‘
206
HISTOIRE NATURELLE. .
_
_
où elles étaient probablement
écloses. Je présume que les père
et ”mère avaient voulu éviter la peine
de les porter
à une grande distance. Toutefois,
comme les
mds sont presque toujours placés sur de
_
hautes bruyères, dans des endroits très-”élorgnés des marais, les Jeunes Oiseaux mourraient inévitablement de faim s’ils n’étaient ainsi transportés matin et soir. La quantité de Vers nécessaire à la
nourriture d?un seul de ces
Oiseaux frapperait de stupéfaction les naturalistes de ville, qui afrment
”gravement que
la Bécasse se nourrit par la succion. (Portefeuille d’un chasseur naturaliste. Revue britannique, 1849.)
‘
Les Bécassines, plus rasées, plus agiles, plus hautes sur pattes que la Bécasse,_au vol plus‘long,
plus rapide, plus haut, donnent souvent d’inutiles peines pour les observer de près. Au lieu de Se
réfugier dans les bois, ou l’on pourrait les approcher sans être vu, elles fréquentent les marais et les
prairies découvertes. Par les matinées brumeuses, leurs bandes successives traversent l’espace hors
de portée, tantôt en faisant entendre leur sifement sauvage. tantôt ce bélement plaintif qui les afait
nommer par quelques-uns Clzèvres célestes, Chèvres volantes. Toutes cependant n’ont pas le même
vol : celui de la grande Bécassine (Scol0pax major) est droit; celui de la Bécassine ordinaire (Scola—
pax gallinago) est en zigzag. Toutes deux ont l’habitude de voler—contre le vent». Leur bec,brun
jusqu’aux deux tiers de sa longueur, noir au bout et ressemblant assez à un étui cannelé, peut être
comparé a une peau
de chagrin. La langue, au dedans, avec sa pointe aiguë, semble faite exprès
pour percer
les Vennisseaux dont la Bécasse se nourrit. Mais ce qui est remarquable dans le bec de
ces Oiseaux, c’est un systéme de petits creux semés à l’extrémité du bec, sur
la mandibule supé—
rieure,” que l’on a comparés àceux d’un de à coudre, et qui se dessèchent et disparaissent assez”vjte
dès qu’il n’y a plus vie. Ne serait—ce pas la le siége_d’un sens qui nous est étranger, de ce air qui,
_
dans les Chiens de chasse, se manifeste par de nombreux pores épanouis a la surface d’un nez poli
et dilaté?… Sans doute qu’il y a la la différence d’une espèce de substance cornée séche, à la
chair, àla peau,
à la mandibule humide enn qui constitue le nez du Chien. Mais il n’y en a pas .
,
moins un rapprochement à faire entre cette singularité du bec et l’instinct si remarquable qui fait ’
que, sans cesse occupées à fouiller le sol, Bécasses et Bécassines ne les font jamais en vain, et tom—
bent constamment sur leur proie.
-
‘
'
'
Fig. 19l. —— Échasse à manteau noir.
,
.
_« En ”nfaidant de raquettes pour me soutenir sur le sol mouvant, continue le même observateur
.
qUenous avonsdéjà en occasion de
parlant des Bécasses, je pénétrai'plus loin dans un maré—
—
'
desséché, pâture, dès la fonte des'neiges, par les bestiaux, endroit
,
,
semblaient préférer aux prés inondés du voisinage; je pus voir, derriere les roseaux, une Bécassme . :
? '
"marcher ems'e prélasSant, agiter sa tête par un mouvement horizontal, et faire osciller de haut en
,
sa courte queue, comme fait la Bergeronnette à l’élégant corsage. Sous une racined’aune,dahs' =
un petitcreux entouré de jones, je découvris un nid vers_la n de juin. J e vis.le mâle v'oltiger autour
f
'
en sifant, et,_peü aprèsque les petits l’eurent déserté, je parvins à dérober l’un d’eux. ll setrouvail
’
’
un peu écarté dela mère, qui n’abanclonne ses? Oisillons quelorSqu’ils peuvent sepas‘s‘er
"All
'
206
HISTOIRE NATURELLE. .
