OISEAUX.
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n’en fut que mieux accréditée. Mais M. Gilbert, qui savait deja quelque-chose des habitudes du Lei—
poa, prit avec lui un indigène intelligent et s’embarqua, vers le milieu de novembre, pour Knocher’sBay, sur la rade de Port—Essington, partie peu connue, mais ou on lui avait annoncé qu’il trouverait
beaucoup de ces Oiseaux. il prit terre près d’un fourré épais, et, après s’être éloigné de quelques
.
pas de la côte, il aperçut un monticulc de sable et de coquilles d’œufs mêlés à une espèce de fumier
noir, dontla base reposait sur le sable du rivage, a quelques pieds au-dessus du niveau de la marée
haute. Ce tumulus, de forme conique, haut de cinq pieds sur une base de vingt pieds de circonfé—
rence, était enveloppé de toutes parts dans les tiges rampantes de l’/zibiscus aux larges eurs jaunes.
« Qu’est—ce que c’est que cette emmenée? demanda M. Gilbert ason Australien.
_
——
Ooergoorga rambal, » répondit celui-ci, c’est-à—dire nid ou maison du Jungle-Fowl.
M. Gilbert grimpa sur le mamelon et trouva, dans un trou de deux pieds de profondeur, un jeune
Oiseau né sans doute depuis quelquesjours, et reposant sur un lit de feuilles sèches. L’indigéne as—
sura M. Gilbert qu’il serait tout à fait inutile de chercher des œufs, attendu qu’il n’y avait aucune
trace récente des parents. Le naturaliste se contenta _âlors du jeune Oiseau, qu’il cnferma dans une
grande boite avec une certaine quantité de blé pilé pour sa nourriture. ll mangeait assez bien, mais
il était d’une intraitahle sauvagerie, et, le troisième jour de sa prison, il faisait tous les efforts pos—
sibles pour s’échapper. Pendant toutle temps qu’il resta dans la boîte, il ne cessa de gratter le sa—
ble et de le mettre en petits tas. Il n’était pas plus gros qu’une Caille, cependant, la vigueur et la
rapidité avec lesquelles iljetait son sable d’un bout de la boîte à l’autre étaient quelque chose de sur—
prenant. Ce pauvre M. Gilbert ne pouvait guère prendre de sommeil avec son turbulent prisonnier.
Toute la nuit, l’Oiseau faisait un abominahlc vacarme dans ses tentatives d’escalade et de fuite. ll ne
se servait que d’une patte pour gratter le sable, et quand il en avait saisi une poignée, il le rejettait
derrière lui sans efforts et sans bouger de sa position sur l’autrejambe. Tout ce mouvement de l’Oi—
seau ne parut être à M. Gilbert que le résultat de ,son inquiétude et d’un violent besoin d’exercice.
Ce n’était point pour chercher les graines dans le sable; car jamais, dans ces circonstances, M. Gil—=
bert ne le vit manger le blé qui y était mêlé.
Tous les jours, on apportait des œufs a M. Gilbert; mais il ne put en voir extraire des monticules
qu’au commencement de février, a une autre visite a Knocker’s—Bav; il fallut creuser six pieds pour
.
les avoir. Dans ce tumulus, les trous étaient percés mon point en ligne perpendiculaire, mais obli=
quement du sommet et du cône aux parois; de manière que, bien qu’à six pieds de profondeur, les
œufs n’étaient qu’à deux ou trois pieds des côtés. M. Gilbert apprit que les Oiseaux ne pondent qu'un
œuf dans chaque trou, et que, aussitôt après, ils remplissent l’ouverture avec de la terre légère. Les
ancs et le sommet de la montagne trahissen‘t les récentes excavations de l’Oiseau parles empreintes
de ses pattes surle sable. La terre avec laquelle il rehouche ses trous est tellement peu foulée, que,
avec une perche, on peut pénétrer jusqu’à l’œuf. Le plus ou moins de résistance de la terre, en enfonçant la perche, indique le plus ou moins de temps écoulé depuis le travail de l'Oiseau. Mais ce
n’est pas chose facile que cette chasse aux œufs. Les naturels creusent la butte avec leurs mains seu—
lement, et y font un trou juste assez grand pour y passer le corps
et pouvoir rejeter le sable entre
leurs jambes. En grattant ainsi avec leurs doigts, ils suivent plus sûrement la direction du trou, qui,
_
souvent, rencontrant un obstacle trop dur, change de route et tourne a angle droit au milieu du tra_
jet. Aussi, la patiente persévérance
sauvage est souvent mise à l’épreuve dans ces opérations.
