chapitre 12 Le cycle cellulaire 275
passage de l’état normal à l’état prolifératif, qui conduit à la formation d’une masse anormale (ou néoplasme). Normalement,
le système de défense de l’organisme, soit le système immunitaire, détruit la cellule rebelle. Mais si celle-ci réussit de
quelque manière que ce soit à lui échapper, elle peut proliférer au point de former une tumeur bénigne, une masse de
cellules transformées logées à l’intérieur d’un tissu. Les cellules
anormales peuvent demeurer en leur lieu d’origine si elles
n’ont pas suffisamment de modifications cellulaires et génétiques pour pouvoir survivre ailleurs. Les tumeurs bénignes se
présentent sous une forme compacte souvent encapsulée, et
elles se développent plutôt lentement. Généralement, elles
ne causent pas de problèmes graves, et on peut en faire l’ablation complète au cours d’une intervention chirurgicale. Par
contre, une tumeur maligne (ou néoplasme malin) comporte des cellules qui, à cause de leurs modifications génétiques et cellulaires, peuvent envahir de nouveaux tissus et
nuire ainsi au fonctionnement d’un ou de plusieurs organes.
On dit d’une personne qui a une tumeur maligne qu’elle est
atteinte de cancer. La figure 12.20 illustre le développement
d’un cancer du sein.
Les mutations qui se produisent dans les cellules des
tumeurs malignes sont loin de se limiter à une prolifération
excessive. Par exemple, les cellules peuvent contenir un nombre
anormal de chromosomes. Les scientifiques ne s’entendent pas
encore pour dire si cette anomalie est une cause ou un effet
de la mutation. Le métabolisme des cellules malignes peut être
altéré, de sorte que leur fonctionnement devient totalement
désordonné. Leur surface présente des changements atypiques,
et elles perdent ou détruisent les liens qui les unissent aux
cellules adjacentes et au substrat extracellulaire. Les cellules
cancéreuses sécrètent également des molécules signal qui
incitent les vaisseaux sanguins à croître en direction de la
tumeur. Si des cellules cancéreuses se séparent de la tumeur
primitive, elles peuvent pénétrer dans les vaisseaux sanguins
et lymphatiques et être transportées dans d’autres parties de
l’organisme où elles proliféreront et formeront une nouvelle
tumeur. Le nouveau foyer où se multiplient des cellules cancéreuses, un tissu ou un organe situé à distance de la tumeur
primitive, est appelé métastase (voir la figure 12.20).
On utilise la radiothérapie pour traiter une tumeur qui
semble localisée. La radiothérapie endommage l’ADN des cellules cancéreuses beaucoup plus que l’ADN des cellules normales, probablement parce que les cellules cancéreuses ont
perdu la capacité de réparer ce genre de dommages. Pour traiter
des tumeurs ayant produit ou pouvant avoir produit des métastases, on a recours à la chimiothérapie, qui consiste à introduire dans le système circulatoire des médicaments toxiques
pour les cellules en division active. Comme on pourrait s’en
douter, les médicaments employés en chimiothérapie interfèrent avec certaines étapes du cycle cellulaire. Par exemple,
le Taxol immobilise le fuseau de division en inhibant la dépolymérisation des microtubules, ce qui empêche les cellules en
division active d’aller plus loin que la métaphase. Les effets
secondaires sont dus aux effets des médicaments sur les cellules
normales. Par exemple, la nausée est causée par les effets de
la chimiothérapie sur les cellules intestinales, la perte de
cheveux provient de ses effets sur les cellules des follicules
pileux, et la sensibilité aux infections, de ses effets sur les
cellules du système immunitaire.
Ces dernières décennies, les chercheurs ont découvert une
masse d’informations utiles à propos des voies de transduction cellulaires et de la façon dont leur dysfonctionnement
contribue à la cancérisation par ses effets sur le cycle cellulaire. Grâce à ces nouvelles connaissances et à de nouvelles
techniques moléculaires comme le séquençage rapide de l’ADN
des cellules d’une tumeur particulière, les traitements médicaux du cancer deviennent de plus en plus personnalisés. Le
cancer du sein en est un bon exemple. La recherche fondamentale sur les processus décrits dans le chapitre 11 et dans le présent chapitre nous aide à mieux comprendre les événements
moléculaires qui sous-tendent le développement du cancer
du sein. Ainsi, on a constaté que les protéines intervenant
dans les voies de communication cellulaire qui influent sur le
m Figure 12.20 Croissance et métastases d’une tumeur maligne du sein. Les cellules d’une tumeur maligne
(cancéreuse) croissent anarchiquement. Elles peuvent se propager et atteindre les tissus adjacents. Elles peuvent aussi
toucher d’autres parties de l’organisme par l’intermédiaire des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elles forment alors
ce qu’on appelle des métastases.
1
2
3
La tumeur croît à partir d’une
première cellule transformée.
Tumeur
Les cellules cancéreuses
envahissent les tissus adjacents.
Les cellules cancéreuses se
propagent à d’autres parties de
l’organisme en empruntant les
vaisseaux sanguins et lymphatiques.
4 Un petit pourcentage de
cellules cancéreuses peut
survivre et établir une nouvelle
tumeur dans une autre partie
de l’organisme.
