes qui en font partie présentent de nombreuses différences
sur le plan morphologique, les données génétiques permettent
de croire que les Rhizariens forment un groupe monophylétique. Selon de récentes études en phylogenèse, les Rhizariens
devraient être intégrés au groupe des Chromalvéolés, comme
nous le signalons dans la figure 28.3.
De nombreuses espèces du clade des Rhizariens font partie
des organismes appelés amibes. On définissait auparavant les
amibes comme des Protistes qui se déplacent et se nourrissent
au moyen de pseudopodes, c’est-à-dire de prolongements
qui peuvent surgir de n’importe quel point de la surface cellulaire. L’amibe se déplace en étirant un pseudopode et en
ancrant l’extrémité, ce qui crée un mouvement du cytoplasme
vers celui-ci. Toutefois, grâce à la systématique moléculaire, il
est clair désormais que les amibes ne constituent pas un groupe
monophylétique ; elles sont plutôt réparties dans de nombreux
taxons d’Eucaryotes sans parenté directe. La plupart de celles
qui appartiennent au clade des Rhizariens se distinguent sur
le plan morphologique de la plupart des autres amibes par
leurs pseudopodes filiformes.
Les Rhizariens comprennent trois groupes, soit les Radiolaires, les Foraminifères et les Cercozoaires.
Les radiolaires
Les Protistes que nous appelons Radiolaires présentent un
squelette délicat et complexe, généralement constitué de silice.
Les pseudopodes de ces Protistes, marins pour la plupart, sont
disposés en rayons autour de leur corps central (figure 28.18)
et sont renforcés par des faisceaux de microtubules. Les microtubules sont recouverts d’une mince couche de cytoplasme
entourant les microorganismes plus petits qui s’attachent
aux pseudopodes. Les mouvements cytoplasmiques font
ensuite passer la proie capturée dans la partie principale de la
cellule. Lorsque les Radiolaires meurent, leurs squelettes siliceux s’accumulent au fond de la mer et y forment une boue
dont l’épaisseur peut atteindre plusieurs centaines de mètres
par endroits.
Les Foraminifères
Les Foraminifères (du latin foramen, « petit trou », et ferre,
« porter ») doivent leur nom à leur coque poreuse, ou test
est constituée de chitine, un autre polysaccharide. La systématique moléculaire a confirmé que les Oomycètes ne sont pas
étroitement apparentés aux Eumycètes. Leur similarité apparente est un exemple d’évolution convergente (voir le chapitre 25). Tant chez les Oomycètes que chez les Eumycètes, le
rapport élevé entre la surface et le volume des structures filamenteuses favorise l’absorption des nutriments provenant de
l’environnement.
Même si leurs ancêtres possédaient des plastes, les Oomycètes en sont aujourd’hui dépourvus et sont incapables de
photosynthèse. Ils obtiennent plutôt leurs nutriments en
décomposant ou en parasitant d’autres organismes. La plupart des Saprolégniales sont des décomposeurs qui croissent
en masses duveteuses sur les algues et les animaux morts,
principalement en eau douce (voir la figure 28.17). Les Rouilles
blanches et les agents du mildiou, quant à eux, sont habituellement des parasites de diverses plantes terrestres.
L’impact écologique des Oomycètes peut être important.
Ainsi, Phytophthora infestans cause le mildiou de la pomme de
terre, qui provoque le pourrissement du pied et de la tige des
plants. Au 19
e
siècle, cette maladie a causé en Irlande une
désastreuse famine à la suite de laquelle un million de personnes sont mortes et au moins autant ont été forcées de
quitter le pays. La maladie demeure aujourd’hui un problème
sérieux, car elle entraîne des pertes qui représentent en général
15 % des récoltes en Amérique du Nord et 70 % des récoltes
dans certaines parties de la Russie où les cultivateurs n’ont
pas les moyens d’acheter des pesticides.