_
_
où elles étaient probablement
écloses. Je présume que les père
et ”mère avaient voulu éviter la peine
de les porter
à une grande distance. Toutefois,
comme les
mds sont presque toujours placés sur de
_
hautes bruyères, dans des endroits très-”élorgnés des marais, les Jeunes Oiseaux mourraient inévitablement de faim s’ils n’étaient ainsi transportés matin et soir. La quantité de Vers nécessaire à la
nourriture d?un seul de ces
Oiseaux frapperait de stupéfaction les naturalistes de ville, qui afrment
”gravement que
la Bécasse se nourrit par la succion. (Portefeuille d’un chasseur naturaliste. Revue britannique, 1849.)
‘
Les Bécassines, plus rasées, plus agiles, plus hautes sur pattes que la Bécasse,_au vol plus‘long,
plus rapide, plus haut, donnent souvent d’inutiles peines pour les observer de près. Au lieu de Se
réfugier dans les bois, ou l’on pourrait les approcher sans être vu, elles fréquentent les marais et les
prairies découvertes. Par les matinées brumeuses, leurs bandes successives traversent l’espace hors
de portée, tantôt en faisant entendre leur sifement sauvage. tantôt ce bélement plaintif qui les afait
nommer par quelques-uns Clzèvres célestes, Chèvres volantes. Toutes cependant n’ont pas le même
vol : celui de la grande Bécassine (Scol0pax major) est droit; celui de la Bécassine ordinaire (Scola—
pax gallinago) est en zigzag. Toutes deux ont l’habitude de voler—contre le vent». Leur bec,brun
jusqu’aux deux tiers de sa longueur, noir au bout et ressemblant assez à un étui cannelé, peut être
comparé a une peau
de chagrin. La langue, au dedans, avec sa pointe aiguë, semble faite exprès
pour percer
les Vennisseaux dont la Bécasse se nourrit. Mais ce qui est remarquable dans le bec de
ces Oiseaux, c’est un systéme de petits creux semés à l’extrémité du bec, sur
la mandibule supé—
rieure,” que l’on a comparés àceux d’un de à coudre, et qui se dessèchent et disparaissent assez”vjte
dès qu’il n’y a plus vie. Ne serait—ce pas la le siége_d’un sens qui nous est étranger, de ce air qui,
_
dans les Chiens de chasse, se manifeste par de nombreux pores épanouis a la surface d’un nez poli
et dilaté?… Sans doute qu’il y a la la différence d’une espèce de substance cornée séche, à la
chair, àla peau,
à la mandibule humide enn qui constitue le nez du Chien. Mais il n’y en a pas .
,
moins un rapprochement à faire entre cette singularité du bec et l’instinct si remarquable qui fait ’
que, sans cesse occupées à fouiller le sol, Bécasses et Bécassines ne les font jamais en vain, et tom—
bent constamment sur leur proie.
-
‘
'
'
Fig. 19l. —— Échasse à manteau noir.
,
.
_« En ”nfaidant de raquettes pour me soutenir sur le sol mouvant, continue le même observateur
.
qUenous avonsdéjà en occasion de
parlant des Bécasses, je pénétrai'plus loin dans un maré—
—
'
desséché, pâture, dès la fonte des'neiges, par les bestiaux, endroit
,
,
semblaient préférer aux prés inondés du voisinage; je pus voir, derriere les roseaux, une Bécassme . :
? '
"marcher ems'e prélasSant, agiter sa tête par un mouvement horizontal, et faire osciller de haut en
,
sa courte queue, comme fait la Bergeronnette à l’élégant corsage. Sous une racined’aune,dahs' =
un petitcreux entouré de jones, je découvris un nid vers_la n de juin. J e vis.le mâle v'oltiger autour
f
'
en sifant, et,_peü aprèsque les petits l’eurent déserté, je parvins à dérober l’un d’eux. ll setrouvail
’
’
un peu écarté dela mère, qui n’abanclonne ses? Oisillons quelorSqu’ils peuvent sepas‘s‘er
"All
'
