chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
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les  résultats  auxquels  des  expériences  ou  des  observations 
devraient  aboutir  si  l’hypothèse  émise  (soit  la  prémisse)  est 
vraie.  On  vérifie  ensuite  celle-ci  en  menant  une  expérience 
pour  voir  si  oui  ou  non  on  obtient  les  résultats  attendus. 
Cette vérification déductive fait appel à la formulation logique 
tion serait la suivante : si l’hypothèse des piles à plat est correcte  et  que  l’on  remplace  les  vieilles  piles  par  de  nouvelles 
piles, alors la lampe de poche devrait fonctionner.
L’exemple de la lampe de poche illustre un élément clé du 
recours aux hypothèses en science : les observations initiales 
peuvent  donner  lieu  à  plusieurs  hypothèses.  L’idéal  est  de 
concevoir des expériences permettant de tester toutes les tentatives  d’explication.  En  plus  des  deux  explications  vérifiées 
dans  la  figure  1.24,  une  des  nombreuses  autres  hypothèses 
possibles est que les piles et l’ampoule ne marchent plus. Que 
prédit cette hypothèse au sujet du résultat des expériences de 
la  figure  1.24 ?  Quelle  autre  expérience  pourriez-vous  concevoir pour vérifier l’hypothèse de la cause multiple ?
Examinons  encore  l’exemple  de  la  lampe  de  poche  pour 
apprendre un autre élément important au sujet de la dé  marche 
dans la recherche scientifique. Même si l’hypothèse de l’ampoule  grillée  est  l’explication  la  plus  plausible,  remarquez 
que l’étape de la vérification appuie l’hypothèse non pas en 
prouvant  qu’elle  est  correcte,  mais  en  ne  l’éliminant  pas  par 
réfutation.  En  d’autres  termes,  même  si  les  résultats  d’une 
expérience semblent confirmer une hypothèse (dans ce cas-ci, 
celle  de  l’ampoule  grillée),  cette  hypothèse  n’est  pas  pour 
autant prouvée hors de tout doute. L’ampoule était peut-être 
mal vissée, et on aura simplement inséré la nouvelle ampoule 
correctement.  On  pourrait  essayer  de  réfuter  l’hypothèse  de 
l’ampoule grillée en tentant une autre expérience, qui consisterait à retirer l’ampoule pour la remettre correctement. Si la 
lampe de poche refusait toujours de fonctionner, l’hypothèse 
de l’ampoule grillée serait non réfutée. Cependant, aucune 
expérience  ne  peut  prouver  une  hypothèse  au-delà  de  tout 
doute,  car  il  est  impossible  de  vérifier  toutes  les  hypothèses 
possibles. Une hypothèse devient cré  dible parce qu’elle résiste 
aux  différentes  tenta  tives  de  réfutation  et  que  les  expériences 
éliminent (réfutent) les autres hypothèses.
Les questions pour lesquelles
la science n’offre pas de réponse
La recherche scientifique est un moyen éprouvé de faire des 
découvertes  sur  la  nature,  mais  elle  ne  peut  répondre  à  tous 
les types de question. L’exemple de la lampe de poche illustre 
deux  qualités  importantes  des  hypothèses  scientifiques.  Premièrement, une hypothèse doit être vérifiable, c’est-à-dire qu’on 
doit pouvoir démontrer sa validité. Deuxièmement, une hypothèse  doit  être  réfutable, c’est-à-dire  qu’il  doit  exister  une 
observation  ou  une  expérience  qui  permettrait de  démontrer 
l’inverse si l’hypothèse n’était pas vraie. Par exemple, l’hypothèse voulant que les piles à plat soient la seule cause du nonfonctionnement de la lampe de poche pourrait être réfutée par 
le  remplacement des vieilles piles par  de nouvelles piles, pour 
constater que la lampe de poche ne fonctionne toujours pas. 
