15. A UX CONFINS DU MONDE VIVANT : VIROÏ DES, PLASMIDES ET VIRUS.L AQ UESTION DES PRIONS 465
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
2.4.3. C YCLE DE REPRODUCTION
DU V IRUS DU SIDA (VIH)
Ce Virus appartient à la catégorie des Rétrovirus
qui sont des Virus enveloppés à génome d’ARN,
et qui provoquent en général des cancers chez les
Animaux (Virus oncogènes ; infection transformante). Parmi eux, le Virus VIH, responsable du
SIDA, constitue une exception car il ne provoque
pas directement de cancer mais exerce son action
en tuant spécifiquement certaines catégories de
lymphocytes intervenant dans l’immunité. Le
terme de Rétrovirus vient du fait que ces Virus
inversent le processus normal au cours duquel
l’information génétique, constituée d’ADN chez
toutes les cellules, est transcrite en ARN pour être
exprimée. En fait, chez ces Virus, les chaînes infectieuses sont constituées d’un ARN positif, mais
une enzyme encapsidée propre à ce groupe : la
transcriptase inverse, convertit cette information
en ADN double-brin qui est ensuite intégré dans
le génome de la cellule-hôte. Cette situation est
semblable au phénomène de lysogénie décrit pour
le phage Lambda, et on parle aussi de provirus
pour cet ADN intégré.
De façon générale, les Virus qui sont cancérigènes rendent les cellules immortelles car la présence d’ADN viral dans leur génome entraîne la
synthèse de protéines surnuméraires susceptibles
de perturber les contrôles intervenant dans les
phénomènes de prolifération. Dans le cas des
Rétrovirus, les gènes viraux responsables de la
tumorisation sont des copies modifiées de gènes
cellulaires normaux, qu’ils ont emportées en les
«volant » aux cellules-hôtes dans lesquelles ils ont
séjourné au cours de cycles précédents, et qu’ils
introduisent dans une autre cellule, lors d’une
nouvelle infection. La présence de ces copies
mutantes surnuméraires, qui s’expriment dans les
cellules, provoque de nombreuses dérégulations
de leurs activités. Il faut signaler que la plupart
des gènes intervenant dans le contrôle du cycle
cellulaire ( proto-oncogènes) ont été découverts
sous la forme d’oncogènes véhiculés par les
génomes des Rétrovirus (voir chapitre 13). Certains
provirus peuvent aussi perturber le fonctionnement normal des cellules en se logeant, par hasard,
au sein des régions de contrôle de gènes importants tels que les proto-oncogènes ou les gènes
suppresseurs de tumeurs (effet mutagène).
Il existe aussi des Virus oncogènes à ADN, dont
le matériel génétique est capable de s’intégrer dans
les chromosomes de l’hôte, mais dans ce cas ce
sont des gènes proprement viraux qui stimulent la
prolifération continue des cellules.
Le cycle de vie simplifié d’un Rétrovirus est
résumé dans la figure 15.11. La pénétration du
virion s’effectue de façon classique : par endocytose ou fusion membranaire ; lorsque l’ARN viral
est libéré dans le hyaloplasme, il l’est en même
temps que la transcriptase inverse qui avait été
encapsidée avec lui. Cette ADN polymérase inhabituelle utilise aussi bien l’ARN que l’ADN comme
matrice pour synthétiser de l’ADN ; elle commence à fabriquer un hybride ADN/ARN qui est
ensuite utilisé pour faire un ADN double-brin normal. Cette copie du message contenu dans l’ARN
initial se circularise, comme le fait le génome du
phage Lambda, puis s’intègre en un endroit quelconque d’un chromosome de l’hôte grâce à l’intervention d’une protéine de recombinaison
spécifique (une intégrase) codée et encapsidée,
comme la transcriptase, par le génome viral. C’est
seulement après son intégration que s’effectue
l’expression de ce dernier ; celle-ci obéit aux règles
habituelles, c’est-à-dire qu’elle implique la synthèse d’ARNm (grâce à l’ARN polymérase II cellulaire), puis de protéines virales. C’est ainsi que se
fabriquent en abondance les composants des
virions (ARN, protéines d’enveloppe et de capside, transcriptase inverse et intégrase) qui
s’assemblent et bourgeonnent à la surface de la
cellule.
Virus VIH et SIDA
Quel est le mode d’action spécifique du Virus
VIH chez l’Homme ? Ce Virus attaque une classe
précise de cellules sanguines, les lymphocytes T4
(dits auxiliaires), chez qui il accomplit son cycle ;
les lymphocytes dits T8 ou B sont épargnés.
Cette reconnaissance étroite tient au fait que les
cellules T4 possèdent à leur surface une protéine
membranaire (dite CD4) qui se comporte comme
un récepteur du Virus. On rencontre à nouveau
ici cette notion importante de spécificité liée à
des récepteurs, dont on a parlé dès l’étude du
système Bactériophage T2/Bactérie. Comme
beaucoup de Rétrovirus cancérigènes, qui ne
tuent pas les cellules qui les hébergent lorsqu’ils
bourgeonnent à leur surface (ce qui serait incompatible avec la prolifération), le Virus du SIDA
ne détruit pas directement son hôte. C’est l’activation du système immunitaire qui conduit à la
E NCARTB IOMÉDICAL
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.
