Chapitre I
Synthèse bibliographique
9
II. Bactéries marines tolérantes aux métaux :
II.1. Notion de résistance et tolérance
Dans la littérature scientifique courante, se rapportant à la croissance ou à la survie des
microorganismes en présence de certaines concentrations de métaux lourds, on parle souvent soit
de tolérance soit de résistance. Il est très difficile de distinguer une différence entre les deux
termes. Le Conseil de la Recherche National de Canada définit globalement la résistance et la
tolérance comme la capacité d’un organisme à diminuer sa réponse face à un composé chimique
relatif auquel il a été exposé précédemment (Wright et Welbourn, 2002).
II.2. Réponse bactérienne à une exposition métallique
Chez les bactéries, certains métaux, dits essentiels, comme le nickel, le fer, le zinc ou le cuivre
jouent un rôle essentiel dans certaines réactions biochimiques, sont indispensables à la régulation
de la pression osmotique intracellulaire mais sont toxiques à fortes concentrations (Ji and Silver,
1995). D’autres métaux, dits toxiques, comme le mercure, le cadmium, le plomb ou l’argent,
interagissent de façon covalente ou ionique avec les composants cellulaires essentiels. A des
concentrations qui dépassent les capacités physiologiques des cellules, les métaux essentiels et
toxiques peuvent endommager les membranes cellulaires ou la structure de l’ADN, altérer des
enzymes spécifiques et les fonctions physiologiques sous-jacentes (Bruins et al., 2000).
Pour survivre dans des environnements contaminés en métaux, les bactéries ont développé une
mécanique complexe de régulation de leur homéostasie. Elles pallient ainsi leurs effets toxiques
à de fortes concentrations (Nies, 1999). Cette homéostasie résulte de la coordination des
systèmes de prise en charge, de stockage et de sécrétion des métaux lourds.
Il existe, en effet, une grande diversité de systèmes de régulation du métabolisme des métaux
lourds dont l’expression des gènes est généralement régulée par la concentration dans le milieu
(Figure I.3) (Silver and Walderhaug, 1992; Lloyd, 2002)
Précédent

Evaluation et isolement des bactéries tolérantes aux métaux lourds - 22/86

Suivant