Résultants et discussions | Section 3.
Dans Lavigne et al., (2015), la saisonnalité de la Chl-a dans le AB est représentée par un seuil profil
de la Chl-a. Dans notre travail, nous exploitons la variabilité spatiale des profils verticaux de la Chl-a
in-situ issus de la campagne SOMBA-2014 (Figure 51). La forme des profils verticaux de Chl-a varie
dans l’espace (Figure 51b, c, d, e, f, et g) avec un approfondissement régulier de la DCM d’Ouest en
Est, suggérant un mouvement longitudinal de la transition saisonnière. Afin d’évaluer la variabilité de
ces profils en été, nous avons calculé le coefficient de variation (CV) des mesures in-situ de 70 profils
(0 m à 100 m) et les données satellitaires correspondantes indiquées dans le Tableau 12.
Tableau 12: Coefficient de variation de toutes les stations in-situ sur les différents niveaux de profondeur en Été.
Deep
0-10 m 20 m 30 m 40 m 50 m 60 m 70 m 80 m 90-100 m
CV (Satellite)
0.30
-
-
-
-
-
-
-
-
CV (in-situ)
0.72
0.46 1.40 0.38 0.96 0.71
0.38 0.56
0.84
Le CV in-situ à 30 m de profondeur (Tableau 12) est le plus élevé (CV = 1,40) que le CV dans les
autres niveaux de profondeurs. Cela probablement lié à la présence dans cet endroit des tourbillons
hétérogènes à méso-échelle (Millot, 1999 ; Taupier-Letage, 2003 ; Testor et Gascard, 2005) qui se
propagent vers l’Est de la mer d'Alboran. Ces tourbillons influencent la structure verticale dans la
partie Ouest du bassin. Les stations les plus à l’Ouest échantillonnées pendant la campagne SOMBA
sont généralement localisées à l’intérieur d’un tourbillon où à ses extrémités (Figure 22 du chapitre II).
Dans cette partie du bassin (à l’Ouest de 1°E), le maximum de Chl-a est généralement localisé aux
alentour de 30 m de profondeur (Figure 51b). D’autre part, le CV de la Chl-a à des profondeurs
supérieures à 30 m est variable selon la structure verticale des profils de la Chl-a (Tableau 12) et la
présence des DCM variable entre 60 m et 80 m (Figure 51). Cette variabilité de localisation de DCM
pourrait s’expliquer par le faible taux de croissance du phytoplancton à la profondeur de compensation
où la respiration compense la production.
Le CV de la Chl-a satellitaire de la couche de surface est de 0,3, qu’est très faible par rapport au CV
de la Chl-a in-situ à 10 m de profondeur (0,72). Cela est probablement dû au fait que l’observation par
satellite n’a pas permis de saisir la variabilité du profil au-delà de la profondeur d’atténuation de la
lumière par satellite. En effet, les causes de la variabilité de la Chl-a de surface ont un fort impact sur
la mesure du satellite entre 0 m et 30 m. Cela pourrait être lié à plusieurs facteurs :
• Le broutage du zooplancton durant une période précise de la journée. Les brouteurs consomment
3 à 26 % de la biomasse totale de la Chl-a, et 22 à 139 % de la production nette journalière
(Levine et al., 1999).
• La dynamique des eaux de surface qui est induite par les caractéristiques du courant Algérien
(Millot, 1999b).
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