Pour avoir deux œufs, l’Australien de M. Gilbert creusa successivement sans succès six trous de sept
pieds au moins de profondeur. Fatigue de son travail inutile, il refusa de tenter une septième épreuve;
mais M. Gilbert tenait tellement à vérier l’authenticité du fait qu’on lui avait rapporté, qu’il promit.
un supplément de récompense pour une nouvelle tentative. Celle—ci fut couronnée d’un plein succès:
-
cette fois, le naturel ramena un œuf, et, tout iier*de sa découverte, il recommença deux fois son tra—
-
vent se garder de toujours repousser les mails récits de ces pauvres
enfants dela nature, parce qu‘ils
peuvent se trouver en désaccord avec nos connaissances et l’ordre ordinaire des choses. »
_
Dans un autre mamelon, M. Gilbert, aidé de son indigène, découvrit, aprés un pénible travail,
un
_
œuf enseveli à cinq pieds de profondeur. Cet œuf était placé tout droit. Lemonticule avait qu1nze
pieds d’élévation et ceuvrait une circdnférence de soixante pieds à la base. Il était, connue presque
tous ceux qu’avait vus M. Gilbert, tellement caché ”sous l’épais feuillage des arbres qui l’entouraient,
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n’en fut que mieux accréditée. Mais M. Gilbert, qui savait deja quelque-chose des habitudes du Lei—
poa, prit avec lui un indigène intelligent et s’embarqua, vers le milieu de novembre, pour Knocher’sBay, sur la rade de Port—Essington, partie peu connue, mais ou on lui avait annoncé qu’il trouverait
beaucoup de ces Oiseaux. il prit terre près d’un fourré épais, et, après s’être éloigné de quelques
.
pas de la côte, il aperçut un monticulc de sable et de coquilles d’œufs mêlés à une espèce de fumier
noir, dontla base reposait sur le sable du rivage, a quelques pieds au-dessus du niveau de la marée
haute. Ce tumulus, de forme conique, haut de cinq pieds sur une base de vingt pieds de circonfé—
rence, était enveloppé de toutes parts dans les tiges rampantes de l’/zibiscus aux larges eurs jaunes.
« Qu’est—ce que c’est que cette emmenée? demanda M. Gilbert ason Australien.
_
——
Ooergoorga rambal, » répondit celui-ci, c’est-à—dire nid ou maison du Jungle-Fowl.
M. Gilbert grimpa sur le mamelon et trouva, dans un trou de deux pieds de profondeur, un jeune
Oiseau né sans doute depuis quelquesjours, et reposant sur un lit de feuilles sèches. L’indigéne as—
sura M. Gilbert qu’il serait tout à fait inutile de chercher des œufs, attendu qu’il n’y avait aucune
trace récente des parents. Le naturaliste se contenta _âlors du jeune Oiseau, qu’il cnferma dans une
grande boite avec une certaine quantité de blé pilé pour sa nourriture. ll mangeait assez bien, mais
il était d’une intraitahle sauvagerie, et, le troisième jour de sa prison, il faisait tous les efforts pos—
sibles pour s’échapper. Pendant toutle temps qu’il resta dans la boîte, il ne cessa de gratter le sa—
ble et de le mettre en petits tas. Il n’était pas plus gros qu’une Caille, cependant, la vigueur et la
rapidité avec lesquelles iljetait son sable d’un bout de la boîte à l’autre étaient quelque chose de sur—
prenant. Ce pauvre M. Gilbert ne pouvait guère prendre de sommeil avec son turbulent prisonnier.
