CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉS
8
2.6 SOURCES DE NUISANCES DANS LA BAIE
La région de Bou-Ismaïl est une zone aux multiples vocations : touristique, agricole et industrielle.
Sa façade maritime est soumise aux rejets domestiques qui s’affluent directement dans le milieu
marin sans aucun traitement au préalable à l’exception de Aïn Benian où il existe désormais une
station d’épuration (STEP) (LEM, 1998 ; in BACHARI, 2009).
Les oueds constituent des collecteurs des polluants résultant des activités humaines, industrielles
et agricoles (BAHBAH, 2020). Ils affectent la nature des fonds, interviennent sur les paramètres
physico-chimiques de la zone de l’embouchure, et conditionnent donc l’abondance et la diversité
de ses peuplements (AMAROUCHE, 2005).
La baie de Bou-Ismail est caractérisée par une agriculture bien développée. Les conditions
agropédologiques offrent des terres fertiles et des sols cultivables du fait de leur profondeur et de
leur texture fine en utilisant des pesticides qui polluent la nappe phréatique par infiltration au
niveau des vallées alluviales sublittorales de cette zone (OUAHIL, 2017).
Plus d’une centaine d’exploitations agricoles dont les sols sont traités par des produits
phytopharmaceutiques et fertilisés par des engrais à base de nitrate, de phosphate et de potassium,
ou de produits à base de cuivre ont été recensés aux environs de l’oued Mazafran. Tous ces produits
contaminent les oueds et rejoignent les eaux superficielles marines par le biais du ruissellement
(AMAROUCHE, 2005).
D’un autre côté, la région de Bou-Ismaïl comporte plusieurs activités industrielles qui font partie
de catégories diverses telle la métallurgie, la chimie générale, et autres tanneries, unités de textiles,
de produits cosmétiques et pâte à papier (AMAROUCHE, 2005).
Il y a lieu de souligner aussi que la baie a été exposée aux aménagements côtiers qui causent des
dégâts sur les communautés benthiques par les remblayages incessants et l’apport de matériaux et
produits artificiels. À tout cela s’ajoute la pollution dérivant des ouvrages portuaires existants dans
la baie (OUAHIL, 2017).
Précédent

Bioévaluation de la qualité écologique des eaux marines cotières par utilisation des peuplements macroalgaux - 17/79

Suivant