chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
19
ConCept 
1.3
Les scientifiques étudient la nature
en faisant des observations,
à partir desquelles ils formulent
et testent des hypothèses
Le mot science vient du verbe latin scire, qui signifie « savoir ». 
La  science  est  une  façon  de  connaître  le  monde  naturel  et 
une méthode pour le comprendre. Elle naît de notre curiosité 
à l’égard de nous-mêmes, de la vie qui nous entoure, de notre 
planète et de tous les phénomènes de l’univers. Il semble que 
le besoin de comprendre soit inhérent à l’humain.
Au  cœur  de  la  science  se  trouve  la  recherche. Souvent 
axée sur des questions précises, la recherche vise l’acquisition 
de  nouvelles  connaissances.  C’est  la  soif  de  connaître  qui  a 
poussé  Darwin  à  aller  dans  la  nature  pour  chercher  à  savoir 
comment  les  espèces  s’adaptaient  à  leur  environnement.  Et 
c’est également la soif de connaître qui incite les scientifiques 
d’aujourd’hui  à  analyser  le  génome  humain  pour  mieux 
comprendre  l’unité  et  la  diversité  qui  existent  au  niveau 
moléculaire. En fait, la curiosité est le moteur de tous les progrès en biologie.
Il n’existe aucune recette pour faire de la recherche scientifique,  aucune  méthode  unique,  aucune  règle  que  les  chercheurs suivent à la lettre. Comme dans toute quête, la science 
est  un  mélange  de  défi,  d’aventure  et  de  chance,  enrichi  de 
divers ingrédients : planification soignée, raisonnement, créativité,  coopération,  concurrence,  patience  et  persévérance 
malgré les insuccès. Ce mélange plutôt hétérogène fait que la 
science est beaucoup moins structurée qu’on ne le croit généralement et que certaines découvertes sont le fruit d’heureux 
concours  de  circonstances.  Cela  dit,  certains  éléments  permettent  de  distinguer  la  science  des  autres  disciplines  qui 
s’attachent elles aussi à décrire la nature.
Pour arriver à comprendre les mécanismes de phénomènes 
naturels,  les  scientifiques  ont  recours  à  une  méthode  de 
recherche  qui  consiste  à  faire  des  observations,  à  formuler 
des hypothèses logiques et à les vérifier. La démarche est forcément  répétitive :  la  mise  à  l’épreuve  d’une  hypothèse  suscite d’autres observations qui peuvent, à leur tour, entraîner 
la formulation d’une nouvelle hypothèse ou la modification 
de  la  première,  qui  sera  suivie  de  nouveaux  tests.  De  cette 
façon, les scientifiques cernent de plus en plus étroitement les 
lois de la nature. 
Les observations
tures et des processus naturels le plus minutieusement possible au moyen d’une observation attentive et d’une analyse 
rigoureuse  des  données.  Les  observations  s’avèrent  souvent 
précieuses pour ce qu’elles sont. Par exemple, une série d’observations détaillées ont façonné notre compréhension de la 
structure de la cellule. C’est également un ensemble d’observations qui nous permettent d’enrichir les bases de données 
sur le génome de diverses espèces.
Les types de données
L’observation  consiste  à  utiliser  ses  sens  pour  recueillir  des 
données,  soit  directement,  soit  indirectement  au  moyen 
d’instruments qui, comme le microscope, prolongent la portée 
des sens. Les observations consignées sont appelées données. 
Autrement  dit,  les  données  sont  les  éléments  d’information 
sur lesquels s’appuie la recherche scientifique.
Beaucoup  de  gens  s’imaginent  que  les  données  se  présentent  sous  forme  numérique.  Pourtant,  les  données  ne  sont 
pas nécessairement quantitatives ; elles peuvent aussi être qualitatives, c’est-à-dire consister en une description plutôt qu’en 
une  mesure  chiffrée.  Par  exemple,  Jane  Goodall  a  passé  des 
décennies  à  noter  ses  observations  sur  le  comportement  des 
chimpanzés lors de ses recherches sur le terrain dans la   jungle 
tanzanienne  (figure  1.23).  Elle  enrichissait  également  ses 
observations de dessins, de photos et de films. En plus d’avoir 
accumulé ces données qualitatives, Goodall a amassé une très 
grande  quantité  de  données  quantitatives,  qu’elle  consignait 
généralement  sous  forme  de  mesures.  Feuilletez  n’importe 
quelle revue scientifique à la bibliothèque de votre collège, et 
vous y trouverez nombre de tableaux ou de graphiques remplis 
de données quantitatives.
Le raisonnement inductif
La  collecte  et  l’analyse  de  données  peuvent  déboucher  sur 
des conclusions importantes fondées sur une forme de logique 
appelée induction, ou raisonnement inductif. Par induction,  on  peut  faire  des  généralisations  basées  sur  un  grand 
nombre  d’observations  spécifiques.  C’est  ainsi  qu’on  peut 
m  Figure 1.23  Jane Goodall recueillant des données sur le
comportement des chimpanzés (Pan troglodytes). Goodall consignait
ses observations dans des cahiers réservés à son travail sur le terrain.
Elle y esquissait également des dessins représentant le comportement
de ces animaux.
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