HISTOIRE NATURELLE.
ï
peu, ne seservent le plus souvent de leurs ailes que pour accélérer
leur course, et vivent également
de 'grains, d’herbes, de Vers et d’lnsectes. (Cuv1nn, Bègue ammal.)
.
.
»
M. Gray compose
cette famille, dont Vieillot faisait ses Pédionomes (Pedionomi), de deux genres,
_
que nous adoptons : —— t° Otis, Linné; -— 2° Eupodotis, Lesson.
'
»
Le docteur Reichenbach y a introduit les genres : —— l° Houbara, Ch. Bonaparte; —— 2° LisSotis,
[
"
Reichenhach; -— 5° Trac/zetotis, Beichenbach; —— 4° Gonzalotis, Reichenbach; —— 5° Lop/zotis, Rei-'
chenbach.
'
—
Les Outardes courent avec assez de promptitude en s’aidant de leurs_ailes; elles ont beaucoup de "Ï
.
peine à prendre leur vol, et ne parviennent à s’enlever qu’après avoir parcouru un certain espace;
]
elles sont très—sauvages, ou, si l’on veut, trés-timides; on pourrait aussi bien dire très—prudentes.-Un”
ï
animal qui a aussi peu d’avantages, qu’on ne
de poursuivre toutes les fois qu’onl’aperçoit, ne saurait fuir de trop loin. Elles craignent surtout les Chiens, et c’est peut—être parce qu’on
a coutume de s’en servir pour les chasser : on les force quelquefois a la course de cette façon avant '
'
qu’elles aient pu s’enlever; on les chasse aussi a l’Oiseau de proie, et surtout on les tire; mais leur
,
timidité les rend très—difciles à approcher. (Maunuvr.)
'
Le caractère déant de ces Oiseaux est si bien connu, qu’il était devenu proverbial, et que du
temps de Belon nos ancêtres disaient faire la c‘a1mepetière, par allusion à une personne rusée et
sonpçonneuse.arenrent elles prennent leur volée du côté où leur vient un ennemi. Si elles voient
qu’on cherche a les surprendre, aussitôt elles partent. Presque toujours elles se tiennent dans un
_
f
_
endroit assez élevé, an de pouvoir découvrir tous les lieux environnants, et, s’il arrive que le chas— ’
seur qui les poursuit échappe à leur vue, soit en se cachant, ou bien encore en se courbant pour
_
'
‘
approcher de plus près, elles cherchent aussitôt, d’un air inquiet, un point dominant d’où elles
'
sent le découvrir. Les animaux leur inspirent plus de confiance que l’homme; on peut les_aborderplùs -
aisément lorsqu’on est à Cheval ou en voiture. La grande Outarde est celle de toutes les espèces qui
montre le plus de déance. C’est d’elle surtout que l’on pourrait dire ce que l’on a tant de fois répété, a tout propos, de ces êtres que la peur domine : que son ombre même l’effraye. Et cependant
_
cet Oiseau, auquel un rien fait prendre la fuite, est dompté par la faim (comme le sont d’ailleurs tous
les animaux pressés par le besoin), au point de se laisser approcher de trés—près, quelle que soit
‘
pour lui l’apparence du danger. En 1856, l’hiver, dans toute la France, fut trés-rigoureux, et les
terres demeurérent longtemps couvertes de neiges. On vit alors les Outardes, affamées par plusieurs
'
.
'
jours de jeûne, s'avancér jusque dans les jardins voisins des habitations et se laisser tuer sans trop
,
chercher à fuir. (Cannes.)
'
M. le marquis De Turin nous a rapporté qu’une troupe d’une douzaine
grandesOutardcs fut
'
"
_
aperçue, vers la même époque, par un paysan rentrant, sur la brune, dans sa ferme, située aux en—
virons de Châteaudun; que cet homme, les prenant pour des Oies, se dirigea vers elles en prenant
un détour, la main munie d’une petite branche; puis, avec le geste et le son de voix habituels aux
.
'
gardeursde volaille, il les conduisit devant lui et les fit entrer ainsi sans difculté dans la cour de
son habitation, et de la dans son écurie, de façon qu’il les eut toutes vivantes, comprenant très—bien
alors qu’il avait affaire a d’autres Oiseaux que des Oies, mais dont il ignorait l‘espèce. Le lendemain,
.
lebruit de sa trouvaille circulait dans le pays; on vint voir ces Oiseaux; qu’on reconnut alors pour
étaient véritablement, de belles Outardes barbues, formant quatre à six paires mâles et fe— ‘
_
.
'
mélles. Puis commença la spéculation : la première paire fut vendue dixfrancs, la seconde vingt—
’
et ainsi de suite jusqu’aux dernières, qui, demandées par de riches propriétaires, atteignirent
le prix de cent cinquante francs.
_
-
—
-
_
'
Quoi qu’il ‘en soit, les habitudes des Outardes et leurs besoins les portent à vivre dans les campla— j
’
-gnes*maigt*es et plerréuses, dans les plaines frappées en.quelque sorte de stérilité. Le lloubara d’A.
__
fr_ique établit depréférence son"domicile dans des lieux incultes, voisins des' déserts.
'
'
-
'
_
EnFrañce, la grandeOutarde a été bien plus commune qu’aujourd’hui. Le docteur Dorin dit
'
_qu’autrefois les 0utardés barbues arrivaient en nombre si considérable danSles environs_de Châlons Î
_
’
sur-Marne, qu’il ne craint‘pas d’afrmîer qu’on les voyait par milliers dans certains cantons.-De nos
jours, elles y sont beaucoup plus rares, eton ne les-trouve plus à l’état sédentaire que sur quelques
'
.
points. tll…énest de même de «quelques aùtresldcalités*de"la Champagne dite pout/tease, où l’espèce
j
_
Se reproduisait assez souvent.Aujourd’hui, elle y. cstdevenue trés—rare et n’y nicheplus; Elle est
_
_
.
Précédent

- 244/478

Suivant