12 chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
accélère  sa  propre  production  (figure  1.13b).  La  coagulation 
de votre sang en réaction à une blessure illustre bien ce mécanisme.  Quand  un  vaisseau  sanguin  est  endommagé,  les  éléments  sanguins  appelés  plaquettes  commencent  à  s’agréger 
dans la zone de la lésion. La rétroactivation se produit quand les 
substances chimiques libérées par les plaquettes attirent encore 
plus  de  plaquettes.  Les  plaquettes  s’accumulent  puis  amorcent 
un processus complexe qui scelle la lésion avec un caillot.
La régulation par rétroaction se produit à tous les niveaux 
de l’organisation biologique, de la simple molécule jusqu’à la 
biosphère. Ce mécanisme de régulation est un exemple d’intégration qui montre encore qu’un système vivant constitue 
une entité plus grande que la somme de ses parties.
L’évolution est le thème dominant
de la biologie
Après  ce  survol  de  tous  les  autres  thèmes  examinés  dans  ce 
manuel, tournons-nous maintenant vers l’évolution, le thème 
central  de  la  biologie.  L’évolution  est  la  notion  qui  donne 
un sens à tout ce que nous savons sur les organismes. La vie 
sur  Terre  évolue  depuis  des  milliards  d’années  et  a  donné 
lieu  à  une  vaste  diversité  d’organismes  disparus  ou  encore 
vivants.  Or,  cette  diversité  présente  quand  même  de  nombreuses  caractéristiques  communes.  Par  exemple,   
malgré 
leurs  différences  visibles,  l’hippocampe,  le  lièvre,  le  colibri, 
le crocodile et les girafes de la figure 1.3 présentent un squelette  fondamentalement  semblable.  L’explication  scientifique de cette unité et de cette diversité – et de l’adapta  bilité 
de  chaque  organisme  à  son  environnement  –  est  l’évolution,  selon  laquelle  tous  les  organismes  vivant  sur  la  Terre 
aujourd’hui  sont  les  descendants  modifiés  d’ancêtres  communs.  Autrement  dit,  nous  pouvons  expliquer  que  deux 
organismes partagent   certains caractères par le fait qu’ils descendent  d’un  ancêtre  commun,  et  nous  pouvons  expliquer 
ce qui les distingue par le fait que des transformations héréditaires se sont produites en cours de route. De nombreuses 
données  permettent  de  documenter  le  principe  de  l’évolution  et  la  théorie  qui  décrit  comment  elle  s’est  déroulée. 
Nous consacrons la prochaine partie au concept fondamental 
de l’évolution. 
retour  sur  le  ConCept  1.1
1.  Pour chaque niveau biologique de la figure 1.4, 
  rédigez une phrase qui comporte le niveau « inférieur » 
immédiat. Exemple : « Une communauté biologique 
comprend des populations de diverses espèces vivant 
dans une même région. » 
2.  Quels thèmes les exemples suivants illustrent-ils : 
(a) les piquants acérés du porc-épic, (b) le clonage 
d’une plante à partir d’une cellule et (c) un colibri 
qui « carbure » au glucose pour voler ? 
3.  et  sI ?   Pour chacun des thèmes présentés 
dans cette partie, trouvez un exemple qui n’a pas 
été mentionné dans ces pages.
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept 
1.2
Le thème central, l’évolution,
donne un sens à l’unité et à la diversité
de la vie
évolutIon   La  liste  de  thèmes  présentés  dans  les  pages 
précédentes  n’est  pas  absolue,  et  certaines  personnes  la 
dant un consensus parmi les biologistes sur le fait que l’évolution  constitue  le  thème  central  de  la  biologie.  Comme  le 
dit l’un des fondateurs de la théorie moderne de l’évolution, 
Theodosius Dobzhansky : « Rien en biologie n’a de sens, si ce 
n’est à la lumière de l’évolution. » 
En  plus  de  couvrir  une  succession  de  niveaux  d’organisation  biologique  allant  des  molécules  jusqu’à  la  biosphère, 
la  biologie  étend  ses  champs  d’étude  à  la  grande  diversité 
  d’espèces  vivant  ou  ayant  vécu  sur  la  Terre.  Nous  devons, 
pour comprendre l’énoncé de Dobzhansky, examiner la façon 
dont les biologistes conçoivent cette diversité. 
classifier la diversité de la vie
La  diversité  est  la  caractéristique  essentielle  du  vivant. 
Jusqu’à  pré  sent,  les  biologistes  ont  répertorié  environ 
1 800 000 es  pèces. À ce jour, cette diversité se manifeste par 
la présence d’au moins 100 000 Eumycètes, 290 000 Végétaux, 
52 000 Vertébrés (les animaux possédant une colonne vertébrale)  et  plus  de  1  000  000  d’Insectes  (plus  de  la  moitié  de 
toutes  les  formes  de  vie  connues),  sans  compter  la  myriade 
de  types  d’organismes  unicellulaires.  Chaque  année,  la  liste 
s’enrichit de milliers d’espèces. On estime que le nombre total 
d’espèces  se  situerait  quelque  part  entre  10  millions  et  plus 
leuse diversité du monde vivant fait de la biologie une discipline  très  vaste.  Les  biologistes  qui  tentent  de  comprendre 
cette variété ont tout un défi à relever. 
La classification des espèces :
un principe fondamental
Les  humains  ont  tendance  à  classifier,  c’est-à-dire  à  former 
des  catégories  d’éléments  selon  leurs  ressemblances  et  la 
relation qui les lie. Par exemple, nous parlons d’écureuils et 
de papillons tout en reconnaissant que chacun de ces groupes 
inclut  différentes  espèces.  Nous  formons  même  des  catégories  plus  vastes,  comme  les  Rongeurs  (qui  comprennent  les 
écureuils)  et  les  Insectes  (qui  comprennent  les  papillons). 
La  taxinomie,  cette  branche  de  la  biologie  qui  a  pour  objet 
de  nommer  et  de  classifier  les  espèces,  établit  une  organisation  hiérarchique  des  groupes  (figure  1.14).  Nous  reviendrons  sur  le  sujet  au  chapitre  26.  Pour  l’instant,  nous  nous 
attarderons aux règnes et aux domaines, les plus vastes catégories de ce classement.
Les trois domaines du vivant
Historiquement,  les  scientifiques  ont  classifié  la  diversité  du 
vivant  selon  des  règnes  et  des  regroupements  plus  précis  en 
comparant la structure, la fonction et d’autres caractéris  tiques 
Précédent

- 52/1611

Suivant