5 – INHIBITION ET ACTIVATION DES ENZYMES
5.1. INHIBITION RÉVERSIBLE ET IRRÉVERSIBLE
5.1.1. Les poisons de la réaction catalytique
Les substances qui, lorsqu’elles sont présentes dans le mélange réactionnel, ralentissent une réaction catalysée par un enzyme sont appelées des inhibiteurs. L’inhibition peut intervenir de diverses manières et il existe donc divers types d’inhibiteurs.
Notamment, deux grands types d’inhibition sont distingués, les inhibitions réversibles qui peuvent être levées en éliminant l’inhibiteur du milieu réactionnel et les
inhibitions irréversibles qui impliquent généralement la modification covalente d’un
groupe essentiel de l’enzyme et qui ne peuvent être levées par dialyse ou dilution.
Dans ce chapitre, nous discutons d’abord brièvement des inhibiteurs irréversibles ou
poisons catalytiques. Ceux-ci sont des substances qui, en se combinant avec l’enzyme, éliminent complètement son activité. De nombreux enzymes sont « empoisonnés » par des traces de métaux lourds, et pour cette raison, les études cinétiques
sont couramment réalisées en présence d’agents complexant comme l’EDTA. Ceci
est particulièrement important lors de la purification des enzymes : dans l’extrait
brut, la concentration totale de protéine est élevée et les nombreuses protéines
contaminantes séquestrent la majorité des ions métalliques qui sont présents, mais
plus une préparation d’enzyme devient pure et moins ce dernier est protégé par les
autres protéines et donc plus il devient important d’ajouter des agents alternatifs de
complexation. Dans certains cas, ces inhibiteurs irréversibles peuvent aussi être
utilisés de façon positive. Par exemple, l’empoisonnement par les composés de
mercure (II) a souvent été utilisé pour mettre en évidence l’implication de groupes
sulfhydryles dans le site catalytique des enzymes.
5.1.2. Analyse de la vitesse d’inactivation
Les mesures précises de la vitesse à laquelle la perte d’activité s’effectue dans un
processus d’inhibition irréversible, fournissent une information utile qui est plus
simple, et donc plus facile à interpréter, que celle fournie par les expériences
conventionnelles de cinétique. La théorie communément appliquée dans ce type
d’étude est celle décrite par KITZ et WILSON (1962), qui s’intéressaient à l’effet de
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