Toute la nuit, l’Oiseau faisait un abominahlc vacarme dans ses tentatives d’escalade et de fuite. ll ne
se servait que d’une patte pour gratter le sable, et quand il en avait saisi une poignée, il le rejettait
derrière lui sans efforts et sans bouger de sa position sur l’autrejambe. Tout ce mouvement de l’Oi—
seau ne parut être à M. Gilbert que le résultat de ,son inquiétude et d’un violent besoin d’exercice.
Ce n’était point pour chercher les graines dans le sable; car jamais, dans ces circonstances, M. Gil—=
bert ne le vit manger le blé qui y était mêlé.
Tous les jours, on apportait des œufs a M. Gilbert; mais il ne put en voir extraire des monticules
qu’au commencement de février, a une autre visite a Knocker’s—Bav; il fallut creuser six pieds pour
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les avoir. Dans ce tumulus, les trous étaient percés mon point en ligne perpendiculaire, mais obli=
quement du sommet et du cône aux parois; de manière que, bien qu’à six pieds de profondeur, les
œufs n’étaient qu’à deux ou trois pieds des côtés. M. Gilbert apprit que les Oiseaux ne pondent qu'un
œuf dans chaque trou, et que, aussitôt après, ils remplissent l’ouverture avec de la terre légère. Les
ancs et le sommet de la montagne trahissen‘t les récentes excavations de l’Oiseau parles empreintes
de ses pattes surle sable. La terre avec laquelle il rehouche ses trous est tellement peu foulée, que,
avec une perche, on peut pénétrer jusqu’à l’œuf. Le plus ou moins de résistance de la terre, en enfonçant la perche, indique le plus ou moins de temps écoulé depuis le travail de l'Oiseau. Mais ce
n’est pas chose facile que cette chasse aux œufs. Les naturels creusent la butte avec leurs mains seu—
lement, et y font un trou juste assez grand pour y passer le corps
et pouvoir rejeter le sable entre
leurs jambes. En grattant ainsi avec leurs doigts, ils suivent plus sûrement la direction du trou, qui,
_
souvent, rencontrant un obstacle trop dur, change de route et tourne a angle droit au milieu du tra_
jet. Aussi, la patiente persévérance
sauvage est souvent mise à l’épreuve dans ces opérations.
Pour avoir deux œufs, l’Australien de M. Gilbert creusa successivement sans succès six trous de sept
pieds au moins de profondeur. Fatigue de son travail inutile, il refusa de tenter une septième épreuve;
mais M. Gilbert tenait tellement à vérier l’authenticité du fait qu’on lui avait rapporté, qu’il promit.
un supplément de récompense pour une nouvelle tentative. Celle—ci fut couronnée d’un plein succès:
-
cette fois, le naturel ramena un œuf, et, tout iier*de sa découverte, il recommença deux fois son tra—
-
vent se garder de toujours repousser les mails récits de ces pauvres
enfants dela nature, parce qu‘ils
peuvent se trouver en désaccord avec nos connaissances et l’ordre ordinaire des choses. »
_
Dans un autre mamelon, M. Gilbert, aidé de son indigène, découvrit, aprés un pénible travail,
un
_
œuf enseveli à cinq pieds de profondeur. Cet œuf était placé tout droit. Lemonticule avait qu1nze
pieds d’élévation et ceuvrait une circdnférence de soixante pieds à la base. Il était, connue presque
tous ceux qu’avait vus M. Gilbert, tellement caché ”sous l’épais feuillage des arbres qui l’entouraient,
