604 quatrième partie Les mécanismes de l’évolution
d’années les taux d’extinction tendent à augmenter lorsque
les températures planétaires sont élevées (figure 25.17). Dans
l’ensemble, les archives fossiles et la situation actuelle indiquent que si nous ne prenons pas des mesures énergiques
pour corriger la situation, une sixième extinction, celle-là
d’origine humaine, risque de se produire d’ici quelques
siècles ou quelques millénaires.
Les conséquences des extinctions massives
Les extinctions massives sont lourdes de conséquences à
long terme. Frappée par la disparition d’un grand nombre
d’espèces, une communauté écologique auparavant complexe et prospère n’est plus que l’ombre d’elle-même. Une
fois disparue, la lignée évolutive ne peut pas réapparaître ;
le cours de l’évolution est changé à jamais. Pensez à ce qui
serait arrivé si les premiers primates, qui vivaient il y a
66 millions d’années, avaient disparu lors de l’extinction
massive du Crétacé. Les êtres humains n’existeraient pas, et
la vie sur Terre serait complètement différente de ce qu’elle
est aujourd’hui.
Les archives fossiles nous disent que, après une extinction
massive, il faut généralement de 5 à 10 millions d’années
pour que la diversité de la vie retrouve son état antérieur.
Dans certains cas, la récupération s’étend sur une période
beaucoup plus longue : ainsi, il a fallu 100 millions d’années
pour que le nombre de familles d’organismes marins revienne
à son niveau d’avant l’extinction massive du Permien (voir la
figure 25.15). Ces données donnent à réfléchir. Si les tendances actuelles se maintiennent et qu’une sixième extinction massive se produit, la vie sur Terre mettra des millions
d’années à récupérer.
Les extinctions massives peuvent également bouleverser
des niches écologiques en changeant le type d’organismes
qui s’y trouvent. Ainsi, après les extinctions massives du Permien et du Crétacé, le pourcentage des organismes marins
prédateurs a considérablement augmenté (figure 25.18). Une
augmentation du nombre d’espèces prédatrices accroît les
pressions qui s’exercent sur les proies, de même que la
concurrence entre les prédateurs. Les extinctions massives
peuvent aussi écourter des lignées porteuses de caractères très
avantageux. Ainsi, à la fin du Trias est apparu un groupe
de gastéropodes (escargots et espèces apparentées) capables
de percer les coquillages des mollusques bivalves (comme les
palourdes) pour se nourrir des hôtes qu’ils abritent. Or,
même si le percement des coquillages lui assurait une source
nouvelle et abondante de nourriture, ce groupe nouvellement formé a été rayé de la carte lors de l’extinction massive
de la fin du Trias (il y a de cela environ 200 millions d’années). Il a fallu 120 millions d’années pour qu’apparaisse un
autre groupe de gastéropodes capables de percer des coquillages (l’Urosalpinx cinerea ou « perceur d’huîtres »). Comme
leurs prédécesseurs l’auraient fait s’ils n’étaient pas apparus
au mauvais moment, les perceurs d’huîtres se sont diversifiés
et ont engendré de nombreuses espèces. Enfin, en éliminant
3
2
1
0
–1
–2
–3
–2
–1
0
1
2
3
4
Température relative
Extinctions massives
Plus froid
Plus chaud
Taux d’extinction relatif d’espèces d’animaux marins
m Figure 25.17 Archives fossiles, extinctions et température.
Le taux d’extinction des espèces coïncide avec l’augmentation de la
température planétaire. Les scientifiques estiment cette dernière à l’aide
de ratios d’isotopes de dioxygène et la convertissent en un indice où
0 correspond à la température planétaire moyenne.
488
E
O
S
D
C
P
Tr
J
C
Mésozoïque
Paléozoïque
Cénozoïque
P
N
542
Genres prédateurs
(pourcentage des genres marins)
0
10
20
30
40
50
444 416
359
Le pourcentage de genres
marins prédateurs est resté
autour de 15 % durant
200 millions d’années.
Temps (millions d’années écoulées)
299
251
200
145
65,5
0
Période
Ère
Q
Après l’extinction massive du Permien, le
pourcentage de prédateurs a grimpé en flèche
puis s’est stabilisé à près de 22 % pendant
150 millions d’années – c’est-à-dire jusqu’à
ce qu’ils soient de nouveau perturbés
par l’extinction massive du Crétacé.
