15. Conclusion : cycle de développement
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Diversité et unité du plan d’organisation. Théorie de la métamorphose
Malgré la grande diversité d’aspect des Angiospermes, leur plan d’organisation peut être ramené à un nombre
limité d’organes dont le phénotype varie avec l’espèce et l’environnement. La biologie moléculaire, ces dernières
années, a révélé que les feuilles se déterminent en pièces périanthaires ou sexuées sous le contrôle de gènes restés
silencieux jusqu’à l’évocation florale. Ces résultats tendent à rendre caduques les conceptions traditionnelles qui
distinguaient appareil végétatif et appareil reproducteur, à partir de leur ontogénie. On rejoint, ainsi, les anciens
naturalistes qui insistaient sur les analogies de structure, l’existence de formes intermédiaires et sur l’intervertion
possible des pièces (fleur double où pétales se substituent aux étamines : rose, œillet, pivoine…).
Goethe (davantage célèbre pour son œuvre littéraire que scientifique, à laquelle pourtant il attachait une particulière
importance), par l’observation et beaucoup d’intuition, posait comme hypothèse (La métamorphose des plantes,
1790) que « dans ce que nous appelons ordinairement la feuille, se dissimule un véritable Prothée qui peut se
révéler dans toutes ses formes ». Ce Prothée caché, un biologiste actuel l’appellerait, sans doute et moins
poétiquement, expression séquentielle des gènes de développement.
L. Plantefol (L’ontogénie de la fleur, 1949) qui, pourtant, émettait des réserves à cause du manque de preuves
expérimentales, résumait l’importance de cette conception. « Du génie de Goethe est né la théorie de la
métamorphose. Tout oppose les fleurs aux organes végétatifs des plantes : couleur, forme variée à l’infini,
épanouissement brusque et durée éphémère, qui font de la floraison une crise brève, antithèse de la continuité de la
végétation… C’était donc l’idée grandiose que tracer une ligne ininterrompue des cotylédons à la feuille verte, aux
bractées, aux sépales, aux pétales, aux étamines, aux carpelles. Métamorphose aux stades multiples où le même
appareil se fait nourricier de la plante, protecteur des parties fragiles, affiche attirant les insectes, producteur de
pollen, créateur de germes nouveaux en un organe qui s’épaissit comme une matrice animale. »
ÒmŽtamorphose
rŽgressanteÓ
b Fleur double
a Standard
c Fleur prolifre
ÒmŽtamorphose
progressanteÓ
feuille
mature
feuille
juvŽnile
cotylŽdon
C
E
P
S
C
P
P
S
P
S
pices intermŽdiaires
bractŽe
contraction
retour ˆ
lՎtat vŽgŽtatif
15 2
15 3
15-2. Métamorphose des feuilles. a) Situation la plus fréquente. L’organe type, foliaire, se manifeste de façons variées
(métamorphose progressante) ; b) Fleur double. Production de pétales aux lieux et places des étamines ; c) Fleur prolifère. Le
centre de la fleur fait retour au stade végétatif (métamorphose régressante).
15-3. Une rose prolifère. D’après une aquarelle de Goethe.
15.2
15.3
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