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« Fleur typique » et cas limites : un bilan
Au moment de clore un ouvrage consacré aux plantes à fleurs, il est légitime de s’interroger sur la définition même
de la fleur dont on a vu tant de variantes. C’est, en fait, un système reproducteur difficile à définir avec précision.
On se réfère souvent, pour le caractère, à une hypothétique « fleur théorique » ou « fleur complète » ou, encore,
« fleur typique » ; ce qui souligne bien que le plan d’organisation total n’est pas toujours réalisé. Il est schématisé de
façon synthétique sur la figure ci-contre.
Ce rameau spécialisé dans la reproduction sexuée est le résultat d’une longue évolution commencée avec les
Ptéridophytes et poursuivie avec les Préphanérogames (voir Atlas de biologie végétale, tome 1). Il s’est
progressivement différencié de l’appareil végétatif. Les sporophylles ont abouti aux étamines et aux carpelles – on
dit parfois, par référence à la théorie proposée dès 1790 par Goethe, « se sont métamorphosées » – tandis que des
pièces restées stériles formeront un périanthe individualisé. Ces transformations se sont produites par étapes et par
plusieurs voies évolutives, comme en témoignent les documents fossiles et la biologie moléculaire ; de sorte qu’il
est parfois arbitraire de mettre une limite tranchée entre l’état préfloral et l’état floral. L’ensemble est complexe car
il y a télescopage des phases gamétophytique et sporophytique, avec emboîtement des générations.
Le nom de Phanérogames, par son étymologie (phanéro : visible), laisse penser qu’il s’agit d’un système qui attire
l’œil comme une affiche ou un vexille. La terminologie scientifique s’accorde ici avec l’exception des fleuristes
pour qui une fleur ne saurait être que vivement colorée. Or, en réalité, de très nombreuses espèces ont un périanthe
réduit ou absent et des fleurs peu apparentes.
Il est utile, enfin, de préciser des points essentiels concernant la répartition des sexes, leur rencontre et la
détermination génétique du programme floral.
Répartition des sexes
Les pièces reproductrices des deux sexes sont le plus souvent présentes simultanément et la fleur est hermaphrodite (plus de 90 % des Angiospermes). Bien qu’il y ait, le plus souvent, bisexualité, il n’y a pas pour autant autofécondation (autogamie) mais fécondation croisée (allogamie, de allos : autre). L’avantage est un brassage génétique à chaque fécondation. Il faut
toutefois souligner l’exception importante
du point de vue pratique des plantes cultivées qui sont souvent autogames, ce qui
permet de réaliser des lignées pures homozygotes (tels les pois de Mendel…), des
hybrides et des cultivars sélectionnés. Le
blé est l’exemple d’une plante cultivée
autogame : la fécondation a lieu dans le
bouton avant l’ouverture de la fleur.
Les mécanismes qui favorisent la
fécondation croisée sont la séparation des
sexes dans l’espace (Orchidées) ou le
temps (fleurs protandres et protogynes,
page 80). Notons aussi l’existence du tri
génétique (page 102) au moment de la
rencontre du pollen et du stigmate et de la
+
sporophylles sexuées
PTÉRIDOPHYTES HÉTÉROSPORÉES
« oviparité » – prégraines
Ovule
PRÉPHANÉROGAMES
« préfleurs »
14-1. Formes d’évolution vers une structure florale (cf. Atlas de
biologie végétale, tome 1).
14.1
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