CHAPITRE I
GÉNÉRALITÉS
20
Les tortues marines sont des "espèces clés", ce qui signifie qu'elles constituent une importante
partie de leur environnement et influencent les autres espèces qui les entourent. Si une espèce clé
est retirée d'un habitat, l'équilibre écologique peut être perturbé, ce qui aura différents impacts
sur les autres espèces sauvages, faune comme flore. Leurs principaux rôles écologiques sont :
A Le maintien de la chaîne alimentaire : La tortue caouanne et la tortue luth qui se nourrissent
communément de méduses sont des agentes de contrôle de leurs populations. La tortue luth,
qui doit consommer en moyenne 200 kg de méduses par jour, est particulièrement considérée
comme l'un de leurs plus grands prédateurs (Houghton et al., 2006). Les populations de méduses
sont en hausse dans les océans du monde à cause de la surpêche qui contribue au déclin d’autres
prédateurs clés. D'autre part, comme les méduses se nourrissent de larves et d’œufs de poisson,
les populations de poissons ont de plus en plus de difficulté à récupérer (Lynam et al., 2006).
La disparition des tortues luth et caouanne pourrait donc modifier la chaîne alimentaire actuelle
et engendrer la domination des méduses sur les poissons dans les océans.
A Le maintien des écosystèmes coralliens : La présence de tortues caouannes près des récifs
coralliens évite la domination des éponges marines, qui sont directement en compétition
avec les coraux constructeurs, et permet de garder un équilibre qui favorise le maintien
de la structure de l’écosystème corallien et de sa biodiversité (Meylan, 1988). En effet,
en se nourrissant d’éponges, elles contribuent à la modification de leur composition et leur
distribution dans les récifs (Meylan, 1988). De plus, lorsqu’une tortue caouanne arrache
une éponge, elle rend disponible de nouvelles sources de nourriture pour d’autres espèces :
les éponges ont effectivement des défenses chimiques et physiques qui empêchent la plupart
des espèces de poissons et de mammifères marins de les consommer (León et Bjorndal, 2002).
A Le maintien de la qualité de l’habitat côtier : Le broutage qu'effectuent les tortues vertes
sur les racines des herbiers marins permet la réduction de la quantité de matière organique
et de nutriments qui se retrouvent dans les sédiments, empêchant ainsi la pousse d'algues
et de champignons et la propagation de maladies. Toutefois, avec la diminution des populations
de tortues vertes, les herbiers pourraient pousser jusqu’à atteindre une hauteur suffisante
pour obstruer les courants côtiers naturels, réduire la quantité de lumière qui atteint le fond
marin et encourager la décomposition in situ des plantes. Ces éléments contribueraient
éventuellement à l’augmentation des colonies microbiennes, l’augmentation de la demande
en oxygène dans l’écosystème et finalement un état d’hypoxie causant la mort des herbiers
et par conséquent la disparition de toute la biodiversité qu'ils abritent (Zieman et al., 1999).
I.8. RÔLES ÉCOLOGIQUES DES TORTUES MARINES
GÉNÉRALITÉS
20
Les tortues marines sont des "espèces clés", ce qui signifie qu'elles constituent une importante
partie de leur environnement et influencent les autres espèces qui les entourent. Si une espèce clé
est retirée d'un habitat, l'équilibre écologique peut être perturbé, ce qui aura différents impacts
sur les autres espèces sauvages, faune comme flore. Leurs principaux rôles écologiques sont :
A Le maintien de la chaîne alimentaire : La tortue caouanne et la tortue luth qui se nourrissent
communément de méduses sont des agentes de contrôle de leurs populations. La tortue luth,
qui doit consommer en moyenne 200 kg de méduses par jour, est particulièrement considérée
comme l'un de leurs plus grands prédateurs (Houghton et al., 2006). Les populations de méduses
sont en hausse dans les océans du monde à cause de la surpêche qui contribue au déclin d’autres
prédateurs clés. D'autre part, comme les méduses se nourrissent de larves et d’œufs de poisson,
les populations de poissons ont de plus en plus de difficulté à récupérer (Lynam et al., 2006).
La disparition des tortues luth et caouanne pourrait donc modifier la chaîne alimentaire actuelle
et engendrer la domination des méduses sur les poissons dans les océans.
A Le maintien des écosystèmes coralliens : La présence de tortues caouannes près des récifs
coralliens évite la domination des éponges marines, qui sont directement en compétition
avec les coraux constructeurs, et permet de garder un équilibre qui favorise le maintien
de la structure de l’écosystème corallien et de sa biodiversité (Meylan, 1988). En effet,
en se nourrissant d’éponges, elles contribuent à la modification de leur composition et leur
distribution dans les récifs (Meylan, 1988). De plus, lorsqu’une tortue caouanne arrache
une éponge, elle rend disponible de nouvelles sources de nourriture pour d’autres espèces :
les éponges ont effectivement des défenses chimiques et physiques qui empêchent la plupart
des espèces de poissons et de mammifères marins de les consommer (León et Bjorndal, 2002).
A Le maintien de la qualité de l’habitat côtier : Le broutage qu'effectuent les tortues vertes
sur les racines des herbiers marins permet la réduction de la quantité de matière organique
et de nutriments qui se retrouvent dans les sédiments, empêchant ainsi la pousse d'algues
et de champignons et la propagation de maladies. Toutefois, avec la diminution des populations
de tortues vertes, les herbiers pourraient pousser jusqu’à atteindre une hauteur suffisante
pour obstruer les courants côtiers naturels, réduire la quantité de lumière qui atteint le fond
marin et encourager la décomposition in situ des plantes. Ces éléments contribueraient
éventuellement à l’augmentation des colonies microbiennes, l’augmentation de la demande
en oxygène dans l’écosystème et finalement un état d’hypoxie causant la mort des herbiers
et par conséquent la disparition de toute la biodiversité qu'ils abritent (Zieman et al., 1999).
I.8. RÔLES ÉCOLOGIQUES DES TORTUES MARINES
