,
l
l
20?
HISTOIRE NATURELLE.
'
-
,
‘le rocher, il le fait retomber, comme un bûcheron, sa bûche piquée à sa hache, jusqu’à cé…
'
‘
brisant la charnière de son enveloppe, il ait mis à nu le Mollusquc, dont il s’empare aussitôt.
'
’
-
Il est du petit nombre des Échassiers qui n’ont que trois doigts. Ce seul rapport a suf aux
distes pour le placer, dans l‘ordre de leurs nomenclatures, à côté de l’Outarde. On voit combiéni]
'en est éloigné dans l’ordre de la nature, puisque non—seulement il habite sur les rivages de la mer, . '
.
mais qu’il nage encore quelquefois sur cet élément, quoique ses pieds soient absolument dénués
.
_
membranes. Il est vrai que, suivant Baillon, qui a observé l'Huîtrier sur les côtes de Picardie, la
_
manière dont il nage semble n’être que passive, comme s’il se laissait aller à tous les mouvements
_
de l’eau sans en donner aucun; mais il n’en est pas moins certain qu’il ne craint point d’affronter‘les
vagues, et qu’il peut se reposer sur l’eau et quitter la mer lorsqu’il lui plaît d’habiter la terre.
LÏ
Le nom d’Huîtrier lui convient, puisqu’il exprime sa manière de vivre. Gatesby n’a trouvé dans son
-
estomac que des Huîtres, et Willughby des Patelles encore entières. Ce v1scère est ample et musculeux, suivant Belon, qui dit aussi que
la chair de l’Huîtrier est noire et dure, avec un goût de sanVagine. Cependant,
selon Baillon, cet Oiseau est toujours gras en hiver, et la chair des jeunes est
"Ï
assez bonne à manger. Il a nourri un de ces Huîtriers pendant plus de deux mois; il le tenait dans son
jardin, où il vivait principalement de Vers de terre, cdmme le Courlis; mais il mangeait aussi de la
‘
_'
chair crue et du pain, dont il.semblait s’accommoder fort bien. 11 buvait indifféremment de l’eau
douce ou de l’eau de mer, sans témoigner plus de goût pour l’une que pour l’autre ‘: cependant, dans
l’état de nature, ces Oiseaux ne fréquentent point les marais ni l’embouchure des rivières, et ils -
_î
restent constamment dans le voisinage et sur les eaux de la mer; mais C'est peut—être parce qu’ils
;
ne trouveraient pas
dans les eaux douces une nourriture aussi analogue à leur appétit que celle
’
qu’ils se procurent dans les eaux— salées.
_
»
L’Huîtrier ne fait point de nid; il dépose ses œufs sur le sable nu, hors de la portée des eaux,
sans aucune préparation,préliminaire; seulement, il semble choisir pour cela le haut des dunes et '
>
les endroits parsemés de débris de coquillages. Le nombre des œufs est ordinairement de quatre ou”
C
—
cinq, et le temps de l’incubation est de vingt ou vingt et un jours: la femelle ne les couve point as”.
_
;
sidûment; ‘elle fait à cet égard ce que font presque tous les Oiseaux des rivages de la mer, qui, lais- '
sant au soleil, pendant unèpartie du jour, le soin d’échauffer leurs œufs, les quittent pour l’ordi—
-
naire à neuf ou dix heures du matin et ne s’en rapprochent que vers les trois heures du soir, à moins ’
.
qu’il ne survienne de la pluie. Les petits, au sortir de l’oeuf,
sont couverts d‘un duvet noirâtre; ils
se traînent sur le sable dès le premier jour; ils commencent à courir peu de temps après, et se
chent alors si bien. dans les touffes d’herhages qu’il est difcile de les trouver. (Burron.)
.
_
GENRE UNIQUE. -— HUITRIER. HÆMATÛPUS. (Linné.)
_
'
_
"êï
/
ALyÆ, any—«roc, sang; muc, pied (pieds couleur de sang)
_—
,
_
,
.
.
.
CABACTÈRES GÉNÉRIQUES.
,
.
;
,
Bee droit, beaucoup plus long que
la tête, âussi haut que large à la. base, étroite: comprimé ou
'
plus ou moins arrondidans tout le reste jusqu’à la pointe, qui est terminée en forme de coin.
.
.
'
"
Nariues oblonguee, ouvertes, percées dans une rainure latérale.
.
_
-
'
'
=
«»:—..
,
….
_
,
'
.
.
" lllm
_
‘
..
_
,
'
.
Fig. 188.
ostralcgus.
_
,
‘
Ailes allongées, pointues, surttiguës; le première rémi_ÿe la plus longue, atteignant presque_:l’ex—’ .
Î
’
_
re'mité de la queue;
'
”
_
"
'
'_
'
,
Précédent

- 272/478

Suivant