656 cinquième partie La diversité biologique à travers l’évolution
.  Figure 27.17
panorama Les principaux groupes de Bactéries
Les protéobactéries
Ce clade vaste et diversifié de Bactéries à Gram négatif comprend des photoautotrophes, des chimioautotrophes et des hétérotrophes. Certaines Protéobactéries
sont anaérobies et d’autres, aérobies. Les spécialistes de la systématique moléculaire
distinguent cinq sous­groupes de Protéobactéries ; l’arbre phylogénétique ci­contre
montre leurs liens de parenté, selon ce qu’en révèlent les données moléculaires.
Alpha
Bêta
Gamma
Protéobactéries
Delta
Epsilon
Sous-groupe : les protéobactéries alpha (a)
De nombreuses espèces de Protéobactéries a sont étroitement associées à des
hôtes eucaryotes. Ainsi, les espèces du genre Rhizobium vivent dans des nodosités,
à l’intérieur des racines des Légumineuses (famille du haricot, du trèfle, de la
luzerne, etc.). Elles y convertissent le N 2 atmosphérique en composés que la plante
hôte peut utiliser pour synthétiser des protéines. Les espèces du genre Agrobacterium
sont des agents pathogènes qui provoquent la formation de tumeurs chez les Végétaux. En génie génétique, on utilise ces bactéries pour incorporer un ADN étranger
dans le génome de plantes cultivées (voir la figure 20.26, p. 487). Des scientifiques
pensent que les mitochondries se sont développées par endosymbiose à partir de
Protéobactéries a aérobies (voir le chapitre 25).
2,5
Rm
(4 400
w)
Rhizobium. Les flèches
montrent la bactérie sise
à l’intérieur des cellules
de la racine d’une
Légumineuse (MET).
Sous-groupe : les protéobactéries bêta (b)
Diversifié sur le plan nutritionnel, le groupe des Protéobactéries ß comprend Nitrosomonas, une bactérie qui vit dans le sol et joue un rôle important dans le recyclage
de l’azote dans les écosystèmes. En effet, Nitrosomonas oxyde l’ammonium (NH 4
1
)
ou l’ammoniac (NH 3 ) et libère du nitrite (NO 2
– ) comme sous­produit.
Nitrosomonas
(MET, cliché coloré
artificiellement).
1
Rm
(1 200
w)
Sous-groupe : les protéobactéries gamma (g)
C’est le groupe de Protéobactéries le plus vaste et le plus diversifié. Parmi les membres
autotrophes, on trouve des bactéries sulfureuses comme Thiomargarita namibiensis
(voir la page 645). Cette bactérie obtient de l’énergie en oxydant la molécule de
H 2 S, ce qui produit des résidus de soufre (les petits globules apparaissant dans la
micrographie ci­contre). Les Protéobactéries hétérotrophes g comptent quelques
agents pathogènes, notamment Legionella, ainsi baptisée parce qu’elle cause la
maladie du légionnaire, de même que Salmonella, parfois à l’origine d’intoxications
alimentaires, et Vibrio cholerae, qui cause le choléra. Escherichia coli, un résident de
l’intestin des humains et d’autres Mammifères, n’est généralement pas pathogène.
Thiomargarita namibiensis
contient des résidus de
soufre (MP).
200
Rm
(30 000
w)
Sous-groupe : les protéobactéries delta (d)
Parmi les Protéobactéries d se trouve le groupe des Myxobactéries, qui sécrètent un
substrat gluant. Quand le sol s’assèche ou que la nourriture se fait rare, les cellules
s’agglutinent et forment une « fructification » bulbeuse qui libère des « myxospores »
résistantes. Ces bactéries fondent de nouvelles colonies dans des milieux favorables.
Les Protéobactéries d incluent également le groupe des Bdellovibrionacées, qui
sont des prédateurs d’autres bactéries. Bdellovibrio poursuit sa proie à la vitesse de
100 μm/s (ce qui équivaut à 240 km/h pour un humain). L’attaque débute lorsqu’une
Bdellovibrio s’attache à des molécules spécifiques sur la paroi externe d’autres espèces
bactériennes. Le prédateur se transforme ensuite en perceuse, perforant sa proie
à la vitesse de 100 t/s (tours/seconde).
Fructifications de la
Myxobactérie
Chondromyces crocatus
(MEB).
300
Rm
(2 700
w)
Sous-groupe : les protéobactéries epsilon (e)
La plupart des espèces de ce sous­groupe sont pathogènes pour les humains et
d’autres Animaux. Les Protéobactéries e comprennent notamment Campylobacter
jejuni, qui cause la septicémie et des troubles inflammatoires de la paroi intestinale,
et Helicobacter pylori, qui provoque des ulcères gastriques et duodénaux (dont
la cause principale était, il n’y a pas si longtemps, attribuée au stress).
Helicobacter pylori
(MET, cliché coloré
artificiellement).
2
Rm
(2 500
w)
Précédent

- 696/1611

Suivant