Les hypothèses ne répondent pas toutes aux critères qu’impose  la  science.  Aucun  test  ne  vous  permettrait  de  réfuter 
l’hypothèse  voulant  que  des  fantômes  aient  trafiqué  votre 
lampe de poche. La science exige des explications naturelles 
à  des  phénomènes  naturels ;  elle  ne  peut  donc  valider  ni 
réfuter des hypothèses voulant que des anges, des fantômes 
ou des esprits – bienveillants ou maléfiques – puissent causer  des tempêtes, des arcs-en-ciel, des maladies ou des guérisons. De telles explications surnaturelles dépassent les limites 
de la science, tout comme les questions religieuses, qui relèvent de la foi personnelle. 
La flexibilité de la méthode scientifique
Dans  l’exemple  de  la  lampe  de  poche  de  la  figure  1.24,  les 
étapes sont celles d’un processus de recherche idéalisé qu’on 
appelle  démarche scientifique.  Ces  étapes  sous-tendent  la  plupart  des  articles  de  recherche  publiés  par  des  scientifiques, 
mais  rarement  de  manière  aussi  structurée.  Seul  un  petit 
nombre d’entre eux appliquent la démarche scientifique à la 
lettre. Par exemple, un scientifique peut commencer à concevoir une expérience et ensuite faire un retour en arrière parce 
qu’il se rend compte qu’il lui manque des observations. Dans 
d’autres  cas,  l’équipe  de  chercheurs  dispose  d’observations 
intrigantes  qui  ne  permettront  de  formuler  des  questions 
bien définies que dans le contexte nouveau d’un autre projet 
de recherche. Par exemple, Darwin a recueilli des spécimens 
lèrent, pendant lesquelles l’idée de la sélection naturelle prenait forme, avant que les biologistes ne commencent à poser 
des questions clés sur l’histoire de ces oiseaux.
De  plus,  les  scientifiques  doivent  parfois  réorienter  leur 
recherche  lorsqu’ils  se  rendent  compte  qu’ils  font  fausse 
route. Par exemple, au début du 20
e
 siècle, plusieurs travaux 
de recherche sur la schizophrénie et le trouble bipolaire (alors 
appelé psychose maniacodépressive) ont piétiné parce que les 
scientifiques essayaient de répondre à une question au départ 
erronée,  à  savoir  comment  les  expériences  de  vie  causaient 
ces  graves  maladies  mentales.  La  recherche  sur  les  causes  et 
les traitements de ces maladies a commencé à porter ses fruits 
lorsque  les  chercheurs  se  sont  demandé  comment  certains 
déséquilibres  chimiques  du  cerveau  entraînaient  la  maladie 
mentale. Évidemment, ces piétinements de la recherche ressortent davantage avec le recul du temps.
Il est important que vous constatiez par vous-même l’efficacité  de  la  démarche  scientifique,  en  l’appliquant  dans  les 
expériences  de  laboratoire  de  votre  cours  de  biologie,  par 
exemple. Mais il est tout aussi important de ne pas considérer 
la science comme indissociable de la démarche scientifique.
Une étude de cas dans la recherche
scientifique : le mimétisme chez les serpents
Maintenant  que  nous  avons  dégagé  les  principaux  éléments 
de  la  démarche  scientifique  –  observations,  formulation  et 
vérification d’hypothèses –, de l’approche descriptive et de 
l’approche par hypothèses, vous devriez être capable de les 
reconnaître dans une étude de cas réelle.
Pour commencer, considérons un ensemble d’observations 
et  de  généralisations  inductives.  Un  grand  nombre  d’animaux venimeux sont de couleur vive, et plusieurs d’entre eux 
portent  aussi  des  motifs  distinctifs  très  vifs.  Cette  apparence 
voyante est appelée coloration d’avertissement parce qu’on croit 
qu’elle  prévient  les  prédateurs  potentiels  de  leur  dangerosité. 
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