2.4.3. C YCLE DE REPRODUCTION
DU V IRUS DU SIDA (VIH)
Ce Virus appartient à la catégorie des Rétrovirus
qui sont des Virus enveloppés à génome d’ARN,
et qui provoquent en général des cancers chez les
Animaux (Virus oncogènes ; infection transformante). Parmi eux, le Virus VIH, responsable du
SIDA, constitue une exception car il ne provoque
pas directement de cancer mais exerce son action
en tuant spécifiquement certaines catégories de
lymphocytes intervenant dans l’immunité. Le
terme de Rétrovirus vient du fait que ces Virus
inversent le processus normal au cours duquel
l’information génétique, constituée d’ADN chez
toutes les cellules, est transcrite en ARN pour être
exprimée. En fait, chez ces Virus, les chaînes infectieuses sont constituées d’un ARN positif, mais
une enzyme encapsidée propre à ce groupe : la
transcriptase inverse, convertit cette information
en ADN double-brin qui est ensuite intégré dans
le génome de la cellule-hôte. Cette situation est
semblable au phénomène de lysogénie décrit pour
le phage Lambda, et on parle aussi de provirus
pour cet ADN intégré.
De façon générale, les Virus qui sont cancérigènes rendent les cellules immortelles car la présence d’ADN viral dans leur génome entraîne la
synthèse de protéines surnuméraires susceptibles
de perturber les contrôles intervenant dans les
phénomènes de prolifération. Dans le cas des
Rétrovirus, les gènes viraux responsables de la
tumorisation sont des copies modifiées de gènes
cellulaires normaux, qu’ils ont emportées en les
«volant » aux cellules-hôtes dans lesquelles ils ont
séjourné au cours de cycles précédents, et qu’ils
introduisent dans une autre cellule, lors d’une
nouvelle infection. La présence de ces copies
mutantes surnuméraires, qui s’expriment dans les
cellules, provoque de nombreuses dérégulations
de leurs activités. Il faut signaler que la plupart
des gènes intervenant dans le contrôle du cycle
cellulaire ( proto-oncogènes) ont été découverts
sous la forme d’oncogènes véhiculés par les
génomes des Rétrovirus (voir chapitre 13). Certains
provirus peuvent aussi perturber le fonctionnement normal des cellules en se logeant, par hasard,
au sein des régions de contrôle de gènes importants tels que les proto-oncogènes ou les gènes
suppresseurs de tumeurs (effet mutagène).
Il existe aussi des Virus oncogènes à ADN, dont
le matériel génétique est capable de s’intégrer dans
les chromosomes de l’hôte, mais dans ce cas ce
sont des gènes proprement viraux qui stimulent la
prolifération continue des cellules.
Le cycle de vie simplifié d’un Rétrovirus est
résumé dans la figure 15.11. La pénétration du
virion s’effectue de façon classique : par endocytose ou fusion membranaire ; lorsque l’ARN viral
est libéré dans le hyaloplasme, il l’est en même
temps que la transcriptase inverse qui avait été
encapsidée avec lui. Cette ADN polymérase inhabituelle utilise aussi bien l’ARN que l’ADN comme
matrice pour synthétiser de l’ADN ; elle commence à fabriquer un hybride ADN/ARN qui est
ensuite utilisé pour faire un ADN double-brin normal. Cette copie du message contenu dans l’ARN
initial se circularise, comme le fait le génome du
phage Lambda, puis s’intègre en un endroit quelconque d’un chromosome de l’hôte grâce à l’intervention d’une protéine de recombinaison
spécifique (une intégrase) codée et encapsidée,
comme la transcriptase, par le génome viral. C’est
seulement après son intégration que s’effectue
l’expression de ce dernier ; celle-ci obéit aux règles
habituelles, c’est-à-dire qu’elle implique la synthèse d’ARNm (grâce à l’ARN polymérase II cellulaire), puis de protéines virales. C’est ainsi que se
fabriquent en abondance les composants des
virions (ARN, protéines d’enveloppe et de capside, transcriptase inverse et intégrase) qui
s’assemblent et bourgeonnent à la surface de la
cellule.
Virus VIH et SIDA
Quel est le mode d’action spécifique du Virus
VIH chez l’Homme ? Ce Virus attaque une classe
précise de cellules sanguines, les lymphocytes T4
(dits auxiliaires), chez qui il accomplit son cycle ;
les lymphocytes dits T8 ou B sont épargnés.
Cette reconnaissance étroite tient au fait que les
cellules T4 possèdent à leur surface une protéine
membranaire (dite CD4) qui se comporte comme
un récepteur du Virus. On rencontre à nouveau
ici cette notion importante de spécificité liée à
des récepteurs, dont on a parlé dès l’étude du
système Bactériophage T2/Bactérie. Comme
beaucoup de Rétrovirus cancérigènes, qui ne
tuent pas les cellules qui les hébergent lorsqu’ils
bourgeonnent à leur surface (ce qui serait incompatible avec la prolifération), le Virus du SIDA
ne détruit pas directement son hôte. C’est l’activation du système immunitaire qui conduit à la
E NCARTB IOMÉDICAL
