15. A UX CONFINS DU MONDE VIVANT : VIROÏ DES, PLASMIDES ET VIRUS.L AQ UESTION DES PRIONS 469
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L’affaire des «vaches folles» et la transmission des prions à l’Homme
E NCARTB IOMÉDICAL
Chez l’animal, la transmission de ces particules
infectieuses à partir d’un hôte infecté est assurée
naturellement par la voie digestive. Cette
transmission franchit la barrière d’espèce
puisqu’on a montré que des espèces telles que le
Chat, le Vison, le Cerf, la Vache, le Guépard, ont
été contaminées à la suite de leur alimentation
régulière avec des farines fabriquées à partir de
carcasses et d’abats de moutons contaminés, et
incorrectement préparées. On pense que la protéine PrPrés ingérée pourrait remonter le long
des fibres nerveuses innervant le tube digestif,
vers le système nerveux central, après avoir été
capturée par elles. L’encéphalopathie bovine
(ESB) est apparue en Grande-Bretagne en 1986 et
a rapidement touché tout le cheptel de ce pays.
Plusieurs centaines de milliers d’animaux ont été
abattus ; la durée d’incubation chez la Vache est
de 5 à 6 ans.
Chez l’Homme, il est désormais certain, à la suite
du décès d’une centaine de personnes jeunes au
Royaume-Uni essentiellement, atteintes d’une
forme atypique de la maladie de CreutzfeldtJakob, que la «maladie des vaches folles» leur a
été transmise à la suite de la consommation de
viande contaminée. Par ailleurs, la transmission
de la maladie de Creutzfeldt-Jakob a été effectuée
chez l’Homme, de façon accidentelle dans les
années 80, à la suite de greffes de cornée ou de
l’administration d’hormones hypophysaires préparées à partir d’hypophyses d’individus
malades. Le gène de la protéine PrP humaine est
localisé sur le chromosome 20 ; la durée de
l’incubation est de 10 à 35 ans.
3.2. Intérêt des plasmides en génie génétique
Depuis une vingtaine d’années, les plasmides
représentent un outil de base en génie génétique
pour les raisons suivantes :
–ils constituent des entités autoréplicatives ;
–ils sont en général faciles à purifier et à manipuler, grâce à leur petite taille ;
–ils peuvent véhiculer des segments d’ADN étranger que l’on a intégrés dans leur séquence, grâce
aux techniques de recombinaison de l’ADN in
vitro ;
–ils peuvent être introduits artificiellement dans
des cellules réceptrices qui en sont dépourvues,
bactériennes ou eucaryotiques (levures, cellules
animales ou végétales), par des protocoles dits
de transformation ou de transfection ;
–il est possible de sélectionner aisément les cellules transformées et possédant des plasmides
recombinés grâce aux résistances aux antibiotiques qu’ils confèrent aux cellules-hôtes, par
exemple.
Les plasmides sont largement utilisés comme
vecteurs de clonage de segments d’ADN quelconques (que l’on amplifie ainsi à volonté), ou
comme vecteurs d’expression , lorsque les gènes
clonés peuvent fonctionner dans les cellules-hôtes
(permettant l’expression de protéines eucaryotiques
chez les Bactéries, par exemple). Il faut préciser
que les plasmides utilisés en laboratoire sont totalement artificiels, et fabriqués de toutes pièces à
partir de fragments d’ADN d’origines diverses
(ADN plasmidiques, viraux ou chromosomiques) ;
ils sont construits «sur mesure » en fonction des
besoins de leurs utilisateurs. De même, de nombreux Virus ont été adaptés pour le génie génétique et certains d’entre eux (les Adénovirus, par
exemple), après avoir été «désarmés», autorisent
déjà des expériences de thérapie génique chez
l’Homme.
4. LES PRIONS :
DES AGENTS INFECTIEUX
NON CONVENTIONNELS
Avec les prions, on aborde une des énigmes
récentes de la biologie ; il s’agit d’entités infectieuses fondamentalement différentes de toutes
celles classiquement décrites : Protistes, Bactéries,
Virus, etc. Pendant longtemps, les maladies liées à
ces agents ont été attribuées à des «Virus lents »,
mais on n’a jamais pu isoler de virions ou de matériel génétique de taille suffisante, propre à ces entités infectieuses. Nous verrons qu’il s’agit de
simples protéines, hautement nocives, et qui ont la
propriété remarquable de s’auto-amplifier, le mot
reproduire ne pouvant pas être utilisé en la circonstance.
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