Vaisseau
lymphatique
Vaisseau
sanguin
Cellule
cancéreuse
Métastase
Tissu
glandulaire
passage de l’état normal à l’état prolifératif, qui conduit à la formation d’une masse anormale (ou néoplasme). Normalement,
le système de défense de l’organisme, soit le système immunitaire, détruit la cellule rebelle. Mais si celle-ci réussit de
quelque manière que ce soit à lui échapper, elle peut proliférer au point de former une tumeur bénigne, une masse de
cellules transformées logées à l’intérieur d’un tissu. Les cellules
anormales peuvent demeurer en leur lieu d’origine si elles
n’ont pas suffisamment de modifications cellulaires et génétiques pour pouvoir survivre ailleurs. Les tumeurs bénignes se
présentent sous une forme compacte souvent encapsulée, et
elles se développent plutôt lentement. Généralement, elles
ne causent pas de problèmes graves, et on peut en faire l’ablation complète au cours d’une intervention chirurgicale. Par
contre, une tumeur maligne (ou néoplasme malin) comporte des cellules qui, à cause de leurs modifications génétiques et cellulaires, peuvent envahir de nouveaux tissus et
nuire ainsi au fonctionnement d’un ou de plusieurs organes.
On dit d’une personne qui a une tumeur maligne qu’elle est
atteinte de cancer. La figure 12.20 illustre le développement
d’un cancer du sein.
Les mutations qui se produisent dans les cellules des
tumeurs malignes sont loin de se limiter à une prolifération
excessive. Par exemple, les cellules peuvent contenir un nombre
anormal de chromosomes. Les scientifiques ne s’entendent pas
encore pour dire si cette anomalie est une cause ou un effet
de la mutation. Le métabolisme des cellules malignes peut être
altéré, de sorte que leur fonctionnement devient totalement
désordonné. Leur surface présente des changements atypiques,
et elles perdent ou détruisent les liens qui les unissent aux
cellules adjacentes et au substrat extracellulaire. Les cellules
cancéreuses sécrètent également des molécules signal qui
incitent les vaisseaux sanguins à croître en direction de la
tumeur. Si des cellules cancéreuses se séparent de la tumeur
primitive, elles peuvent pénétrer dans les vaisseaux sanguins
et lymphatiques et être transportées dans d’autres parties de
l’organisme où elles proliféreront et formeront une nouvelle
tumeur. Le nouveau foyer où se multiplient des cellules cancéreuses, un tissu ou un organe situé à distance de la tumeur
primitive, est appelé métastase (voir la figure 12.20).
On utilise la radiothérapie pour traiter une tumeur qui
semble localisée. La radiothérapie endommage l’ADN des cellules cancéreuses beaucoup plus que l’ADN des cellules normales, probablement parce que les cellules cancéreuses ont
perdu la capacité de réparer ce genre de dommages. Pour traiter
des tumeurs ayant produit ou pouvant avoir produit des métastases, on a recours à la chimiothérapie, qui consiste à introduire dans le système circulatoire des médicaments toxiques
pour les cellules en division active. Comme on pourrait s’en
douter, les médicaments employés en chimiothérapie interfèrent avec certaines étapes du cycle cellulaire. Par exemple,
le Taxol immobilise le fuseau de division en inhibant la dépolymérisation des microtubules, ce qui empêche les cellules en
division active d’aller plus loin que la métaphase. Les effets
secondaires sont dus aux effets des médicaments sur les cellules
normales. Par exemple, la nausée est causée par les effets de
la chimiothérapie sur les cellules intestinales, la perte de
cheveux provient de ses effets sur les cellules des follicules
pileux, et la sensibilité aux infections, de ses effets sur les
cellules du système immunitaire.
Ces dernières décennies, les chercheurs ont découvert une
masse d’informations utiles à propos des voies de transduction cellulaires et de la façon dont leur dysfonctionnement
contribue à la cancérisation par ses effets sur le cycle cellulaire. Grâce à ces nouvelles connaissances et à de nouvelles
techniques moléculaires comme le séquençage rapide de l’ADN
des cellules d’une tumeur particulière, les traitements médicaux du cancer deviennent de plus en plus personnalisés. Le
cancer du sein en est un bon exemple. La recherche fondamentale sur les processus décrits dans le chapitre 11 et dans le présent chapitre nous aide à mieux comprendre les événements
moléculaires qui sous-tendent le développement du cancer
du sein. Ainsi, on a constaté que les protéines intervenant
dans les voies de communication cellulaire qui influent sur le
m Figure 12.20 Croissance et métastases d’une tumeur maligne du sein. Les cellules d’une tumeur maligne
(cancéreuse) croissent anarchiquement. Elles peuvent se propager et atteindre les tissus adjacents. Elles peuvent aussi
toucher d’autres parties de l’organisme par l’intermédiaire des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elles forment alors
ce qu’on appelle des métastases.
1
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3
La tumeur croît à partir d’une
première cellule transformée.
Tumeur
Les cellules cancéreuses
envahissent les tissus adjacents.
Les cellules cancéreuses se
propagent à d’autres parties de
l’organisme en empruntant les
vaisseaux sanguins et lymphatiques.
4 Un petit pourcentage de
cellules cancéreuses peut
survivre et établir une nouvelle
tumeur dans une autre partie
de l’organisme.
Vaisseau
lymphatique
Vaisseau
sanguin
Cellule
cancéreuse
Métastase
Tissu
glandulaire
