542 QUatriÈMe partie Les mécanismes de l’évolution
qui en résultaient étaient habituellement confinées à certaines régions,
de sorte qu’une région dévastée finissait par être repeuplée par des espèces
venues d’ailleurs. On a vérifié ces affirmations en les confrontant aux
archives fossiles et démontré la fausseté de la croyance selon laquelle
les espèces n’évoluaient pas. Quant à Lamarck, son principe d’usage et
de non-usage permet de formuler des prédictions vérifiables (hypothèses)
sur les fossiles de certains groupes comme les ancêtres des baleines
et sur les changements évolutifs qui leur ont permis de s’adapter à de
nouveaux habitats. Le principe d’usage et de non-usage de Lamarck et
le principe connexe de l’héritabilité des caractères acquis peuvent aussi
être vérifiés cette fois chez des organismes vivants (ces deux principes
se sont révélés faux).
retour sur le concept 22.2
1. Les organismes présentent des caractéristiques communes (unité du
vivant) parce qu’ils ont des ancêtres communs. La grande diversité
du vivant s’explique par le fait que de nouvelles espèces se sont formées
à répétition à mesure que les descendants s’adaptaient graduellement à
divers environnements et devenaient de plus en plus différents de leurs
ancêtres. 2. Les espèces de mammifères dont on trouve les fossiles
(ou leurs ancêtres) dans les Andes provenaient probablement d’Amérique
du Sud, et les ancêtres des mammifères qu’on trouve actuellement
dans les montagnes d’Afrique étaient probablement originaires d’autres
régions de l’Afrique. Les espèces dont les fossiles sont présents dans les
Andes auraient donc un ancêtre commun plus récent avec les mammifères
actuels d’Amérique du Sud qu’avec les mammifères d’Afrique. Par conséquent, pour plusieurs de ses caractères, l’espèce de mammifère dont on
a trouvé un fossile ressemblerait davantage aux mammifères peuplant les
jungles d’Amérique du Sud qu’aux mammifères vivant dans les montagnes
d’Afrique. Il est aussi possible, cependant, qu’elles ressemblent aussi aux
mammifères des montagnes d’Afrique avec qui elles n’ont qu’une lointaine parenté à cause du phénomène de l’évolution. 3. Tant que le phénotype blanc (encodé par le génotype pp) continue à être favorisé par la
sélection naturelle, la fréquence de l’allèle p dans la population augmentera probablement au fil du temps. En effet, si la population d’individus
blancs augmente par rapport à celle des individus mauves, la fréquence
de l’allèle p récessif augmentera aussi par rapport à celle de l’allèle P, qui
n’apparaît que chez les individus mauves (dont certains possèdent aussi
l’allèle p).
retour sur le concept 22.3
1. Un facteur environnemental comme un médicament ne crée pas de
nouveaux caractères, comme la pharmacorésistance ; il ne fait que favoriser la sélection naturelle de caractères de résistance déjà présents dans la
population. 2. (a) Malgré leurs fonctions différentes, les membres postérieurs des divers Mammifères sont structurellement similaires parce qu’il
s’agit toujours de modifications des membres de leur ancêtre commun.
(b) Il s’agit d’évolution convergente : les similarités entre le phalanger
du sucre et l’écureuil volant indiquent que des environnements similaires ont favorisé la sélection naturelle pour des adaptations similaires
malgré des ascendances différentes. 3. Les dinosaures sont apparus
à l’époque où il n’y avait sur Terre qu’un seul immense continent,
la Pangée. Comme de nombreux dinosaures étaient grands et mobiles,
il est probable que les premiers membres de ces groupes vivaient dans
diverses parties de la Pangée. Quand la Pangée s’est séparée, les fossiles
de ces organismes ont été emportés avec les rochers qui les contenaient.
On peut donc affirmer que les fossiles des premiers dinosaures ont une
vaste distribution géographique.
Questions du résumé des concepts clés
Concept 22.1 Darwin pensait que la descendance avec modification
était un processus graduel, qui se déroulait par étapes. L’âge de la Terre
lui importait, car si la Terre n’était vieille que de quelques milliers d’années
(comme on le croyait généralement à son époque), l’évolution comme il
l’envisageait n’aurait pas eu le temps de se produire. Concept 22.2 Les
espèces ont le potentiel de produire plus de descendants que ne peut en
accueillir le milieu. La surpopulation entraîne une lutte pour les ressources
limitées et une partie de la descendance est dévorée, meurt de faim ou de
maladie ou n’arrive pas à se reproduire pour diverses raisons. Les membres
d’une population présentent un éventail de variations héréditaires dont
certaines augmentent la probabilité que leurs porteurs aient une descendance plus nombreuse que celle des individus dépourvus de ces caractères
(parce que les porteurs peuvent plus facilement échapper à leurs prédateurs
ou tolèrent mieux les conditions physiques de leur environnement). À la
longue, cette sélection naturelle peut produire une proportion supérieure
de caractères favorables chez une population (évolution adaptative).
Concept 22.3 De nombreuses données soutiennent l’hypothèse selon
laquelle les Cétacés descendent de mammifères terrestres et sont étroitement reliés aux Artiodactyles. Par exemple, des fossiles indiquent que
les premiers Cétacés avaient des membres postérieurs, comme on pouvait
s’y attendre d’un organisme qui descend d’un mammifère terrestre ;
ces fossiles montrent aussi que les membres postérieurs des Cétacés ont
rapetissé avec le temps. D’autres fossiles montrent que les premiers Cétacés
avaient un type d’astragale (os de la cheville) qu’on ne trouve que chez
les Artiodactyles. On peut donc penser que ceux-ci représentent les
mammifères terrestres les plus étroitement reliés aux Cétacés, ce que
confirment des données de séquençage d’ADN.
évaluation
1. b ; 2. d ; 3. d ; 4. c ; 5. a ;
7. (a)
Mois
(b) L’augmentation rapide du pourcentage de moustiques résistants au
DDT était probablement causée par la sélection naturelle : les moustiques
résistants au DDT pouvaient survivre et se reproduire, et pas les autres.
(c) En Inde, où la résistance au DDT est apparue en premier, à la longue,
la sélection naturelle a fait augmenter le nombre d’insectes résistants.
Les moustiques résistants se sont ensuite propagés à d’autres pays
(transportés par le vent ou dans les avions, les trains et les bateaux),
où la fréquence de la résistance au DDT a également augmenté.
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