l
l
ll
934,
“
HISTOIRE NATURELLE.
_'
_
a lui, et n’ayant qu‘un instant pour
la saisir, il doit subir de longs jeûnes, et quelquefois périr
nition; car il n’a pas l’instinct, lorsque l’eau est couverte de glace,
d'aller chercher a vivre dans les_
_
__
climats plus tempérés;_et
c’est mal a propos que__quelques naturalistes l‘ont rangé parmi les Oiseaux
‘
qui reviennent au printemps
dans les lieux qu Ils 'ont quittés l'lnver,_pmsque
nous voyons ici des
'
l—lérons dans toutes les saisons, et même pendant les frmds les plus r1goureux et
_
-
forcés alors de quitter les marais et les rivières gelés, ils se tiennent sur les ruisseaux et prés des
sources
chaudes; et c’est dans ce temps,qu’ils sont le plus en“ mouvement, et où ils font d’assez
grandes traversées pour changer de station, mais toujours dans la même contrée. Ils seniblent_do_ne
se multiplier a mesure que
le froid augmente, et“ ils paraissent supporter également et la faim et]è_'_-ia
Î
_
froid; ils ne résistent et ne durent qu’à force de patience et de sobriété; mais ces froides vertus
;
accompagnées du dégoût de la vie. Lorsqu’on prend un Héron, on peut le garder quinze jours sans ’ _
‘
luiv0ir chercher ni prendre aucune nourriture; il rejette-même celle qu’on tente de lui faire avalerL:
sa mélancolie naturelle, augmentée sans doute par
la captivité,
l‘instinct de sa consér'
;
vati_on, sentiment
nature imprime le premier dans le coeur de tous les êtres; l’apathique lié—
_
ron semble se consumer sans languir; il périt sans se plaindre et sans apparence de regret.
.
:
L’insensibil’ité, l‘abandon de soi—même, et quelques autres qualités tout aussi négatives, le earaetérisént mieux que ses facultés positives : triste et solitaire, hors le temps des nichées, il ne paraît
__
connaître aucun plaisir, ni'même les moyens d’éviter la peine. Dans les plus mauvais temps-,il se
'__':‘…
tient isolé, découvert, posé sur un pieu ou-sur une pierre au_bord d’un ruisseau, sur une butte, au
'Ï
milieu d’une prairie inondée. Tandis que les autres Oiseaux cherchent l’abri des feuillages, que,
"_î“_-—
dans les mêmes lieux, le Râle se met à couvert dans l'épaisseur des herbes, et le Butor au milieu—"' _'
î
'
des roseaux, notre Héron misérable reste exposé à toutes les injures de l'air et a là plus
gueur des frimas. Hébert en _a pris un qui était à demi gelé et tout couvert de verglas. Il a même
.
—
trouvé souvent sur la neige onda vase l’impression des pieds de ces Oiseaux, sans jamais_av0ir p'u__»
:
__,s1iivreleurs traces plus de douze ou quinze pas; preuve du peu de suite qu’ils mettent à leür quête,
'
..
'
et de leur inaction mémedans le temps du besoin. Leur longues jambes ne sont que des échass‘bs
'. ;— ;
inutiles a la Course; ils se tiennent debout et en repos absolu pendant la plus grande partie du jour}
Ï
.
—'
et ce repos leur tient lieu de sommeil, car ils prennent quelque essor pendant la nuit: on les entend
_
_' :_
_
'
-
alors crier en l’air à toute heure et dans toutes les saisons; leurvoix est un son unique, sec et aigré,
,
. '
qu’on pourrait comparer au cri de l’Oie s’il n’était plus bref et un peu plaintif; ce cri se répète_,de
_
'
—
moment a moment, et se prolonge sur un tôn plus perçant et très—désagréablelorsque l’Oiseau res—_ _:
.
'
Sent de la douleur.
-
'
—
_
'
_
; _Ï
—
,
Le Héron ajoute encore aux malheurs de sa chétive vie le mal de la crainte et de la déance;”il
_
Ï
paraît s’inquiéter et s’alarmer de tout; il fuit l’homme de très-loin : souvent assailli par l'Aigle étle
_
'Fauébn,_il n’élude leur attaque qu’en s’élevant au haut des airs et s’efforçant de gagner le desSuS;_ ,
:
9nle voit se perdre avec eux dans la région des nuages. On a prétendu que, pour dernière défense,
"
_
.