Figure 25.18 Les extinctions massives et
l’écologie. Les extinctions massives du Permien
et du Crétacé (indiquées par les flèches rouges)
ont modifié l’écologie des océans en augmentant
le pourcentage de genres marins prédateurs.
d’années les taux d’extinction tendent à augmenter lorsque
les températures planétaires sont élevées (figure 25.17). Dans
l’ensemble, les archives fossiles et la situation actuelle indiquent que si nous ne prenons pas des mesures énergiques
pour corriger la situation, une sixième extinction, celle-là
d’origine humaine, risque de se produire d’ici quelques
siècles ou quelques millénaires.
Les conséquences des extinctions massives
Les extinctions massives sont lourdes de conséquences à
long terme. Frappée par la disparition d’un grand nombre
d’espèces, une communauté écologique auparavant complexe et prospère n’est plus que l’ombre d’elle-même. Une
fois disparue, la lignée évolutive ne peut pas réapparaître ;
le cours de l’évolution est changé à jamais. Pensez à ce qui
serait arrivé si les premiers primates, qui vivaient il y a
66 millions d’années, avaient disparu lors de l’extinction
massive du Crétacé. Les êtres humains n’existeraient pas, et
la vie sur Terre serait complètement différente de ce qu’elle
est aujourd’hui.
Les archives fossiles nous disent que, après une extinction
massive, il faut généralement de 5 à 10 millions d’années
pour que la diversité de la vie retrouve son état antérieur.
Dans certains cas, la récupération s’étend sur une période
beaucoup plus longue : ainsi, il a fallu 100 millions d’années
pour que le nombre de familles d’organismes marins revienne
à son niveau d’avant l’extinction massive du Permien (voir la
figure 25.15). Ces données donnent à réfléchir. Si les tendances actuelles se maintiennent et qu’une sixième extinction massive se produit, la vie sur Terre mettra des millions
d’années à récupérer.
Les extinctions massives peuvent également bouleverser
des niches écologiques en changeant le type d’organismes
qui s’y trouvent. Ainsi, après les extinctions massives du Permien et du Crétacé, le pourcentage des organismes marins
prédateurs a considérablement augmenté (figure 25.18). Une
augmentation du nombre d’espèces prédatrices accroît les
pressions qui s’exercent sur les proies, de même que la
concurrence entre les prédateurs. Les extinctions massives
peuvent aussi écourter des lignées porteuses de caractères très
avantageux. Ainsi, à la fin du Trias est apparu un groupe
de gastéropodes (escargots et espèces apparentées) capables
de percer les coquillages des mollusques bivalves (comme les
palourdes) pour se nourrir des hôtes qu’ils abritent. Or,
même si le percement des coquillages lui assurait une source
nouvelle et abondante de nourriture, ce groupe nouvellement formé a été rayé de la carte lors de l’extinction massive
de la fin du Trias (il y a de cela environ 200 millions d’années). Il a fallu 120 millions d’années pour qu’apparaisse un
autre groupe de gastéropodes capables de percer des coquillages (l’Urosalpinx cinerea ou « perceur d’huîtres »). Comme
leurs prédécesseurs l’auraient fait s’ils n’étaient pas apparus
au mauvais moment, les perceurs d’huîtres se sont diversifiés
et ont engendré de nombreuses espèces. Enfin, en éliminant
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Température relative
Extinctions massives
Plus froid
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Taux d’extinction relatif d’espèces d’animaux marins
m Figure 25.17 Archives fossiles, extinctions et température.
Le taux d’extinction des espèces coïncide avec l’augmentation de la
température planétaire. Les scientifiques estiment cette dernière à l’aide
de ratios d’isotopes de dioxygène et la convertissent en un indice où
0 correspond à la température planétaire moyenne.
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Mésozoïque
Paléozoïque
Cénozoïque
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Genres prédateurs
(pourcentage des genres marins)
0
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Le pourcentage de genres
marins prédateurs est resté
autour de 15 % durant
200 millions d’années.
Temps (millions d’années écoulées)
299
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Période
Ère
Q
Après l’extinction massive du Permien, le
pourcentage de prédateurs a grimpé en flèche
puis s’est stabilisé à près de 22 % pendant
150 millions d’années – c’est-à-dire jusqu’à
ce qu’ils soient de nouveau perturbés
par l’extinction massive du Crétacé.
Figure 25.18 Les extinctions massives et
l’écologie. Les extinctions massives du Permien
et du Crétacé (indiquées par les flèches rouges)
ont modifié l’écologie des océans en augmentant
le pourcentage de genres marins prédateurs.