Pour mieux comprendre cet agent pathogène, les biologistes
moléculaires ont isolé l’ADN d’un spécimen de P. infestans
conservé depuis l’épidémie des années 1840 en Irlande. Des
études génétiques montrent que, au cours des dernières décennies, l’Oomycète a acquis des gènes qui le rendent plus agressif
et plus résistant aux pesticides. Les scientifiques examinent le
génome de Phytophthora et celui des pommes de terre en vue de
trouver de nouvelles armes contre cette maladie. Déjà, des chercheurs ont produit des pommes de terre résistantes au mildiou
en effectuant un transfert de gènes provenant d’une souche de
pommes de terre sauvages que cette maladie n’atteint pas.
retour sur le ConCept 28.3
1. Résumez les arguments qui renforcent ou qui
infirment l’hypothèse selon laquelle les espèces
actuellement classées comme des Chromalvéolés
proviennent du même clade.
2.
et si ?
Selon vous, l’ADN des plastes des
Dinophytes photosynthétiques, des Diatomées et
des Algues brunes ressemble-t-il davantage à l’ADN
nucléaire des Végétaux (domaine des Eucaryotes)
ou à l’ADN chromosomique des Cyanobactéries
(domaine des Bactéries) ? Expliquez votre réponse.
3. Faites des liens Parmi les trois cycles présentés
à la figure 13.6 (p. 286), quel cycle de développement présente une alternance de générations ?
Qu’est-ce qui le distingue des deux autres ?
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept
28.4
Les rhizariens forment un groupe
diversifié de protistes qui se définissent
par leurs ressemblances génétiques
Radiolaires
Foraminifères
Rhizariens
Cercozoaires
Excavobiontes
Chromalvéolés
Archéplastides
Unichontes
Le clade des Rhizariens a été établi récemment d’après les
résultats de la systématique moléculaire. Bien que les organismes qui en font partie présentent de nombreuses différences
sur le plan morphologique, les données génétiques permettent
de croire que les Rhizariens forment un groupe monophylétique. Selon de récentes études en phylogenèse, les Rhizariens
devraient être intégrés au groupe des Chromalvéolés, comme
nous le signalons dans la figure 28.3.
De nombreuses espèces du clade des Rhizariens font partie
des organismes appelés amibes. On définissait auparavant les
amibes comme des Protistes qui se déplacent et se nourrissent
au moyen de pseudopodes, c’est-à-dire de prolongements
qui peuvent surgir de n’importe quel point de la surface cellulaire. L’amibe se déplace en étirant un pseudopode et en
ancrant l’extrémité, ce qui crée un mouvement du cytoplasme
vers celui-ci. Toutefois, grâce à la systématique moléculaire, il
est clair désormais que les amibes ne constituent pas un groupe
monophylétique ; elles sont plutôt réparties dans de nombreux
taxons d’Eucaryotes sans parenté directe. La plupart de celles
qui appartiennent au clade des Rhizariens se distinguent sur
le plan morphologique de la plupart des autres amibes par
leurs pseudopodes filiformes.
Les Rhizariens comprennent trois groupes, soit les Radiolaires, les Foraminifères et les Cercozoaires.
Les radiolaires
Les Protistes que nous appelons Radiolaires présentent un
squelette délicat et complexe, généralement constitué de silice.
Les pseudopodes de ces Protistes, marins pour la plupart, sont
disposés en rayons autour de leur corps central (figure 28.18)
et sont renforcés par des faisceaux de microtubules. Les microtubules sont recouverts d’une mince couche de cytoplasme
entourant les microorganismes plus petits qui s’attachent
aux pseudopodes. Les mouvements cytoplasmiques font
ensuite passer la proie capturée dans la partie principale de la
cellule. Lorsque les Radiolaires meurent, leurs squelettes siliceux s’accumulent au fond de la mer et y forment une boue
dont l’épaisseur peut atteindre plusieurs centaines de mètres
par endroits.
Les Foraminifères
Les Foraminifères (du latin foramen, « petit trou », et ferre,
« porter ») doivent leur nom à leur coque poreuse, ou test