_ll'passait la‘téte-sous son aile, et présentait son bec pointu” a l’Oiseau ravisseur, qui, fondant avec :
_
_—
impétuosi_té, s’ypercaitlui—même. (Buenos)
‘
_
__
.
'_
“
"
Un croit en effet encore que le Héron présente son bec à l'Oiseau de proie qui le poursuit‘pour le ;__. ".
transpercei‘ lorsqu‘il fond sur lui, c’est la unede ces erreurs populaires presque touj0urs démentitäs_f
__
—
,
parles faits. Si le Héron était tenté de se défendre dans cette crise, son arme redoutable serait 'c0m_
_
__
plétement neutralisée par ses maladroitsét lourds mouvements autant que par l’attaque rapide
; ' “
'
__son vif etyigour'eux adversaire… A terre, il n’en est plus de même; des que le Héron sent sespieds affer-'-_'LÎ
'_'nîis,gil s’enhardit—
et cherhe à se venger de Ses persécuteurs par
'les coups—répétés et so'uvent‘bien'
dirigés
de s‘en bee, dont il se sert comme d’un poignai*d._ Si le fauconnier ne se hate pas d’àcéoùrir,
_
168 Fàucons c0urent grand risque de. la.vie; une blesSure mortelle, ou tout au moins la parlé de__la
ï
‘
.
! _vu'e,sera le fruit
de leur glorieuse victoire. Le Héron visetoujours auxÿeux, un. chasseur a_perdu’un
?
des
avoir
précaution un Oiseau de ce genre après l’avoir blessé;pareilleaven_-__,
_
p
arrivéeà,u/-n-autrechàsseur, qui a, pendant deux ans, chasse en Irlande
'_
i=
'
v1euxChi‘en =b’orgne,_ dont l‘inrmité datait d‘une bataille que, dans son_iinprudente jeunesse, il n’a;
.Ï
',
' ___ _vjait_paS
(eurie britannique, 1852.) '.
>
z_
“
.—
ces ennemis.trop redoutables pour le malheureux Héron, sans
__
:'.
ly aj0üter‘îi’art d’aigrîir _leu'rÏ instinct et
leur antipathie. Mais‘rla chasse'dulléron était-autre:?
l
l
ll
934,
“
HISTOIRE NATURELLE.
_'
_
a lui, et n’ayant qu‘un instant pour
la saisir, il doit subir de longs jeûnes, et quelquefois périr
nition; car il n’a pas l’instinct, lorsque l’eau est couverte de glace,
d'aller chercher a vivre dans les_
_
__
climats plus tempérés;_et
c’est mal a propos que__quelques naturalistes l‘ont rangé parmi les Oiseaux
‘
qui reviennent au printemps
dans les lieux qu Ils 'ont quittés l'lnver,_pmsque
nous voyons ici des
'
l—lérons dans toutes les saisons, et même pendant les frmds les plus r1goureux et
_
-
forcés alors de quitter les marais et les rivières gelés, ils se tiennent sur les ruisseaux et prés des
sources
chaudes; et c’est dans ce temps,qu’ils sont le plus en“ mouvement, et où ils font d’assez
grandes traversées pour changer de station, mais toujours dans la même contrée. Ils seniblent_do_ne
se multiplier a mesure que
le froid augmente, et“ ils paraissent supporter également et la faim et]è_'_-ia
Î
_
froid; ils ne résistent et ne durent qu’à force de patience et de sobriété; mais ces froides vertus
;
accompagnées du dégoût de la vie. Lorsqu’on prend un Héron, on peut le garder quinze jours sans ’ _
‘
luiv0ir chercher ni prendre aucune nourriture; il rejette-même celle qu’on tente de lui faire avalerL:
sa mélancolie naturelle, augmentée sans doute par
la captivité,
l‘instinct de sa consér'
;
vati_on, sentiment
nature imprime le premier dans le coeur de tous les êtres; l’apathique lié—
_
ron semble se consumer sans languir; il périt sans se plaindre et sans apparence de regret.
.
:
L’insensibil’ité, l‘abandon de soi—même, et quelques autres qualités tout aussi négatives, le earaetérisént mieux que ses facultés positives : triste et solitaire, hors le temps des nichées, il ne paraît
__
connaître aucun plaisir, ni'même les moyens d’éviter la peine. Dans les plus mauvais temps-,il se
'__':‘…
tient isolé, découvert, posé sur un pieu ou-sur une pierre au_bord d’un ruisseau, sur une butte, au
'Ï
milieu d’une prairie inondée. Tandis que les autres Oiseaux cherchent l’abri des feuillages, que,
"_î“_-—
dans les mêmes lieux, le Râle se met à couvert dans l'épaisseur des herbes, et le Butor au milieu—"' _'
î
'
des roseaux, notre Héron misérable reste exposé à toutes les injures de l'air et a là plus
gueur des frimas. Hébert en _a pris un qui était à demi gelé et tout couvert de verglas. Il a même
.
—
trouvé souvent sur la neige onda vase l’impression des pieds de ces Oiseaux, sans jamais_av0ir p'u__»
:
__,s1iivreleurs traces plus de douze ou quinze pas; preuve du peu de suite qu’ils mettent à leür quête,
'
..
'
et de leur inaction mémedans le temps du besoin. Leur longues jambes ne sont que des échass‘bs
'. ;— ;
inutiles a la Course; ils se tiennent debout et en repos absolu pendant la plus grande partie du jour}
Ï
.
—'
et ce repos leur tient lieu de sommeil, car ils prennent quelque essor pendant la nuit: on les entend
_
_' :_
_
'
-
alors crier en l’air à toute heure et dans toutes les saisons; leurvoix est un son unique, sec et aigré,
,
. '
qu’on pourrait comparer au cri de l’Oie s’il n’était plus bref et un peu plaintif; ce cri se répète_,de
_
'
—
moment a moment, et se prolonge sur un tôn plus perçant et très—désagréablelorsque l’Oiseau res—_ _:
.
'
Sent de la douleur.
-
'
—
_
'
_
; _Ï
—
,
Le Héron ajoute encore aux malheurs de sa chétive vie le mal de la crainte et de la déance;”il
_
Ï
paraît s’inquiéter et s’alarmer de tout; il fuit l’homme de très-loin : souvent assailli par l'Aigle étle
_
'Fauébn,_il n’élude leur attaque qu’en s’élevant au haut des airs et s’efforçant de gagner le desSuS;_ ,
:
9nle voit se perdre avec eux dans la région des nuages. On a prétendu que, pour dernière défense,
"
_
.
_ll'passait la‘téte-sous son aile, et présentait son bec pointu” a l’Oiseau ravisseur, qui, fondant avec :
_
_—
impétuosi_té, s’ypercaitlui—même. (Buenos)
‘
_
__
.
'_
“
"
Un croit en effet encore que le Héron présente son bec à l'Oiseau de proie qui le poursuit‘pour le ;__. ".
transpercei‘ lorsqu‘il fond sur lui, c’est la unede ces erreurs populaires presque touj0urs démentitäs_f
__
—
,
parles faits. Si le Héron était tenté de se défendre dans cette crise, son arme redoutable serait 'c0m_
_
__
plétement neutralisée par ses maladroitsét lourds mouvements autant que par l’attaque rapide
; ' “
'
__son vif etyigour'eux adversaire… A terre, il n’en est plus de même; des que le Héron sent sespieds affer-'-_'LÎ
'_'nîis,gil s’enhardit—
et cherhe à se venger de Ses persécuteurs par
'les coups—répétés et so'uvent‘bien'
dirigés
de s‘en bee, dont il se sert comme d’un poignai*d._ Si le fauconnier ne se hate pas d’àcéoùrir,
_
168 Fàucons c0urent grand risque de. la.vie; une blesSure mortelle, ou tout au moins la parlé de__la
ï
‘
.
! _vu'e,sera le fruit
de leur glorieuse victoire. Le Héron visetoujours auxÿeux, un. chasseur a_perdu’un
?
des
avoir
précaution un Oiseau de ce genre après l’avoir blessé;pareilleaven_-__,
_
p
arrivéeà,u/-n-autrechàsseur, qui a, pendant deux ans, chasse en Irlande
'_
i=
'
v1euxChi‘en =b’orgne,_ dont l‘inrmité datait d‘une bataille que, dans son_iinprudente jeunesse, il n’a;
.Ï
',
' ___ _vjait_paS
(eurie britannique, 1852.) '.
>
z_
“
.—
ces ennemis.trop redoutables pour le malheureux Héron, sans
__
:'.
ly aj0üter‘îi’art d’aigrîir _leu'rÏ instinct et
leur antipathie. Mais‘rla chasse'dulléron était-autre:?
l
